Tous les résultats
Publicité

Les chansons québécoises sur nos petits écrans

Photo portrait de Emmanuelle Plante

Emmanuelle Plante

2025-11-08T11:00:00Z

Partager

Les chansons expriment des émotions, nourrissent la nostalgie, nous transportent dans des univers. En cette fin de semaine de l’ADISQ, observons comment se gère l’intégration de chansons d’ici en fiction et quel en est l’impact. Réalisateurs, producteurs et monteurs y sont sensibles.

Jean-Marc Vallée en a fait sa signature. Idem pour Xavier Dolan dont les œuvres sont toutes teintées par la musique. Et Fabienne Larouche garde toujours un budget pour intégrer quelques chansons à ses productions.

«Il y avait une utilisation grandissante de chansons québécoises avant la pandémie, remarque Valérie Gauthier, gestionnaire de droits et contrats pour David Murphy et cie. Mais depuis 2 ou 3 ans, on observe un creux qui est attribuable aux problèmes de financement de l’audiovisuel.»

Josée-Anne Tremblay est consultante en synchronisation (musique sur images) et en libération de droits chez La négo. Elle est aussi agente de synchro auprès de l’étiquette hip-hop 7e ciel et a conçu un lexique pour l’APEM afin que tous les intervenants du milieu aient un langage commun. Elle encourage régulièrement les producteurs à souscrire au programme de bonification de la SODEC pour intégrer des chansons d’ici à leurs productions.

Ce travail demande une immense culture musicale pour faire des suggestions, offrir des options.

Publicité
Plus d’ouverture

«Je travaille souvent avec Passez Go. Leurs demandes reflètent tout à fait la tranche d’âge des créateurs. Pour Ils vécurent heureux, ils ont grandi avec Marjo et Céline Dion, et ils écoutent aussi Les Louanges. Chez Pamplemousse, il y avait ce désir d’utiliser la musique pour appuyer le propos de Veille sur moi et le niveau de vie des personnages. J’ai eu beaucoup de liberté pour faire des propositions.»

Getty Images
Getty Images

La musique instrumentale, les artistes qui chantent dans un français international ou ceux qui composent en anglais ont une petite longueur d’avance, selon Josée-Anne, qui réussit à placer du rap québécois sur certains projets.

«Les plateformes prennent plus de risques», observe-t-elle.

Le directeur général adjoint d’Editorial Avenue, Guillaume Lafrance, ne s’étonne pas de l’intérêt des réalisateurs et producteurs pour la chanson québécoise. Il remarque que le milieu musical y est davantage ouvert qu’il y a 20 ans.

«Quand on vendait encore des disques, certains artistes boudaient la télé. Maintenant, comme les plateformes génèrent beaucoup moins de revenus, les artistes sont plus enclins à donner leur accord [pour l’utilisation d’une chanson].»

Guillaume fait partie des éditeurs actifs qui s’affairent à proposer les titres de leur catalogue d’auteurs-compositeurs aux artisans de la télévision. Il peut négocier les licences de 2000 utilisations de chansons dans une année pour la télé, la pub ou le cinéma.

Publicité

«Des réalisateurs ont mon numéro. Il arrive qu’ils me demandent des suggestions pour rehausser le côté émotif ou soutenir une scène», souligne-t-il.

«Quand le réalisateur a une chanson en tête dès le début de la production, ça a une valeur, affirme Valérie Gauthier. Si elle accompagne un moment significatif du scénario, ce n’est pas comme un fond sonore. Le contexte dans lequel la chanson est utilisée a une incidence. La notoriété de l’artiste aussi. Et il faut se demander: est-ce pour le Québec, le Canada, le monde? Pour un réseau de télé ou une plateforme? Les droits sont-ils octroyés pour cinq ans ou à vie? Il n’existe pas de tarif préétabli. C’est à la pièce. On considère aussi le budget global de la production. Il y a chaque fois un équilibre à trouver.»

Il ne faut donc pas tenir pour acquis que l’utilisation d’une chanson est automatiquement hors de prix. On dit qu’ils peuvent varier entre 500$ et 20 000$. Aux États-Unis, un producteur peut payer jusqu’à 100 000$ pour la chanson d’une grosse pointure internationale.

Cela dit, «souvent, la musique arrive en postproduction alors qu’il ne reste plus d’argent. On renonce alors à la musique québécoise pour se tourner vers une librairie musicale», observe Valérie Gauthier, qui est aussi formatrice pour l’APEM et qui encourage l’utilisation de chansons d’ici.

