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Les Expos sont un deuil vivant pour moi

Les anciens acolytes Jacques Doucet et Rodger Brulotte.
Les anciens acolytes Jacques Doucet et Rodger Brulotte. Photo Chantal Poirier
Photo portrait de Rodger Brulotte

Rodger Brulotte

2024-09-21T04:00:00Z

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Le 29 septembre 2004, nos Amours jouaient leur dernier match à Montréal. Le Journal vous propose une série de reportages dans le cadre de ce triste vingtième anniversaire du départ de nos Expos pour Washington.


«Il suffirait de presque rien», chantait si bien Serge Reggiani. Malheureusement, même si 20 ans dans une vie, ce n’est presque rien, quand j’ai réalisé que je ne pouvais plus poursuivre ce merveilleux voyage avec les Expos, ils sont devenus un deuil vivant pour moi. Où que je sois dans le monde, il ne s’est pas passé une journée depuis leur départ sans que quelqu’un me demande s’ils allaient revenir.

Je veux que nous revivions ensemble mon dernier match des Expos à Montréal. Mais avant, je veux partager avec vous quelques moments que j’ai passés, cette semaine, avec la voix de Nos Amours, Jacques Doucet.

Lorsque je suis arrivé chez lui, c’était comme si le temps n’avait pas changé nos vies. En écoutant Jacques parler de baseball, c’était comme si nous étions en train de décrire un match ensemble. 

Photo d'archives, Agence QMI
Photo d'archives, Agence QMI

Je laisserai mon collègue Jean-Nicolas Blanchet vous faire vivre les moments que nous avons partagés.

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Avant de quitter sa résidence, nous nous sommes serrés dans nos bras et nos larmes ne cessaient pas de couler. Je lui ai dit que je l’aimais et que je le remerciais pour tout ce qu’il avait fait pour moi. 

En me dirigeant vers ma voiture, j’ai aperçu Jacques, debout devant sa porte, qui portait fièrement sa casquette des Expos. Il me faisait un signe de la main en guise d'au revoir. 

Pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de lui dire combien je l’idolâtrais, mais surtout, que je l’aimais?

Photo Chantal Poirier
Photo Chantal Poirier
Mon dernier jour à décrire les Expos

Le mercredi 29 septembre 2004, c’est un jour dont on doit se souvenir, mais que j’aimerais tant oublier. 

Ce matin-là, je me suis réveillé tôt, car j’avais prévu une journée qui me permettrait de vivre pleinement ce dernier match des Expos à Montréal. J’ai quitté Terrebonne vers l’ancien stade De Lorimier, le domicile des Royaux. J’ai débarqué de ma voiture pour voir les jeunes de l’école secondaire Pierre-Dupuy disputer un match de soccer.

C’était mon champ de rêve à moi. Celui où ont évolué Jackie Robinson et Roberto Clemente, sans oublier les Tommy Lasorda, Don Drysdale et l’ancien lanceur québécois Jean-Pierre Roy, qui a aussi décrit les matchs des Expos.

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Par la suite, j’ai pris la direction du parc Jarry, où j’avais assisté au premier match de l’histoire du club. Les voix sonores de Claude Mouton et Richard Morency résonnaient encore dans ma tête. Comme s’ils présentaient mes héros de l’époque: Rusty Staub, Claude Raymond, Gary Carter et Andre Dawson.

Le début de mon deuil

En arrivant au Stade olympique, je marchais lentement vers le studio de télévision, car je n’étais pas pressé de voir la journée se terminer.

J’ai serré la main de plusieurs partisans, alors que j’en consolais d’autres qui pleuraient le départ des Expos.

Je me suis arrêté pour voir Jacques Doucet et Marc Griffin qui décrivaient le match à la radio. Jacques et moi, nous nous sommes regardés en face, les yeux pleins de larmes. Nous savions que c’était la fin d’une belle histoire.

J’ai ensuite discuté avec Denis Casavant du déroulement du match à la télé. Claude Mailhot, à qui on avait assigné les entrevues avec des invités durant le match, sur le terrain, n’a pu s’empêcher de pleurer tellement il était émotif.

La fameuse septième manche

À la fin de la septième manche, ce fut la traditionnelle interprétation de la chanson Take Me Out to the Ball Game. Denis et moi avons été surpris, nous ne nous attendions pas à la réaction de la foule lorsque nous nous sommes tournés vers elle. Les partisans devant nous se sont retournés et ont scandé nos noms, afin de nous remercier pour les belles années qu'ils ont partagées avec nous. 

Photo d'archives
Photo d'archives

Denis et moi les avons salués et je dois admettre que j’étais très ému quand la chanson fut terminée et que nous sommes revenus à l’antenne.

Soudain, j’ai senti un bras m’entourer et une main se poser sur mon épaule. C’était celle de Denis Casavant. Il m’a simplement regardé avec un sourire pour me rassurer, et me dire qu’il était là pour me soutenir.

Le match était fini. «Bonsoir, les Expos sont partis!»

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