Tuiles qui tombent du plafond, plancher qui s’affaisse, tuyaux qui gèlent en hiver : l’école Aux-Quatre-Vents, à Sainte-Julie, est l’une des plus mal en point de la province. Élèves et enseignants devront toutefois s’armer de patience, puisque sa démolition vient d’être refusée par le ministère de l’Éducation.
L’édifice brun, vieillot et tristounet détonne dans ce quartier de banlieue propret où s’alignent fièrement les bungalows fraîchement repeints, entourés de haies bien taillées.
Construite en 1977 à partir d’unités préfabriquées, l’école n’a pas de fondation, ce qui a engendré des problèmes de structure au fil du temps.
«Quand il y a des élèves qui sont dans le gymnase, on le sait tout de suite, ça shake jusque dans la salle du personnel», indique une enseignante qui a refusé d’être identifiée, par crainte de représailles.

Le plancher s’affaisse à plusieurs endroits, et des poutres de bois ont dû être ajoutées dans le vide sous l’école, peut-on lire dans un rapport d’inspection du bâtiment produit par le centre de services scolaire des Patriotes.
Le bâtiment n’est pas bien isolé, si bien que les tuyaux gèlent en hiver, et le haut des murs gondole en été sous le coup de l’humidité.
Il y a quelques années, le couvre-plancher a été remplacé à quelques endroits. Des élèves s’étaient enfargés dans des morceaux qui avaient décollé, rapporte l’enseignante.

DES TUILES QUI TOMBENT DU PLAFOND
Au plafond, des cernes brunis rappellent que l’eau s’y est déjà frayé un chemin. «La grande majorité des plafonds sont en mauvais état et certains présentent des taches en surface pouvant provenir d’infiltrations», peut-on lire dans le rapport.
L’an dernier, une dizaine de tuiles sont même tombées du plafond, dans la classe d’une collègue, raconte l’enseignante. Heureusement, le local était vide à ce moment.
L’insonorisation entre les classes est par ailleurs si mauvaise que les profs de classes mitoyennes doivent se concerter pour planifier en même temps les périodes d’examens, «sinon les élèves ont trop de difficulté à se concentrer».

Les fenêtres sont toutes vieilles, plusieurs n’ouvrent plus ou n’ouvrent qu’à moitié. Des « odeurs d’égout » émanent parfois même des robinets.
Plusieurs employés, et même des élèves, se plaignent régulièrement de maux de tête, de maux de gorge ou de saignements de nez, rapporte un autre membre du personnel. Des tests de qualité de l’air ont été réalisés il y a quelques années, mais aucune anomalie n’a été détectée.
UNE CONSTRUCTION NEUVE RÉCLAMÉE
Le centre de services scolaire des Patriotes est bien au fait de ces problèmes et réclame au ministère de l’Éducation un bâtiment tout neuf pour remplacer celui-ci. Le terrain de l’école est grand, ce qui permettrait de construire un nouvel édifice pendant que les élèves continuent d’occuper le vieux bâtiment.

La construction d’une nouvelle école permettrait aussi d’utiliser l’ancien bâtiment comme école transitoire, afin d’y loger à tour de rôle les élèves des six autres écoles du secteur, le temps de les rénover en profondeur.
Ce projet n’a toutefois pas reçu le feu vert de Québec cette année. Deux autres écoles primaires du même centre de services – l’école Louis-Hippolyte-Lafontaine à Boucherville et l’école Albert-Schweitzer à Saint-Bruno – seront toutefois démolies et reconstruites au cours des prochaines années.

