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Les employés au salaire minimum, une espèce en voie de disparition

Ils constituaient moins de 5 % des effectifs en 2021 et ce chiffre est appelé à baisser

Photo portrait de David Descôteaux

David Descôteaux

2023-01-07T05:00:00Z

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Depuis la pandémie, les employeurs offrent plus que le salaire minimum pour attirer des employés, même pour des postes au bas de l’échelle.

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« On est rendu à presque 18 $ de l’heure pour nos sauveteurs dans les piscines. Il y a cinq ans, c’était le salaire minimum. Ce sont des emplois étudiants », dit Cindy Pellerin, du Camping Luciole, en Beauce. « On leur offre aussi des chandails et des repas quand les food trucks viennent. On est obligés de faire ça pour les attirer », ajoute-t-elle.

Pour contrer la pénurie de main-d’œuvre, les employeurs doivent dérouler le tapis rouge pour attirer des travailleurs. Le salaire minimum au Québec est présentement de 14,25 dollars l’heure, mais les candidats exigent souvent beaucoup plus. 

Plongeurs à 20 $ l’heure

« En restauration, il n’y a plus personne de payé au salaire minimum. Le salaire moyen chez les plongeurs (laveurs de vaisselle) à l’automne 2022 est de 16,18 $ l’heure. Et j’ai vu des plongeurs qui gagnent 20 $ l’heure. Même un cuisinier de fast-food, c’est 18,27 $ en moyenne », dit Martin Vézina, VP aux affaires publiques et gouvernementales à l’Association de la restauration du Québec. 

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Les exemples sont nombreux. VIA Rail cherche en ce moment des gens pour du télétravail dans son centre d’appels. L’exigence est seulement un secondaire 5, et l’entreprise offre plus de 25 $ l’heure.

Gros impact de la pandémie 

« En pleine pandémie, les candidats ne se gênaient pas pour dire : “j’ai fait mon calcul, et la PCU me paye encore plus”. Alors je disais à mes membres : tu n’as pas le choix, il faut que tu mettes la main dans ta poche et que tu payes mieux », relate Richard Darveau, président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction. 

« Des jobs au salaire minimum, il n’y en a plus dans les quincailleries. Il y en avait avant, comme les caissiers(ères) ou étalagistes. Mais eux aussi veulent plus que le salaire minimum aujourd’hui », ajoute M. Darveau. 

« Moi et mon conjoint, on est allés suivre notre cours de sauveteurs aussi. On n’a pas le choix, si un sauveteur tombe malade on doit jouer les remplaçants », dit Cindy Pellerin. « Même les employés pour nos salles de bain, c’est rendu 20 $ de l’heure ! » dit-elle.

  • Écoutez la chronique économique avec Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

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Pas de retour en arrière

Même si la pandémie se termine, difficile pour les entreprises de revenir en arrière. « Tu ne peux pas dire : je te donnais 17 $ et là, comme la Covid est finie, tu retournes à 15 $. Ça ne fonctionne pas ainsi », dit Richard Darveau. 

Ce dernier milite aujourd’hui pour une réduction des heures d’ouverture, seule façon d’absorber les coûts et d’éviter de refiler ceux-ci au client. « On ne veut pas répercuter notre hausse de coût à nos clients. D’autant plus que la concurrence, ce n’est pas juste la quincaillerie voisine, c’est aussi Amazon, qui a un gros pouvoir d’achat », explique-t-il.  

L’institut du Québec notait récemment qu’en un an, les salaires horaires offerts pour les postes à pourvoir ont augmenté de 9,2 %. C’est la plus importante hausse annuelle depuis que les données comparables sont publiées, et une hausse plus marquée que celle de l’Indice des prix à la consommation (+7,5 %).

Un minimum qui a aussi beaucoup grimpé

Salaire horaire minimum :

2016 : 10,75 $

2017 : 11,25 $

2018 : 12,00 $

2019 : 12,50 $

2020 : 13,10 $

2021 : 13,50 $

2022 : 14,25 $

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