Russell Martin: «les Expos m’ont oublié»

Rodger Brulotte
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Le receveur étoile du baseball majeur Russell Martin est né en Ontario, mais il avait à peine deux ans quand sa famille a déménagé à Chelsea, une municipalité située au nord de Gatineau, à environ 15 minutes de route d’Ottawa. Il a vécu deux ans à Paris avant de revenir à Montréal, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Il a joué au baseball, au hockey, au basketball et à d’autres sports, mais sa passion était le
baseball.
Il a participé à quatre occasions au Match des étoiles, il a remporté un Gant d’or pour ses performances en défensive et un Bâton d’argent pour ses prouesses offensives, sans oublier qu’il a participé aux séries d’après-saisons avec les Dodgers, les Yankees, les Pirates et les Blue Jay. Son seul regret est de ne pas avoir remporté une Série mondiale. Russell Martin était un digne successeur de Gary Carter, mais pas avec les Expos, car ils l’avaient oublié.
Les Expos t’ont oublié.
Le recruteur des Expos, Alex Agostino, m’avait recommandé à l’organisation et j’ai été sélectionné au 35e tour au repêchage du baseball amateur de 2000 à titre de joueur de troisième but.
Tu as décidé de fréquenter le Chipola College, à Marianna, en Floride.
Ma mère voulait que je poursuive mes études, alors je me suis inscrit au Chipola College et un de mes coéquipiers était Jose Bautista, qui m’a beaucoup aidé. Quelques années plus tard, nous faisons partie de la formation des Blue Jays.
Ni vu ni connu par les Expos.
Les Expos m’ont repêché, ils ne m’ont pas fait d’offre financière et ils devaient suivre ma carrière universitaire, ce qu’ils n’ont jamais fait. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. Je dois avouer que j’ai tout simplement été oublié par les Expos.
L’influence de ton père.
Le prénom Russell est très populaire dans la famille. Mon grand-père le porte, mon père, et maintenant moi.
Une minute, s’il vous plaît, est-ce que votre fils qui devrait naître bientôt va s’appeler Russell IV ?
Mon épouse, Elizabeth, et moi-même discutons de cette possibilité. Je suis dépassé par le côté compréhensif de ma femme, qui m’a dit que si je souhaitais perpétuer la tradition familiale, elle serait très fière.
Les Dodgers ont cru en toi.
Tellement ignoré par les Expos que deux ans plus tard, le recruteur québécois des Dodgers, Claude Pelletier, qui a cru en moi, a convaincu les Dodgers de me choisir au 17e tour du repêchage amateur. J’ai choisi de signer avec les Dodgers après avoir refusé une bourse universitaire.
Le premier duo québécois de lanceur et receveur.
Il s’agit d’une situation à la fois heureuse et triste. Mon idole, Éric Gagné, monte sur le monticule pour sauvegarder le match après s’être remis d’une blessure. C’est la première et la seule fois que j’étais pour être son receveur. Nous sommes devenus le premier duo québécois receveur-lanceur de l’histoire du baseball majeur.
La compétition, la discipline et la persévérance.
C’est ce que mon père m’a inculqué. Pendant les mois d’été, je vivais avec mon père, et tous les jours, les garçons du quartier se réunissaient sur le terrain de baseball, car mon père nous enseignait les rudiments du baseball.
« Voulais-je rêver ou devenir un joueur de baseball ? »
Cette question que mon père m’a posée m’a motivé tout au long de ma jeunesse et de ma carrière de joueur de baseball professionnel. Il m’a aussi rappelé que je n’étais pas le seul à vouloir jouer dans le baseball majeur.
Ta mère t’a appris que la vie n’était pas un chemin facile.
Ma mère, Suzanne, a fait tellement de sacrifices ! Alors qu’elle étudiait pour obtenir une deuxième maîtrise, elle s’est assurée que les enfants ne manquent de rien. Elle me répétait continuellement : « La vie n’est pas un chemin facile. »
Ton père a interprété l’hymne national au Stade olympique.
Ce fut toute une surprise, car personne ne m’avait prévenu. Lorsque j’ai vu mon père se diriger sur le terrain avec son saxophone, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. C’est un des plus beaux moments de ma carrière de joueur de baseball professionnel.
Quel est ton premier emploi ?
Avant de travailler au sein des camps de baseball d’été de mon père, j’étais camelot. Je devais me lever tôt le matin, si je voulais participer aux différents programmes de baseball.
Preniez-vous des vacances estivales ?
Mes vacances étaient consacrées à la pratique du baseball et non pour faire des voyages. Les jours fériés et les week-ends, je m’entraînais seul sur les différents plateaux d’entraînement.
Les études le matin et le programme de baseball en après-midi.
J’ai été choyé, car l’école secondaire Édouard-Montpetit offrait le programme Sports-études baseball. Le responsable du programme, Stéphane Lepage, a établi un excellent programme, ce qui m’a permis de devenir le joueur de baseball que je suis devenu.
Tu t’es illustré au sein du baseball québécois.
Je préfère dire que j’ai aimé jouer au baseball. J’ai évolué pour la formation des Ailes de Baseball Québec, qui était gérée par Richard Émond, et par la suite avec les Cards de LaSalle Junior Élite, dont le gérant était Milton Lopez.
Tu as connu du succès sur la scène internationale.
J’ai porté les couleurs de l’équipe nationale junior en 2000 et lors de la Classique mondiale, en 2009. J’ai aussi fait partie de l’équipe d’entraîneurs au cours des Classiques de 2017 et 2023.
Tu accepterais un poste de gérant avec les Expos.
Si jamais les Expos reviennent, j’aimerais assurément faire partie de l’équipe en tant que gérant. Qui sait, peut-être qu’un jour les Jays me considéreront pour gérer l’équipe.
Ton épouse est la « réalité » de votre famille.
Elizabeth est la pierre angulaire de la famille. Son amour pour nos trois filles et pour moi représente la « réalité » de notre famille. Mes filles et moi pouvons compter sur une formidable femme qui fait tout pour nous appuyer et surtout nous aimer.
