Les Eagles ne volent pas

Marc-André Perreault
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Imaginez en un mois passer près de 100 heures dans un autobus pour parcourir près de 9000 kilomètres.
Ça, c’est l’équivalent de partir de Gatineau pour aller à Mexico City... aller-retour ! Et au milieu de tout ça, jouer 14 matchs de hockey de haut niveau. C’est la folle séquence des Eagles du Cap-Breton qui va se terminer samedi au terme d’une séquence de trois matchs en trois soirs !
On parle de trois voyages. Une séquence de deux matchs à Saint John au Nouveau Brunswick (1250km), un voyage à Gatineau-Rouyn Noranda-Val d’Or (4200 km) et un dernier à Drummondville, Sherbrooke et Blainville-Boisbriand (3200km). On ajoute évidemment à cela quelques matchs à domicile.
Parmi les facteurs qui expliquent cette situation, la disponibilité des amphithéâtres et les aléas du calendrier mais il faut avouer que c’est quand même intense. Intense au point où l’entraîneur Louis Robitaille s’est acheté un matelas gonflable pour les dodos sur le plancher de l’autobus. Il ne se plaint pas, loin de là, mais ça demande quand même pas mal de gestion et génère des coûts. Par exemple, les Eagles partent jusqu’à 2 jours avant un match, question de ne pas avoir les jambes trop lourdes, être le plus reposé possible, et avoir le temps d’avoir une pratique digne de ce nom, ce qui est quand même rare ce mois-ci. Cela implique aussi des coûts, pour les chambres d’hôtel additionnelles par exemple.
Malgré les meilleures intentions, Louis Robitaille le voit concrètement que ses joueurs sont parfois fatigués. Par exemple, lors du retour du périple en Abitibi, le match suivant contre Moncton était 4-0 Wildcats après seulement 10 minutes...
Cela dit, ça forge le caractère, ce sont des tests d’adversités et ça créer des liens. Les exemples à succès sont quand même nombreux... Marc-André Fleury, Ondrej Pavelec, Pierre-Luc Dubois et Pascal Vincent ont gradué dans la LNH avec des carrières quand même très intéressantes!
La preuve qu’avec une bonne attitude ( et du talent évidemment), ce n’est pas un obstacle. Encore une fois, Louis Robitaille ne se plaint pas et réussi même à garder son équipe avec une fiche au-dessus de .500, il a 2 joueurs répertoriés à la centrale de recrutement en vue du prochain repêchage (Tomas Lavoie et Jakub Milota) et vise le haut du classement la saison prochaine.
De mon côté, je sais que c’est une situation exceptionnelle et je sais que la LHJMQ prend bien soin des jeunes mais peut-être que ça aurait été une bonne idée de trouver quelques sous pour éviter cette situation... comme on le fait en séries quand 2 adversaires séparés par plus de 1000 KM s’affrontent. Cela dit, ça frappe l’imaginaire, ça forge le caractère et ça fait de très bonnes histoires à raconter dans le futur!