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Les dignes héritiers de Crosby se sont levés

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2025-02-21T23:12:27Z

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Il s’est écoulé 15 ans entre le but en or de Sidney Crosby à Vancouver en 2010 et le but de Connor McDavid, jeudi soir, en prolongation.

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Quinze années au cours desquelles des Championnats du monde ont été disputés, tantôt à la faveur des États-Unis, tantôt à celle du Canada. Mais on n’en parle pas. On n’en parle pas parce que ça n’a pas la même saveur, ça n’a pas la même importance.

Des partisans américains à Boston disaient qu’ils attendaient cette occasion de battre le Canada en finale d’un événement majeur depuis 2010, depuis Vancouver il y a 15 ans.

C’est dire l’importance que les vrais amateurs de hockey ont attribuée à cette Confrontation des 4 nations. Les plus frileux devant cette nouvelle formule proposée se sont ralliés en cours de route.

C’était une soirée électrique. Ce fut un match anthologique, un bon vieux 3 à 2 en prolongation comme on les aime, un suspense haletant, une tension constante.

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Deux nations au coude à coude, au sommet de leur rivalité. Une foule partisane à Boston, mais beaucoup moins hostile qu’à Montréal samedi dernier. Un hymne canadien nourri de «U-S-A», «U-S-A», «U-S-A», mais de très peu de huées.

La chanteuse de Winnipeg Chantal Kreviazuk qui modifie une phrase de l’hymne canadien afin de faire un énoncé anti-Trump, en plein TD Garden de Boston, il fallait quand même le faire.

La propagande pro-États-Unis dans le montage d’ouverture sur l’écran centra, de façon générale, c’était du génie. Dans les faits, alors qu’il s’agissait d’un événement de la Ligue nationale, cette saveur «équipe locale» jurait un brin.

Mais on pardonne aisément ce chauvinisme. Comme on accepte que les arbitres aient laissé jouer en décernant une seule pénalité mineure dans tout le match. Tout le monde du hockey savait qu’avec plus de 33% d’efficacité, l’avantage numérique du Canada pouvait sceller le sort des Américains si on décidait d’appeler toutes les infractions.

Jordan Binnington, le mal aimé. Mon souffre-douleur du tournoi qui se lève dans un grand moment. Le gardien qui a dit non aux Bruins de Boston lors du match ultime de la finale de la Coupe Stanley de 2019 dans ce même building et qui, jeudi, n’a absolument pas volé sa deuxième étoile.

Clairement, lorsqu’il n’y a pas de lendemain, on peut compter sur Binnington. Mea culpa mea culpa mea maxima culpa.

Les Américains sont jeunes. Très jeunes. Ils ne comptaient que sur très peu de bons vétérans aguerris dans cette confrontation. Comme si Bill Guerin et son groupe de sélectionneurs avaient volontairement voulu inculquer une expérience tangible à un jeune groupe de leaders afin que ceux-ci prennent acte et charge au cours des grands rendez-vous de la prochaine décennie.

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Sidney Crosby n’aura pas ce privilège. «Capitaine Canada» en a moins devant que derrière lui. L’empereur sera à Milan et portera fièrement le «C» sur son chandail, mais se rendra-t-il à la Coupe du monde de 2028?

Ce qui nous ramène à l’importance du but marqué par Connor McDavid en prolongation. Autant que celui de Nathan MacKinnon qui a lancé le Canada en avant en première période. Les deux dignes héritiers de Crosby qui se lèvent, voilà qui est de très bon augure pour les prochains grands rendez-vous.

Que dire de Sam Bennett, laissé pour compte lors du premier match face à la Suède et qui marque le but de sa vie pour permettre au Canada de ramener les deux équipes à la case départ.

Jeudi, c’était le Canada contre les États-Unis. C’était Justin Trudeau contre Donald Trump. C’était Crosby et MacKinnon contre les frères Brady et Matthew Tkachuk. C’était Connor contre Connor.

Crosby et MacKinnon ont eu le meilleur sur les frères de la révolution américaine. Connor McDavid a surclassé Connor Hellebuyck.

Et 40 millions de Canadiens unis hurlaient à Donald qu’ils ne veulent rien savoir de devenir le 51e État... ne serait-ce que pour continuer de battre les Américains lorsque ça compte vraiment.

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