L’impact

Guillaume Lafrance constate que l’impact d’une présence dans une série est bien réel.

Photo fournie par William Arcand
Photo fournie par William Arcand

Publicité

«Ça dépend de différents cas de figure. Une chanson d’Aliocha Schneider à la fin d’un épisode sur une image marquante où il y a une charge émotive a un impact.

«On voit l’impact quand un artiste devient the talk of the town. Les montants du streaming sont microscopiques, mais la visibilité que donne un journaliste qui en parle a une incidence pour attirer de nouveaux fans et vendre des billets de spectacles», affirme-t-il.

Les séries destinées à un public ados ou jeunes adultes s’avèrent de belles vitrines pour de nouveaux artistes.

«Les artistes émergents ont une façon différente de gérer leurs réseaux sociaux. On assiste à de la promotion croisée. Si un artiste rejoint 200 000 personnes sur Tik Tok, faire une publication est dans l’intérêt de la production», explique-t-il.

Quand un artiste voit une chanson apparaître dans une série vue à l’extérieur de notre pays, ses droits sont un revenu récurrent. C’est de l’argent frais pour le Québec. Le marché américain est toutefois dur à pénétrer.

Courtoisie Ryan Morey
Courtoisie Ryan Morey

«C’est un peu une loterie, tranche Guillaume Lafrance qui se souvient avoir géré les droits de Lhasa de Sela dans The Sopranos et qui reçoit toujours des demandes pour la défunte artiste. Tu te bats contre la planète.» Les grandes étiquettes comme EMI, Sony, BMG ou Universal sont les premiers appelés.

Publicité

Certaines productions offrent une visibilité supplémentaire en publiant une liste sur des plateformes comme Spotify. Une pratique de plus en plus fréquente pour les productions destinées aux jeunes adultes. Ça devient un outil de promotion tant pour la série que pour les artistes musicaux. C’est ce qui a été constaté avec la chanson Corbeau de Cœur de Pirate entendue dans The Summer I Turned Pretty sur Amazon Prime.

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

Protéger l’œuvre

«Certains artistes vont préférer faire un peu moins d’argent, quand ils peuvent se le permettre, pour protéger une chanson et ne pas la surexposer pour que l’on continue de l’aimer, explique Valérie Gauthier. C’est le cas de On va s’aimer encore de Vincent Vallières pour laquelle j’ai régulièrement des demandes. On l’a autorisé pour District 31 dans un des derniers épisodes. C’est un beau moment qui a rassemblé les gens devant leur télé. À l’inverse, d’autres artistes vont dire oui à tout. Il faut les retenir.»

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Publicité

Elle cite aussi un autre type de synergie en donnant l’exemple de Mentana (un groupe dans lequel on retrouve Viviane Audet et Robin-Joël Cool) qui a créé la musique de Temps de chien. Plusieurs des chansons se sont retrouvées sur leur album.

photo fournie par Karine Dufour photographe
photo fournie par Karine Dufour photographe

Chansons d’artistes québécois dans des séries américaines

Patrick Watson

photo fournie par Luca Troadec
photo fournie par Luca Troadec

The Great Escape dans Grey’s Anatomy

Noisy Sunday dans The Walking Dead

Broken dans The Good Doctor

Je te laisserai des mots dans The Summer I Turned Pretty

Prime video
Prime video

Cœur de Pirate

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

Publicité

Corbeau dans The Summer I Turned Pretty

Charlotte Cardin

Journal de Québec
Journal de Québec

Confetti dans Shrinking

Apple tv+
Apple tv+

Soran

Journal de Québec
Journal de Québec

Lalala dans Ginny & Gloria

Photo courtoisie
Photo courtoisie

Arcade Fire

Photo fournie par Danny Clinch
Photo fournie par Danny Clinch

Publicité

Cold Wind dans Six Feet Under

Photo fournie par HBO
Photo fournie par HBO

Alexandra Stréliski

Photo Pierre-Paul Poulin
Photo Pierre-Paul Poulin

Concerto in D Minor dans Sharp Objects

Photo fournie par HBO
Photo fournie par HBO

Martha Wainwright

TOMA ICZKOVITS
TOMA ICZKOVITS

Bloody Mother Fucking Asshole dans Big Little Lies

Publicité

Lhasa de Sela

© Agence QMI
© Agence QMI

De Cara a la Pared dans The Sopranos

Photo d’archives
Photo d’archives

Chansons québécoises dans des séries d’ici

Libre dès maintenant

Radio-Canada
Radio-Canada

Les soeurs Boulay: Fais-moi un show de boucane et Pirère

Klô Pelgag: Le bonheur d’Edelweiss

Ariane Roy, Thierry Larose, Lou-Adrianne Cassidy: Le Roy, la Rose et le Lou(p)

