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Les dangers qui guettent le REM à Montréal: le SkyTrain à Vancouver, «c’est l’enfer»

Photo Dominique Cambron-Goulet

Dominique Cambron-Goulet

2023-07-28T04:00:00Z

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Des gratte-ciel de 50 étages en banlieue, des quartiers rasés au profit de constructions neuves plus denses, des citoyens évincés pour faire place au progrès; est-ce ce qui attend Montréal une fois le REM mis en service? C’est du moins ce qui se passe aux abords du SkyTrain à Vancouver, a constaté Le Journal.


À Coquitlam, en banlieue de Vancouver, l’arrivée du SkyTrain est synonyme de taxes qui montent en flèche, de démolition de maisons modestes et de rêves de retraite chamboulés.

«It’s a pain in the ass» [C’est l’enfer], lâche Gregory Morgan. Ce résident du quartier Burquitlam ne mâche pas ses mots quand on lui demande son avis sur l’arrivée du SkyTrain à quelques mètres de chez lui, il y a sept ans.

Dans les rues de son quartier qui jouxte une immense forêt, des rangées de bungalows placardés attendent d’être démolies. 

Ces constructions des années 1960 feront place à des tours de condos allant jusqu’à 40 étages. 

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  • Écoutez l'entrevue avec Sarah Doyon, Directrice générale chez Trajectoire Québec à l’émission d’Alexandre Dubé via QUB radio :

«Dans son plan [d’urbanisme], la Ville de Coquitlam indiquait que 90 à 95% des unifamiliales ne seraient pas touchées par la densification [liée au train]», indique Craig Jones, directeur d’un groupe de recherche sur le logement à l’Université de la Colombie-Britannique.

Dans le quartier Burquitlam, à Coquitlam, de petits bungalows font place progressivement à des tours de 30-40 étages.
Dans le quartier Burquitlam, à Coquitlam, de petits bungalows font place progressivement à des tours de 30-40 étages. Photo Dominique Cambron-Goulet

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Photo Dominique Cambron-Goulet

Mais après la mise en service du train en 2016, les choses ont bougé rapidement. 

La Ville a laissé M. Morgan et ses voisins décider s’ils souhaitaient que leur secteur soit densifié.

«Au départ, personne ne voulait vendre, mais certains voisins ont commencé à dire qu’on pourrait faire plein d’argent si on acceptait que ça devienne à haute densité», raconte le retraité. 

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Ce phénomène trouve écho au Québec. À Deux-Montagnes, près d’une future gare du REM, des rues bordées unifamiliales ont été rezonées pour augmenter la densité. Des citoyens ont ainsi vendu pour permettre l’érection de condominiums sur quatre ou six étages. 

Photo Dominique Cambron-Goulet
Photo Dominique Cambron-Goulet

Taxes astronomiques

Après le changement de zonage, la valeur du terrain de M. Morgan a doublé en 2021. Une nouvelle à double tranchant pour sa femme et lui. 

«Mes taxes sont passées de 4500$ à 10 000$ par an, pour la même maison, les mêmes services», explique-t-il.

  • Écoutez l'entrevue avec Dominique Cambron-Goulet, journaliste au Bureau d’enquête, à l’émission d’Alexandre Dubé via QUB radio :

Il souhaite désormais vendre, à contrecœur, la maison dans laquelle sa femme a grandi et qu’il a rachetée il y a sept ans.

«Nous pensions que ce serait notre maison pour toujours. Mais nous n’avons pas le choix. Il va y avoir un gratte-ciel en face, un autre au coin de la rue, c’est partout», peste M. Morgan, excluant catégoriquement de passer sa retraite dans une tour d’habitation. 

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Face à la maison de M. Morgan, ce terrain en vente pourra accueillir un gratte-ciel.
Face à la maison de M. Morgan, ce terrain en vente pourra accueillir un gratte-ciel. Photo Dominique Cambron-Goulet

Sous pression

Mais ces ventes sous pression créent des tensions entre les propriétaires qui souhaitent partir et ceux qui tiennent à rester. 

«Si je pouvais partir aujourd’hui, je le ferais. Mais le problème, c’est que certains voisins demandent trop d’argent et ça devient difficile pour les promoteurs d’assembler les lots et [pour nous] de vendre», explique Gregory Morgan. 

Robert Campbell aussi était convaincu que la maison unifamiliale qu’il occupe depuis 32 ans serait sa dernière.

«Nous pensions que nous allions mourir ici, mais maintenant nous devons déménager», confie-t-il, alors qu’il fait le ménage de son garage en vue de son départ. 

La construction d'une tour est bien entamée au cœur d'un quartier de maisons unifamiliales.
La construction d'une tour est bien entamée au cœur d'un quartier de maisons unifamiliales. Photo Dominique Cambron-Goulet

Déjà à deux maisons de là, les camions et les grues s’activent à bâtir une nouvelle tour. 

«On ne peut pas arrêter le progrès», philosophe M. Campbell. 

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