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Les comportements violents contre les arbitres dans le sport sont en hausse depuis la pandémie

Les débordements de certains parents ou entraîneurs sont en hausse depuis la pandémie, et pas juste au hockey.
Les débordements de certains parents ou entraîneurs sont en hausse depuis la pandémie, et pas juste au hockey. Captures d’écran TVA Nouvelles.
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2023-11-14T19:45:55Z

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Les organisations sportives de la grande région de Québec et de la Chaudière-Appalaches peinent à dénicher des arbitres, puis à les garder, en raison du nombre encore croissant de comportements déplacés auxquels ils doivent faire face chaque fois qu’ils enfilent leur uniforme d’officiel. 

Jugeant la situation «alarmante», le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) de Québec et Chaudière-Appalaches lance la campagne Respecte le jeu, qui vise à sensibiliser la population à ce avec quoi doivent composer les arbitres. Le site Respectelejeu.com a notamment été mis sur pied et offre plusieurs outils de sensibilisation.

Cette affiche sera présente à plusieurs endroits afin de sensibiliser les gens.
Cette affiche sera présente à plusieurs endroits afin de sensibiliser les gens. Photo Kevin Dubé

Selon une étude interne, la moitié de leurs arbitres ont déjà été victimes de gestes de violence de la part de parents ou d’entraîneurs insatisfaits de leur travail, ce qui fait que le nombre d’arbitres a chuté de 20% au cours des dernières années.

Au basketball, par exemple, 17 des 42 officiels sont partis après la saison passée, plusieurs ne voulant tout simplement pas avoir à composer avec les critiques à leur égard.

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Pour le directeur général du RSEQ de Québec et Chaudière-Appalaches, Mathieu Rousseau, il y a eu une exacerbation de ces gestes gratuits envers les arbitres depuis la pandémie.

«Ça a empiré les choses sur ce que les gens se permettent de dire. [...] Ce sont des comportements qu’on ne veut pas voir être normalisés, par exemple d’attendre un arbitre après un match ou de crier certaines choses qui ne se diraient pas en dehors d’un contexte sportif. Je ne suis pas sûr que les gens réalisent la portée de toutes leurs paroles.»

Plus d’athlètes

La pandémie a toutefois eu un effet bénéfique sur les jeunes, puisqu’elle a eu comme conséquence d’augmenter les inscriptions à des activités sportives. Ce faisant, le nombre de matchs présentés chaque semaine, tous sports confondus, a explosé.

Mais le nombre d’arbitres, quant à lui, n’augmente pas au même rythme, si bien que des officiels sont surmenés. Dans certains sports, des rencontres doivent parfois être arbitrées par l’entraîneur d’une des deux formations en raison de la pénurie d’arbitres.

«Une fin de semaine de février, l’an passé, on avait 1600 matchs sur le territoire de Québec et Chaudière-Appalaches, donc on a des officiels qui faisaient six, sept ou huit parties par jour dans des périodes de tournoi. Ils viennent épuisés et on arrive le dimanche, ils manquent un hors-jeu et c’est la fin du monde. Idéalement, ils feraient deux ou trois matchs», résume le coordonnateur des officiels à Hockey Québec-Chaudière-Appalaches, Philip Thivierge.

Le coordonnateur des arbitres à Hockey Québec-Chaudière-Appalaches, Philip Thivierge, le président des arbitres au basketball, Guillaume Breton, et le responsable des arbitres au rugby, Jérôme Lévesque, doivent gérer une pénurie importante d'officiels dans leur sport.
Le coordonnateur des arbitres à Hockey Québec-Chaudière-Appalaches, Philip Thivierge, le président des arbitres au basketball, Guillaume Breton, et le responsable des arbitres au rugby, Jérôme Lévesque, doivent gérer une pénurie importante d'officiels dans leur sport. Photo Kevin Dubé

Encadrer les jeunes arbitres

L’un des principaux défis est de garder les jeunes arbitres à long terme.

«Ils se font crier après trois ou quatre fois, et ensuite ils vont se trouver un emploi dans une épicerie», ajoute M. Thivierge.

Puisque ces jeunes arbitres inexpérimentés sont plus souvent victimes de comportements abusifs, un projet pilote sera implanté au basketball, alors que chaque arbitre d’âge mineur ou qui en est à sa première année d’expérience en tant qu’officiel devra porter un brassard vert qui permettra de l’identifier, et ce, peu importe son âge.

«Il faut le présenter en disant qu’on tient à eux, qu’ils aient 16 ans ou que ce soit une recrue de 32 ans. Je ne veux pas que ce soit le seul match qu’ils fassent. On va bien les accompagner en mettant des arbitres d’expérience avec eux. Je pense que ça va être du bon et on espère l’appliquer aux autres sports dans les prochaines années.» 

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