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Les écoles les plus délabrées du Québec: les pires écoles sont à Laval

Deux établissements de cette région ont fermé cette année en raison de moisissures

Des unités préfabriquées ont été installées ce printemps dans la cour de l’édifice de l’Étincelle de l’école de la Source, à Laval, pour y reloger des élèves à la suite de la fermeture du bâtiment principal en raison de moisissures.
Des unités préfabriquées ont été installées ce printemps dans la cour de l’édifice de l’Étincelle de l’école de la Source, à Laval, pour y reloger des élèves à la suite de la fermeture du bâtiment principal en raison de moisissures. PHOTO MARTIN ALARIE
2022-09-04T04:00:00Z

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Les écoles les mieux entretenues sont au Saguenay–Lac-Saint-Jean, alors que celles de Laval sont les plus mal en point de la province. Deux écoles de cette région ont d’ailleurs dû fermer temporairement leurs portes ce printemps, en raison de moisissures.

D
École primaire
La Source
CSS de Laval
Laval

Ce fut le branle-bas de combat à l’édifice de l’Étincelle de l’école de la Source, à la mi-avril. 

De la moisissure visible à l’œil nu a été détectée dans deux classes, à la suite d’une plainte provenant d’une suppléante, qui a signalé de mauvaises odeurs «persistantes» dans ce local, rapporte le Syndicat de l’enseignement de la région de Laval. 

La fermeture de toute l’école a été décrétée d’urgence et les élèves ont dû renouer avec l’école à distance pendant au moins deux semaines. 

Des jeunes ont par la suite été relogés dans un autre bâtiment de l’école de la Source, situé à quelques kilomètres, alors que les élèves de première et deuxième année ont fini l’année scolaire dans des unités modulaires installées dans la cour de l’école. 

Le bâtiment demeure condamné et le centre de services scolaire ne peut indiquer quand les élèves pourront y déménager à nouveau, une fois les travaux terminés. 

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DÉJÀ CONNU

Le problème n’était pas nouveau, selon le syndicat, puisque les mauvaises odeurs avaient aussi été signalées en début d’année, indique la responsable du dossier, Daphnée Jean-Baptiste. 

De son côté, le centre de services scolaire de Laval indique que les tests de qualité de l’air n’ont pas révélé la présence anormale de moisissure dans l’air. «La qualité de l’air n’est donc pas compromise par la présence de moisissure», peut-on lire dans une lettre transmise aux parents à la fin avril. 

Les enseignants n’ont toutefois pas été rassurés par cette missive, indique Daphnée Jean-Baptiste. «Des élèves ont mentionné avoir eu des maux de tête en fin de journée, qui se sont accentués juste avant qu’ils apprennent qu’il y avait de la moisissure», affirme-t-elle. 

Une membre du personnel, rencontrée sur place par Le Journal en juin, a d’ailleurs dit enfin comprendre pourquoi elle souffrait de «pneumonies à répétition». 

PAS LA SEULE

E
École primaire
Des Cèdres
CSS de Laval
Laval

En avril, l’école primaire des Cèdres à Laval a aussi dû être fermée temporairement à cause de la présence de moisissure. 

À la suite de ces deux événements, la direction générale a ordonné une vérification plus complète de l’ensemble des bâtiments plus âgés, pour éviter d’autres mauvaises surprises. 

Selon les données du ministère de l’Éducation, Laval est la région où les écoles sont les plus vétustes de la province : la moitié des écoles y sont en très mauvais état, soient cotées E. 

L’école des Cèdres à Laval a aussi été fermée temporairement ce printemps en raison de la présence de moisissures.
L’école des Cèdres à Laval a aussi été fermée temporairement ce printemps en raison de la présence de moisissures. Photo Pierre-Paul Poulin

Le poids des années ne peut être en mise en cause puisque l’âge moyen des écoles primaires et secondaires, qui est de 55 ans, se situe sous la moyenne provinciale de 59 ans. 

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Au centre de services scolaire de Laval, son directeur général, Yves Michel Volcy, nous a indiqué être «conscient que nos écoles ont souffert d’un manque de financement pendant de nombreuses années». 

La nouvelle méthode d’inspection des bâtiments a permis de «confirmer qu’il y a effectivement encore beaucoup de travail à faire», indique-t-il.

 

État des écoles

Par région administrative

Le classement est basé sur la moyenne de l’indice de vétusté des écoles dans chaque région, qui est exprimé en %.
Région administrative Âge moyen Total d’écoles Moyenne d’indice
Saguenay--Lac-Saint-Jean 64 116 13,30
Outaouais 52 142 16,54
Capitale-Nationale 61 207 16,86
Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine 64 61 18,51
Chaudière-Appalaches 62 195 19,29
Centre-du-Québec 62 117 19,52
Mauricie 68 107 20,35
Lanaudière 50 169 21,08
Bas-Saint-Laurent 66 135 21,14
Estrie 66 186 21,38
Montréal 66 447 22,30
Montérégie 58 423 23,14
Abitibi-Témiscamingue 65 91 23,61
Laurentides 54 196 24,05
Côte-Nord 59 53 34,14
Laval 55 112 37,33

Note

La région du Nord-du-Québec est exclue du classement puisque plusieurs données ne sont pas disponibles.

Écarts entre les régions: d’un extrême à l’autre

Le portrait global n’est pas reluisant, mais les chiffres cachent des écarts énormes entre les centres de services scolaires, où la proportion de bâtiments en mauvais état varie de moins de 2 % à... 100 %. 

