Les coûts du 3e lien auraient explosé, soupçonnent les oppositions

Taïeb Moalla
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Le budget du Québec ne donne aucun détail sur le troisième lien entre Québec et Lévis, car le coût de ce mégaprojet est probablement en train d’exploser, soupçonnent les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale.
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C’est l’analyse faite, vendredi, par les libéraux, les solidaires et les péquistes au lendemain du dépôt du budget provincial.
« Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans l’échéancier de la CAQ qui a promis de démarrer la construction [du tunnel] avant la fin du mandat, a laissé tomber le solidaire Sol Zanetti. Ce manque de transparence peut vouloir dire que le projet ne va vraiment pas bien, que les coûts ont explosé et qu’ils commencent à être gênés de le dire à la population. »
Raisonnement semblable chez la libérale Marwah Rizqy. « C’est silence radio pour leur engagement électoral numéro un à Québec. Deux ans et demi plus tard dans les Maritimes, on n’a toujours rien. Pas de tracé, pas d’estimation. Rien du tout. Ça commence à faire. Qu’ils nous disent clairement combien ça va coûter », a-t-elle tonné.
Pour le péquiste Joël Arseneau, « le gouvernement a lancé l’idée d’un 3e lien sans études approfondies et sans savoir à quel point les besoins étaient là. Ce projet-là risque d’être ruineux. Le gouvernement n’ose pas en parler parce qu’il a probablement des chiffres qu’on n’a pas encore, mais qu’on devine ».
Dans une étude publiée en 2016, le professeur Bruno Massicotte évaluait le coût d’un troisième lien à l’Est à 4 G$.
Ce dossier risque de rebondir très bientôt, puisque le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, doit justement rencontrer le ministre des Transports et le premier ministre Legault mercredi et que le tunnel sera à l’ordre du jour.
La desserte des banlieues
Les trois partis d’opposition s’inquiètent également de constater l’absence totale de détails sur la desserte des banlieues de Québec, un dossier qui sera désormais chapeauté par le ministère des Transports.
De son côté, le maire de Stoneham et préfet de la MRC de la Jacques-Cartier, Claude Lebel, s’est toutefois dit toujours persuadé de recevoir des sommes additionnelles pour cette desserte. « Les dirigeants ne sont pas des inconséquents. Ils savent les impacts d’une lacune en transport collectif sur la couronne nord », a-t-il affirmé.
À la Chambre de commerce de Québec, on se réjouit du feu vert qui a été donné au réseau de transport structurant de Québec, quelques jours avant le budget.
Du côté de la Chambre de commerce de Lévis, on a été déçu de voir que le projet de 3e lien n’avait pas avancé.
— Avec Stéphanie Martin