Coachs accusés : Ils auraient profité d’une même victime
Deux des trois entraîneurs de basket accusés auraient abusé l’un après l’autre d’une adolescente

Michael Nguyen
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Deux des trois coachs de basketball accusés de crimes sexuels auraient abusé de la même victime, l’un après l’autre sur une période de quatre ans, a-t-on appris à la suite de leur comparution jeudi.
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« Ils ont utilisé leur position d’autorité, quand [les abus] d’un des accusés ont pris fin, l’autre a embarqué », a confié au Journal une personne au fait du dossier, ayant requis l’anonymat.

Daniel Lacasse et Charles-Xavier Boislard, âgés de 43 ans, ainsi que Robert Luu, 31 ans, ont brièvement comparu jeudi à Montréal, à la suite de leur arrestation, la veille. Vêtus de leur tenue d’entraîneur, ils sont restés impassibles tout au long de l’audience.
Selon les mandats d’arrestations, Boislard est le premier à avoir abusé sexuellement d’une mineure, alors qu’il était en position d’autorité.
Dès 2008, il aurait incité une adolescente à des contacts sexuels, pour ensuite en commettre. Il l’aurait également exploitée et agressée sexuellement, et ce pendant deux ans.
Un après l’autre
Puis, quand les abus se sont terminés, c’est Lacasse qui serait arrivé dans le portrait. Profitant de la vulnérabilité de la jeune fille, le coach se serait adonné à des contacts sexuels sur elle, lui aussi pendant deux ans, jusqu’en 2012.
Selon le site web de l’école Saint-Laurent, situé dans l’arrondissement du même nom, Lacasse était responsable de l’équipe de basketball féminin juvénile.
- Écoutez l'entrevue de Sophie Durocher avec Elisabeth St-Pierre sur QUB radio :
À la suite de son arrestation jeudi, les policiers ont saisi du matériel informatique. Il n’est pas exclu que d’autres accusations soient déposées, une fois l’analyse complétée. Selon nos informations, il pourrait exister des images de certaines agressions.
Luu est pour sa part accusé d’incitation à des contacts sexuels, de contacts sexuels, ainsi que d’agression sexuelle sur une autre victime, entre 2014 et 2017.
« Il s’agit d’une victime vulnérable qui vivait dans un milieu défavorisé », a-t-il été expliqué au Journal.
Les trois entraîneurs ont été suspendus sans solde, a fait savoir le Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, ajoutant qu’une cellule de crise a été mise en place pour les élèves, les parents, mais aussi le personnel de l’école.
- Écoutez l’entrevue de Vicky Poirier, présidente et directrice générale d’ALIAS Ligne de signalement
Autres victimes recherchées
Des trois accusés, seul Boislard a pu être libéré sous diverses conditions qui l’empêcheront de communiquer avec la victime, de se trouver en présence de mineurs, et d’entrer en contact avec le personnel de l’école.
Lacasse et Luu resteront détenus jusqu’à ce qu’un juge puisse en décider autrement. Leurs problèmes ne font toutefois que commencer puisque l’enquête n’est pas terminée.
« Puisque de nombreuses mineures ont fait partie des équipes sportives auxquelles les trois hommes sont liés au fil des ans, les enquêteurs ont des raisons de croire que d’autres jeunes filles pourraient avoir été victimes de gestes similaires, et ce, de 2005 à ce jour », a indiqué la police de Montréal.
Toutes les personnes détenant des informations peuvent contacter les policiers au 514 280-8502 ou se rendre à leur poste de quartier.