Tous les résultats
Publicité

Coup de tonnerre dans le monde du golf: les deux grandes rivales, la PGA et la LIV, annoncent une fusion fracassante et inattendue

Phil Mickelson, qui a joint la LIV, et son grand rival Tiger Woods, un ardent défenseur du circuit PGA, durant un tournoi en 2020.
Phil Mickelson, qui a joint la LIV, et son grand rival Tiger Woods, un ardent défenseur du circuit PGA, durant un tournoi en 2020. Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-06-06T14:32:23Z

Partager

La «guerre du golf» est terminée. Les circuits PGA et LIV, impliqués dans de nombreuses poursuites depuis l’an dernier, ont annoncé leur fusion, mardi. Cet accord met du même coup fin à tous les litiges judiciaires qui sont présentement devant les tribunaux.

Après avoir acheté le soccer européen, l’Arabie Saoudite « avale » le golf américain.

Même si les termes de l’entente n’ont pas été dévoilés, la PGA a dû recevoir une somme d’argent astronomique pour acheter la paix et surtout pour renflouer ses coffres.

L’Arabie saoudite, pourtant reconnue pour bafouer les droits de la personne tout en étant considérée comme l’un des pays (deuxième producteur de pétrole au monde) les plus pollueurs sur la planète, a gagné son pari. C’est l’argent qui mène.

Si plusieurs joueurs se sont réjouis de cette annonce certes inattendue, d’autres n’ont pas caché leur stupeur après l’avoir appris sur les réseaux sociaux.

On s’imagine aussi que certains piliers de la PGA, dont Rory Mcllroy, Jon Rahm, Scott Scheffler et Jordan Spieth, qui ont résisté à la tentation d’encaisser des millions de dollars en refusant de rejoindre la LIV, regrettent leur décision aujourd’hui.

Les deux entités étaient en conflit depuis la création de la LIV en 2022, un circuit financé par des fonds saoudiens, qui ont investi plus de 2 G$ dans l’entreprise. La LIV a disputé ses premiers tournois l’an dernier.

Publicité

«Après deux années de perturbations et de distractions, c’est une journée historique pour le sport que nous connaissons et que nous aimons», a déclaré le commissaire de la PGA, Jay Monahan. 

Cet accord de fusion, aussi fracassant qu’inattendu, a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans le monde du golf. Les deux parties étaient à couteaux tirés depuis la venue de la LIV et on croyait les deux camps ennemis irréconciliables. À la surprise générale, c’est le réseau américain CNBC qui a annoncé la nouvelle mardi avant même que le communiqué commun ne soit diffusé.

  • Écoutez le segment sportif de Jean-François Baril tous les jours 6 h 43 via QUB radio :

Cette «bombe» survient à deux jours du début de l’Omnium canadien qui s’amorcera jeudi dans les allées de l’Oakdale Golf and Country Club, dans la région de Toronto.

Le PIF comme commanditaire

Plusieurs têtes d’affiche de la PGA, dont Phil Mickelson, Dustin Johnson, Bryson DeChambeau et Books Koepka, avaient choisi de se joindre à la nouvelle ligue, qui offre des bourses astronomiques et où les épreuves sont de plus courtes durées. Mickelson a empoché pas moins de 200 M$ pour se joindre à la LIV alors que Johnson, lui, s’était mis plus riche de 150 M$.

Publicité

D’autres vedettes, comme Tiger Woods et Rory McIlroy, avaient préféré demeurer fidèles à la PGA et avaient vertement critiqué les golfeurs qui penchaient vers le nouveau circuit. Sur son compte twitter, Mickelson s’est réjoui de l’entente mardi. 

Les golfeurs qui avaient «déserté» la PGA avaient été maintes fois montrés du doigt pour avoir accepté par le fait même l’argent du fonds d’investissement saoudien (le PIF), alors que des rapports accablants pointent du doigt l’Arabie saoudite, notamment pour la façon dont elle bafoue les droits de la personne

Pourtant, dans une note envoyée aux joueurs de la PGA mardi, dont ESPN a obtenu copie, le commissaire Monahan a écrit que le PIF deviendrait le commanditaire majeur du circuit. Le PIF fera des investissements «pour bâtir une entreprise encore plus forte et robuste», a-t-il laissé savoir. 

«Ça n’a aucun sens»

Les démarches, qui ont eu lieu au cours des sept dernières semaines, semblent s’être faites à l’insu de nombreux joueurs des deux ligues et de leurs agents, qui ont été surpris pour cette annonce, selon ESPN. 

«Mon cœur a un peu lâché», a d’ailleurs dit au réseau sportif un agent qui représente plusieurs golfeurs de la LIV et dont l’identité n’a pas été révélée. 

«Ça n’a aucun sens, a ajouté un joueur de la PGA. La LIV peine à fonctionner. Ça ne marche pas. Maintenant, on lui lance une bouée de sauvetage? Est-ce que la morale de l’histoire est qu’il faut toujours seulement prendre l’argent?»

Des golfeurs pourraient revenir

Les deux circuits ont dit qu’ils travailleraient «en collaboration et de bonne foi afin d’établir un processus juste et objectif pour tous les joueurs [de la LIV] qui souhaitent ravoir leur carte de membre de la PGA pour la suite de la saison 2023». 

Publicité

Ces derniers avaient été bannis de la PGA, mais pouvaient prendre part aux tournois majeurs qui n’étaient pas régis par celle-ci. Il y a quelques semaines à peine, Koepka a été sacré champion du Championnat de la PGA à Rochester, dans l’État de New York, damant le pion à tous ces golfeurs qui sont restés fidèles à la PGA. 

Quant à la LIV, elle terminera assurément sa saison 2023, qui se conclut le mois prochain en Espagne. On ignore cependant ce qui adviendra du circuit au terme de la campagne. Ni du rôle qui sera confié à Greg Norman, le commissaire de la LIV, qui s’est fait de nombreux ennemis en acceptant de se joindre à ce circuit parallèle.

«Brûler l’argent n’est jamais bon»

Le chef de la direction de la PGA n’avait pas mâché ses mots il y a environ un mois sur la viabilité de l’organisation rivale.

«Quand on me questionne sur la question, mon opinion n’a pas changé. Je ne suis réellement pas convaincu que le modèle d’affaire de la LIV est durable. Ses dirigeants peuvent financer leur circuit aussi longtemps qu’ils le désirent. Peu importe leurs moyens, brûler l’argent n’est jamais bon. Je ne crois pas que la LIV s’accomplit tant que ça», s’était exprimé Seth Waugh dans une entrevue accordée au Times de Londres.

«Nous persistons à croire que la division n’est pas dans l’intérêt de notre sport», a-t-il renchéri.

– Avec Louis Butcher

Publicité
Publicité