Photo fournie par Élisabeth Landry
Photo fournie par Élisabeth Landry

Claudia Bouvette: Highly Unrecommended

Publicité

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

Robert Robert et Hubert Lenoir: La nuit se plaindre

Elliot Maginot: Am I Here Now

Ils vécurent heureux

Eva Maude TC
Eva Maude TC

Marjo: Ailleurs

Photo Cédric Bélanger Cedric Belanger
Photo Cédric Bélanger Cedric Belanger

Céline Dion: Pour que tu m’aimes encore

Mario Pelchat: Pleure dans la pluie

Martine St-Clair: Ce soir l’amour est dans tes yeux

Veille sur moi

PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR RADIO-CANADA
PHOTO DANNY TAILLON FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Marjo: Chats sauvages

Vilains Pingouins: Marche seul

Publicité

Martin Deschamps: Quand

Sara Dufour: J’m’en va dans l’bois

Arielle Soucy: Soleil soleil (popularisée par Nana Mouskouri)

Photo de Karelle Goguen-Bancel fournie par Bonbonbon Records
Photo de Karelle Goguen-Bancel fournie par Bonbonbon Records

Doute raisonnable

Eric Myre
Eric Myre

Beyries: La promesse

Photo Ville de Pluie fournie par Audiogram
Photo Ville de Pluie fournie par Audiogram

Temps de chien

Radio-Canada
Radio-Canada

Mentana: Temps de chien (vent d’boutte)

Empathie

Photo LAURENCE GB
Photo LAURENCE GB

Publicité

Viviane Audet: Maria

Pierre Lapointe: Je déteste ma vie

PHOTO FOURNIE PAR ROY-TURNER
PHOTO FOURNIE PAR ROY-TURNER

Fanny Bloom: Rêver mieux (écrite par Daniel Bélanger)

Charlotte Cardin: Somebody First (écrite avec Aliocha Schneider)

Ingrid St-Pierre: Le paquebot

Plan B

PHOTO COURTOISIE Radio-Canada
PHOTO COURTOISIE Radio-Canada

Avec pas d’casque: L’amour passe à travers le linge

Le retour d’Anna Brodeur

Photo Marlene Gelineau-Payette fournie par Noovo
Photo Marlene Gelineau-Payette fournie par Noovo

Jimmy Hunt: Nos corps

District 31

Photo : Lawrence Arcouette / RA
Photo : Lawrence Arcouette / RA

Vincent Vallières: On va s’aimer encore

Publicité

Beyries: Maman

STAT

Radio-Canada
Radio-Canada

Cœur de Pirate: Corbeau

La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé

Photo fournie par Fred Gervais
Photo fournie par Fred Gervais

Robert Charlebois: Te v'la

Jean Leloup: Isabelle

Ginette Reno: Des croissants de soleil

Gabrielle Destroismaisons: Et Cetera 

Photo : Bruno Petrozza / TVA Pu
Photo : Bruno Petrozza / TVA Pu

M’entends-tu?

Photo d’archives
Photo d’archives

Les Hay Babies: J’ai vendu mon char

Les Trois Accords: Le bureau du médecin

Karim Ouellet: Trente

Mitsou: Dis-moi, dis-moi

Publicité

Étienne Coppée: Demain il fera beau

Photo courtoisie
Photo courtoisie

Unité 9

Photo : © Lawrence Arcouette / RADIO-CANADA
Photo : © Lawrence Arcouette / RADIO-CANADA

Beyries: Je pars à l’autre bout du monde (popularisée par Paul Daraîche)

Salomé Leclerc: La fin des saisons

Les beaux malaises

Photo d’archives
Photo d’archives

Mara Tremblay: Les aurores

Tire le coyote: Calfeutrer les failles

Les Colocs: Dehors novembre

Yann Perreau: Beau comme on s'aime

Éric Goulet: Comme un cave

Daniel Bélanger: Te quitter

Photo Agence QMI, SÉBASTIEN ST-JEAN
Photo Agence QMI, SÉBASTIEN ST-JEAN

Publicité
Publicité