Les dessous du retour de la LNH aux Jeux olympiques


Mylène Richard
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UTICA, New York | Il suffit de mentionner le retour des joueurs de la Ligue nationale de hockey aux Jeux olympiques pour que le visage de Luc Tardif s’illumine.
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«C’est ma grande satisfaction», a assuré le président de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG) lors d’une généreuse entrevue au Journal, en marge du Mondial féminin.
Pas difficile de le croire quand il parle de sa «petite fierté». Lorsque le Trifluvien a succédé au Suisse René Fasel en septembre 2021 à la tête de la FIHG, il s’est donné comme mission de ramener les meilleurs hockeyeurs aux Olympiques. Mais pas à n’importe quel prix.
«Les assurances, ça commence à être un gros problème. On parle de 12 millions $ pour huit matchs», laisse tomber Tardif.
Pas d’hôtel 5 étoiles
Les négociations avec le commissaire de la LNH, Gary Bettman, et le directeur général de l’Association des joueurs de la LNH, Marty Walsh, n’ont pas été de tout repos.
«C’est un peu frustrant, car l’association des joueurs n’a peut-être pas tout dit [à ses membres]. Les joueurs veulent venir aux Jeux, coucher dans des petits lits, faire comme les athlètes, aller à la cantine. Ils ne veulent pas aller dans des hôtels cinq étoiles», prétend celui qui vit maintenant en Normandie en faisant référence aux villages olympiques où les sportifs séjournent pendant la compétition.
Pas évident d'avoir des pourparlers avec des avocats plutôt que des athlètes.
«J’avais dit à l’association: “Foutez-nous des joueurs [à la table] qui ont envie de venir [aux JO] et on va trouver des solutions!”», ajoute Tardif d’un ton convaincant.

Un an et demi de négociations
Finalement, une conférence de presse a été prévue pour le 2 février dernier afin d’annoncer le retour des étoiles de la LNH aux JO de Milan et Cortina d'Ampezzo, en 2026, et à ceux de 2030, qui devraient avoir lieu dans les Alpes françaises.
«La nuit d’avant, on a terminé à 4 h du matin. À 2 h, on était en train de quitter la table, mais on y est arrivé», relate Tardif, précisant que les négociations ont duré un an et demi au total.
Après avoir participé aux Jeux de Nagano (1998), de Salt Lake City (2002), de Turin (2006), de Vancouver (2010) et de Sotchi (2014), les vedettes de la LNH ont raté le rendez-vous de Pyeongchang en 2018, la Ligue n’ayant pu s’entendre avec l’Association des joueurs, le Comité international olympique et la FIHG.
Les Sidney Crosby, Patrice Bergeron et compagnie auraient pu aller à Pékin, en 2022, selon les termes de l’actuelle convention collective, mais la pandémie a forcé la LNH à garder ses joueurs en Amérique du Nord afin d’éviter des éclosions de COVID-19 et des annulations de matchs.
McDavid, MacKinnon et Matthews
«À Sotchi, tout le monde voulait y aller, surtout les Russes, rappelle Tardif, qui avait assisté aux discussions à titre de trésorier de la FIHG à l’époque. Puis, Pyeongchang, la Ligue nationale disait que ce n’était pas un marché intéressant. Elle faisait semblant de venir et nous, on travaillait comme des dindes pour essayer de la convaincre. Pékin, c’est un peu plus frustrant parce qu’on s’est mis d’accord, mais il y a eu la COVID. Les Chinois avaient vraiment participé pour trouver des solutions, comme des vols ambulances.»
«Il y avait des circonstances favorables, parce qu’il y avait une génération de joueurs qui allait manquer le train. Il y a des athlètes ambitieux qui ont le goût de venir. La triple couronne [champion mondial, olympique et de la Coupe Stanley], les gars y pensent», estime Tardif.
C’est effectivement impensable d’imaginer que Connor McDavid, Nathan MacKinnon ou Auston Matthews terminent leur carrière sans jamais avoir représenté leur pays aux JO.
Rencontre avec Bettman
En quittant Utica, Luc Tardif devait aller rencontrer Bettman lundi, un homme qu’il a appris à connaître et qu’il respecte, même si les Québécois ne le portent pas dans leur cœur.
Parions qu’il lui glissera un petit mot sur les JO de 2034, qui pourraient retourner à Salt Lake City, là où les Coyotes de l’Arizona devraient déménager.