Les centres de curling du Québec reçoivent jusqu’à deux fois plus d’appels: le scandale de tricherie aux JO en cause?

Maude Larin-Kieran
Partager
Plusieurs centres de curling de la province connaissent un fort engouement depuis la fin des Jeux olympiques, qui pourrait s’expliquer par le scandale de tricherie impliquant l’équipe masculine de curling en Italie.
• À lire aussi : Les 10 grands moments des Jeux pour les athlètes canadiens
• À lire aussi : Curling féminin : le Canada prend sa revanche sur les États-Unis et remporte le bronze
• À lire aussi : Le Canada remporte l’or au curling
C’est d’ailleurs le cas au centre de curling de Rosemère, où le téléphone sonne deux fois plus depuis la fin des Jeux olympiques.
« Si je recevais 15 à 20 appels avant, j’en reçois maintenant au moins 50 après les Jeux », affirme la présidente du club de curling de Rosemère, Lynn Norregaard.
Cet engouement ne la surprend pas, puisque le phénomène revient tous les quatre ans. Après les Jeux, l’intérêt explose, avant de redescendre progressivement l’année suivante.
Selon Mme Norregaard, ce n’est pas la médaille d’or remportée par l’équipe masculine de curling canadienne qui accentue le phénomène cette année. Il s’agirait plutôt du scandale de tricherie dans lequel l’équipe s’est trouvée impliquée lors de son match contre l’équipe suédoise.

Bien que les arbitres aient tranché en faveur du Canada, accusé d’avoir touché la pierre après qu’elle a franchi la ligne, un extrait où l’un des joueurs semble en faute a enflammé les réseaux sociaux.
« Que tu aimes le curling ou pas, c’était partout sur les réseaux sociaux, affirme-t-elle. Les gens sont encore plus curieux. »
Elle reconnaît néanmoins que ce comportement nuit à l’image du sport, qu’elle présente généralement comme un sport de « gentleman ».
Des cours d’initiation au curling
Pour répondre à la demande, le club de Rosemère a décidé d’augmenter son nombre de cours d’initiation. « On en ajoute en février, mars, avril, jusqu’à la fin de la saison », explique Mathieu Lavigne, qui s’occupe d’initier les nouveaux sportifs au curling.
Ces cours réunissent environ huit personnes, formant deux équipes de curling. Ils permettent d’apprendre les bases du sport et de s’entraîner, que ce soit pour le plaisir ou pour rejoindre éventuellement une ligue récréative ou compétitive.
« Tu ne peux pas simplement arriver dans une ligue sans avoir joué », explique-t-il, ajoutant que les nouveaux adeptes n’ont besoin d’aucun équipement pour s’initier.
« Tu arrives avec des souliers de course propres et on s’occupe du reste », précise l’adepte de curling.
Si certains clubs de curling connaissent un engouement plus important, le nombre d’adeptes augmente partout dans la province, selon la directrice générale de Curling Québec, Alanna Routledge.

Engouement chez les plus jeunes
La directrice générale de Curling Québec se réjouit de voir des clubs juniors naître partout dans la province, notamment à Rimouski qui compte désormais 12 membres dans son équipe. « Passer de 0 à 12, c’est énorme », soutient Mme Routledge.
Le club de curling de Valleyfield, qui reçoit des écoles dans ses installations chaque semaine, observe aussi une variation de l’intérêt des jeunes pour ce sport.
« Le groupe qu’on a eu mardi, c’était drôle, ils connaissaient tout. Ils avaient tous écouté les Jeux olympiques. Ils connaissaient tous les termes, ils faisaient de la stratégie et ils sont en cinquième année », explique la présidente du club de curling de Valleyfield, Linda Lessard.
Pour attirer la jeune clientèle, le club offre gratuitement des cours d’initiation le dimanche matin pour les jeunes.
Pendant la relâche, la Ville de Boucherville offrira aussi à ses résidents quatre séances gratuites d’initiation au curling, les 2 et 3 mars prochains.