Tous les résultats
Publicité

Et s'ils devenaient admissibles, les cinq anciens d'Équipe Canada junior recevraient-ils des offres d'équipes de la LNH?

Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2025-07-25T04:00:00Z

Partager

Maintenant que les cinq anciens joueurs d’Équipe Canada junior ont été déclarés non coupables d’agression sexuelle, quel est l’avenir dans la LNH pour Dillon Dubé, Carter Hart, Michael McLeod, Cal Foote et Alex Formenton?

Rappelons que Dubé et McLeod se sont exilés en Russie, dans la KHL, au cours des dernières saisons alors que Foote a passé la dernière campagne en Slovaquie. Le gardien Hart n’a quant à lui pas joué depuis qu’il a dû quitter les Flyers de Philadelphie en raison des accusations portées contre lui, tandis que Formenton aurait plutôt décidé de se tourner vers une carrière dans le monde de la construction.

Dans une déclaration publiée jeudi, la LNH assurait que les cinq joueurs demeuraient inadmissibles à réintégrer le circuit, ce à quoi l'Association des joueurs de la LNH s'oppose vivement. 

Le dossier risque de devenir un sujet de discorde entre les deux partis. Et si l'AJLNH gagnait son point et que les cinq joueurs redevenaient admissibles à jouer dans la LNH, est-ce qu’une équipe voudra réellement prendre le risque d’embaucher l’un des cinq hockeyeurs visés par le procès qui s’est conclu jeudi?

Publicité

«À moins qu’il y ait une super vedette dans le groupe, je pense qu’on va les mettre de côté. On ne veut pas avoir cette tache dans l’image sociale pour une famille qui vient regarder un match de hockey. De plus, la LNH veut continuer d’attirer des femmes à ses matchs. Même s’ils ont été reconnus non coupables, ce genre de cas laisse toujours un certain grincement de dents dans la population. Le standard juridique de ce que représente le consentement n’est pas nécessairement la perception que les gens en ont», mentionne le professeur à la faculté de droit de l’Université d’Ottawa Gilles Levasseur.

Aucun de ces cinq joueurs ne possédait l’étiquette de joueur vedette avant d’être appréhendé. Le gardien Carter Hart était peut-être celui qui se rapprochait le plus de ce statut, lui qui occupait le poste de gardien partant des Flyers. Rappelons que, techniquement, les cinq joueurs n’ont pas été suspendus par la LNH. Dubé, Hart, McLeod et Foote avaient toutefois tous quitté leur équipe lorsque les accusations avaient été déposées et leur contrat est, depuis, venu à échéance donc ils sont des agents libres. Dans le cas de Formenton, il était déjà sans contrat et était parti pour l’Europe.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Alexandre Dubé, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Publicité

Des exemples

Il existe des exemples de joueurs dans la LNH qui ont fait face à la justice et qui sont par la suite revenus. L’un des cas les plus populaires est celui de Craig McTavish, condamné à un an de prison en 1984 pour avoir happé à mort une femme de 26 ans alors qu’il était en état d’ébriété. Il avait raté la saison 1984-1985 puis était revenu au jeu par la suite.

Plus récemment, on peut aussi penser à Logan Mailloux, condamné à une amende en Suède pour avoir partagé des images d’une relation sexuelle avec une jeune femme sans son consentement. Le Canadien de Montréal avait décidé de le repêcher en première ronde, même si ce dernier avait demandé aux équipes de ne pas le repêcher. Le jeune défenseur avait ensuite travaillé afin de redorer son image et faire une différence positive dans la communauté, avant que la LNH ne lui donne le feu vert pour faire ses débuts dans le circuit.

Un dédommagement aux joueurs?

Les avocats de la Couronne auront maintenant 30 jours pour décider s’ils portent la décision de la juge Maria Carroccia en appel.

Si ce n’est pas fait, le professeur Levasseur croit que les équipes légales des cinq joueurs accusés pourraient tenter d’obtenir des dédommagements pour ce procès, qui pourrait bien avoir mis un terme à leur carrière de hockeyeur dans la LNH.

Une juge impartiale

Certes, la pression était énorme sur la juge Carroccia. Une pression qui n’a pas influencé sa décision, visiblement.

«Les juges font très attention d’être précis dans leur décision dans ce genre de procès médiatisé, puisque ce sont toujours des décisions qui seront suivies dans les procès futurs. Elle a pris tout le temps nécessaire pour s’assurer de ce qu’elle écrivait. Dans ce procès, les règles de droit l’ont emporté et on doit féliciter la juge d’avoir été capable de prendre la décision que le droit requiert, malgré la médiatisation de l’affaire.»

On a par la suite demandé à M. Levasseur si le résultat aurait pu être différent si le procès avait été tenu devant jury, comme c’était prévu.

S’il n’a pas voulu se lancer dans les scénarios hypothétiques, il confirme que le procès aurait été tenu de façon différente.

«Devant jury, on présente notre preuve différemment. Il faut aller chercher le côté émotif de ces gens. Quand on est devant un juge, on se retrouve devant des gens qui connaissent le tabac. Le procès devient un peu moins du théâtre que ce que ç’aurait été devant un jury.»

Publicité
Publicité