Les droits de douane «pénalisent tout le monde»: des entrepreneurs américains espèrent une nouvelle réduction

AFP
Partager
«La baisse des droits de douane peut améliorer un peu les choses»: des exportateurs américains présents à la grande foire commerciale de Shanghai espèrent pouvoir à nouveau se projeter vers l'avenir avec la trêve récemment convenue entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping.
• À lire aussi: Audience cruciale pour Trump: des juges de la Cour suprême mettent en doute la légalité des droits de douane
• À lire aussi: Trump brandit la menace du «communisme» après de cuisants revers électoraux
• À lire aussi: Une «très mauvaise soirée» pour Trump: il paye ses promesses non tenues sur le coût de la vie des Américains
Leurs affaires ont été mises à l'épreuve par des mois de confrontation commerciale entre les États-Unis et la Chine. Les chefs d'État des deux principales puissances économiques se sont entendus le 30 octobre sur un certain nombre de mesures censées dissiper des tensions qui ont crispé l'économie mondiale.
Les multiples hausses des droits de douane instituées par les États-Unis depuis le premier mandat de M. Trump (2017-2021) et la guerre commerciale qui a suivi ont «décimé» les producteurs de ginseng dans le centre du Wisconsin, rapporte Ming Tao Jiang, négociant présent à la Foire internationale des importations de Chine (CIIE),rendez-vous qui rassemble chaque année à Shanghai des centaines d'entreprises étrangères.
«Avant 2018, nous avions 200 producteurs enregistrés dans le Wisconsin, autour du comté de Marathon. Après les deux premières vagues de la guerre commerciale, aggravées par la crise du covid, nous n'en sommes plus qu'à 70», se lamente Ming Tao Jiang, fondateur de la société Marathon Ginseng, sous une halle caverneuse où on fait la promotion de sel ou de sacs à main.
«Je crois que les choses se sont stabilisées grâce à l'accord récent entre les deux gouvernements, nous entrevoyons un avenir plus prometteur», dit-il.
La variété nord-américaine de ginseng, plante à laquelle les cultures asiatiques traditionnelles prêtent des propriétés médicinales, fut l'un des premiers produits exportés par les jeunes États-Unis vers la Chine dans les années 1780. Les États-Unis et la Chine infligent sporadiquement des droits de douane réciproques sur leurs produits à base de ginseng depuis 2018. Ming Tao Jiang explique que ses produits subissent actuellement 45% de droits de douane à leur entrée en Chine.
D'autres exposants américains partagent son optimisme prudent, tandis qu'alentour les visiteurs de la foire dégustent du baijiu, un alcool chinois à base de riz américain, et flânent parmi les stands proposant des préparations pour pain de maïs et des amandes de Californie.
Tara Qu, représentante commerciale de l'Idaho en Chine, a supervisé jeudi la signature officielle, lors de la foire, d'un accord d'achat entre un fabricant chinois d'œufs de canard salés et Dynamite, une entreprise américaine produisant des additifs pour l'alimentation animale.
«Je crois que la baisse des droits de douane peut améliorer un peu les choses», dit-elle en faisant référence aux décisions prises de part et d'autre. M. Trump a signé mardi un décret abaissant une surtaxe douanière de 20 à 10%. La Chine a annoncé mercredi prolonger d'un an la suspension d'une partie des droits de douane imposés aux produits américains, pour les maintenir à 10%.
Tournés vers 2026 et au-delà
Mais Tara Qu attend davantage. «Nous espérons une nouvelle réduction afin que les échanges commerciaux puissent reprendre leur cours normal», dit-elle. Les entreprises américaines craignent que les acheteurs chinois ne se tournent vers des fournisseurs étrangers, partage-t-elle.
Elle cite l'exemple d'Anderson Northwest, un producteur de haricots et de légumineuses de l'Idaho et autre exposant à la foire.
«Depuis l'augmentation de 20% des droits de douane, ils n'ont rien exporté vers la Chine», dit-elle.
«Nous espérons vivement de nouvelles réductions des droits de douane parce qu'ils pénalisent tout le monde», abonde Eric Zheng, président de la Chambre de commerce américaine à Shanghai.
«Il reste beaucoup à faire pour abaisser les droits de douane imposés aux membres de la Chambre», dit-il. Les vins californiens par exemple restent soumis à des droits d'importation chinois de plus de 100%, dit-il.
«Il a été très difficile de dresser des plans à long terme» pendant tout le bras de fer, se désole-t-il.
Il salue la perspective d'une visite annoncée de M. Trump en Chine et de M. Xi aux États-Unis en 2026. «Ces événements politiques devraient nous permettre de voir plus de stabilité, l'année prochaine au moins, voire au-delà».