Les chefs syndicaux mitigés sur la première année de Bruno Marchand au pouvoir


Jean-Luc Lavallée
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En novembre 2021, les principaux syndicats de la Ville de Québec fondaient de grands espoirs sur le nouveau maire de Québec, Bruno Marchand. Ils avaient unanimement salué le changement de ton annoncé à l’Hôtel de Ville après des années difficiles sous l’ère Labeaume et une bataille sans merci qui a laissé des traces quant à l’avenir de leurs régimes de retraite.
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Un an plus tard, les avis sont partagés sur sa première année au pouvoir et son impact réel sur les relations de travail, à l’approche de la renégociation des conventions collectives en 2023. Certains n’ont absolument rien de négatif à dire, alors que d’autres souhaiteraient qu’il s’implique davantage pour solutionner certains dossiers qui s’éternisent.
«Il est proche de son monde», disent les cols bleus

Pour le président du syndicat des cols bleus, il ne fait aucun doute que Bruno Marchand a amené un vent de fraîcheur à la Ville de Québec. Même s’il n’y a pas eu de grands changements jusqu’à présent, tous les espoirs sont encore permis chez les employés manuels.
«Pour l’instant, c’est pas mal le statu quo. On n’a pas vu une vague arriver, mais à date, on ne peut pas rien dire de négatif. Attendons», confie Félix Lindsay, qui donne la chance au coureur de faire sa marque. «Il y a une culture qui était là avant et qui ne disparaîtra pas du jour au lendemain.»
Pour l’heure, il y a un grand respect et celui-ci semble réciproque. Les cols bleus ont apprécié que le maire prenne le temps de déjeuner avec eux. «Il y avait du monde qui faisait la queue pour lui parler. Ce n’est pas un showman, c’est un homme terre à terre. Il est proche de son monde, c’est sans équivoque. Je lui ai serré la main plusieurs fois.»
La présidente de la Fraternité des policiers plutôt amère et déçue

La présidente du syndicat des policiers, Martine Fortier, ne cache pas sa déception. Visée depuis 2021 par des recours de la Ville en réaction à ses sorties médiatiques sur le manque d’effectifs ou les ratés des systèmes de communication, elle espérait que le nouveau maire insuffle une nouvelle dynamique et mette un frein aux dépenses d’avocats.
«Autant il semblait accessible quand il était en tournée électorale, autant ça a été difficile d’avoir une première rencontre avec lui. Ça a duré 30 minutes et c’était très encadré. C’était plus pour nous expliquer qu’il ne comptait pas s’ingérer dans les relations de travail, mettre ses limites quant à sa disponibilité et son accessibilité.»
Le maire Marchand, dit-elle, est «bien intentionné», mais il n’a pas réussi en un an à mettre la «grosse machine» à sa main et à «mettre son pied à terre, comme il nous avait vendu qu’il allait le faire», se désole-t-elle.
Les enjeux de recrutement sont importants au Service de police de la Ville de Québec, souligne-t-elle, et la Ville devrait faire davantage d’efforts, selon elle, pour «garder son personnel heureux».
«Un excellent collaborateur», soulignent les pompiers

L’élection de Bruno Marchand à la mairie n’a pas changé grand-chose pour les pompiers de Québec. Le climat de travail dans les casernes et les relations avec l’employeur étaient déjà très bons, souligne le président de l’Association des pompiers professionnels de Québec, Alexandre Arturi. Le nouveau maire s’inscrit donc dans la continuité.
«Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, il a rencontré tous les syndicats. Je pense qu’il est un excellent collaborateur. Il est fier de ses employés, il veut continuer d’être fier et il va dans cette direction-là. La Ville a quand même fait des approches pour valoriser les employés auprès des citoyens, et c’est quelque chose qu’on apprécie beaucoup au niveau syndical», a confié M. Arturi en entrevue.
Les cols blancs veulent qu’il s’implique davantage

Les fonctionnaires municipaux saluent le discours «rafraîchissant» et «rassembleur» du maire sur la valorisation des employés depuis son élection. Mais au-delà des belles paroles, les gestes concrets se font toujours attendre, observe le représentant des cols blancs, Réal Pleau. La pénurie de main-d’œuvre affecte aussi la Ville et il y a «du mécontentement» au sein des troupes, soulève-t-il.
«Je pense qu’il a une bonne volonté, mais le message ne descend pas en bas [chez les cadres]. C’est ça le problème», opine-t-il. Le maire leur a fait comprendre qu’il ne veut pas se mêler des relations de travail, alors qu’il aurait intérêt à le faire, croit-il, pour dénouer l’impasse dans certains dossiers qui traînent.
«Ça fait un an qu’il est là. Il va falloir qu’il s’implique un peu plus au niveau des opérations. C’est quand même le patron de la Ville et je ne suis pas sûr qu’il a toujours l’heure juste», avance M. Pleau.
«J’ai une bonne relation avec lui [...], mais il va falloir qu’il se mêle un peu plus de la poutine des relations de travail, insiste-t-il. Quand il y a des choses qui traînent, je pense que c’est justifié.»
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