Le centre de services scolaires des Premières-Seigneuries, à Québec, est parmi les premiers de classe. En fait, une seule de ses 65 écoles, celle du Bois-Joli à Boischatel, est cotée D. Toutes les autres sont dans un état jugé satisfaisant. 

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L’école primaire du Bois-joli, à Boischatel, qui fait partie des 65 écoles que compte le centre de services scolaire des Premières-seigneuries, est la seule en mauvais état. En mortaise, la base de l’escalier extérieur de l’école.
L’école primaire du Bois-joli, à Boischatel, qui fait partie des 65 écoles que compte le centre de services scolaire des Premières-seigneuries, est la seule en mauvais état. En mortaise, la base de l’escalier extérieur de l’école. Photos Agence QMI, MARCEL TREMBLAY

Un véritable tour de force qui ne peut s’expliquer par l’âge moyen de ses écoles puisqu’à 59 ans, il est le même que pour l’ensemble de la province. 

ENTRETIEN PRÉVENTIF

Pour Denis Delisle, le directeur des ressources matérielles de ce centre de services scolaire, le secret réside d’abord dans l’entretien préventif. Depuis plus de 20 ans, un logiciel est utilisé pour documenter les travaux d’entretien à faire sur chaque bâtiment, à la suite d’inspections régulières. «Ça nous a beaucoup aidés à mieux planifier», indique M. Delisle. 

Des travaux plus coûteux, sur l’enveloppe extérieure des bâtiments et les salles mécaniques, ont aussi été priorisés, dit-il. 

État des écoles

Les meilleurs centres de services scolaires

Région
administrative
Organisme
scolaire
Âge
moyen
Total
d’écoles
Moyenne
d’indice
Capitale-Nationale des Premières-Seigneuries 59 65 6,49
Centre-du-Québec des Bois-Francs 64 48 7,02
Saguenay--Lac-Saint-Jean des Rives-du-Saguenay 63 38 11,43
Outaouais au Coeur-des-Vallées 61 20 11,43
Outaouais des Draveurs 46 40 11,49

Note

Le classement est basé sur la moyenne de l'indice de vétusté des écoles dans chaque organisme scolaire. Il ne comprend pas les centres de services scolaires dans lesquels moins de la moitié des bâtiments ont été inspectés.

Au centre de services scolaire des Bois-Francs, où seulement 2 écoles sur 48 sont en mauvais état, le directeur général, Frédéric Gagnon, explique cette bonne performance par «des décennies de culture d’entretien». 

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«Chez nous, on s’est fait un point d’honneur de faire l’entretien de nos bâtiments» qui sont inspectés tous les ans, dit-il.

Les centres de services situés en région sont aussi avantagés par le coût des travaux, qui coûtent moins cher que dans les grands centres, ajoute M. Gagnon. 

«Moi, si je veux réparer un parement de brique à Villeroy, ça ne coûte pas la même chose qu’à Montréal», fait-il remarquer. 

100 % EN MAUVAIS ÉTAT

Mais des écoles en région sont aussi nombreuses à souffrir du poids des années. 

État des écoles

Les pires centres de services scolaires

Région
administrative
Organisme
scolaire
Âge
moyen
Total
d’écoles
Moyenne
d’indice
Côte-Nord de l’Estuaire 59 25 41,08
Laval de Laval 55 96 39,96
Estrie des Hauts-Cantons 68 33 38,73
Capitale-Nationale/ Chaudières Appalaches/ Mauricie/ Saguenay--Lac-St-Jean Central Québec 75 18 33,87
Centre-Du-Québec de la Riveraine 61 26 32,77

Note

Le classement est basé sur la moyenne de l'indice de vétusté des écoles dans chaque organisme scolaire. Il ne comprend pas les centres de services scolaires dans lesquels moins de la moitié des bâtiments ont été inspectés.

En Estrie, au centre de services scolaire des Hauts-Cantons, toutes les écoles primaires et secondaires sont en mauvais état, selon les chiffres du ministère de l’Éducation. 

Son directeur général, Martial Gaudreau, affirme toutefois que depuis dix ans, la grande majorité des toitures des bâtiments ont été refaites. La qualité de l’air a aussi été vérifiée partout. «Notre priorité, c’est qu’on ne veut pas d’eau dans nos écoles», affirme-t-il. 

Au centre de services des Hauts-Cantons, en Estrie, 100 % des écoles sont en mauvais état. Sur cette photo, l’école primaire Ligugé de Martinville, qui est cotée E.
Au centre de services des Hauts-Cantons, en Estrie, 100 % des écoles sont en mauvais état. Sur cette photo, l’école primaire Ligugé de Martinville, qui est cotée E. Photo Martin Chevalier

La moyenne d’âge des bâtiments (68 ans) est aussi plus élevée que la moyenne provinciale. 

Les sommes maintenant consacrées à l’entretien des écoles devraient toutefois faire une bonne différence au cours des prochaines années, assure M. Gaudreau, qui est arrivé en poste en 2014. 

À ce moment-là, son centre de services recevait 3 millions $ annuellement pour des travaux de maintien d’actif, comparé à 11 millions maintenant. «On est ailleurs», lance-t-il. 

PLUS DE DÉTOURNEMENTS

Ces sommes font maintenant partie d’enveloppes de financement «dédiées», qui ne peuvent être dépensées à d’autres fins. Avant le tournant des années 2000, les règles budgétaires étaient plus souples, si bien que les commissions scolaires pouvaient utiliser autrement les maigres sommes consacrées à l’entretien des écoles. 

L’inspection des bâtiments scolaires est devenue obligatoire en 2013, avec l’entrée en vigueur de la Loi sur les infrastructures publiques

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