Les Capitales champions trois fois de suite!


Stéphane Cadorette
Partager
Même quand le département des miracles semble vide, il y en a un autre. Les Capitales sont devenus les premiers de l’histoire de la Ligue Frontière à être sacrés champions trois années de suite grâce à un coup de circuit dramatique d’Anthony Quirion en toute fin de neuvième manche, qui a fait exploser le Stade Canac.
• À lire aussi: Les Capitales deviennent déjà les Yankees de la Ligue Frontière
Les Capitales l’ont emporté 7-6 face aux Wild Things de Washington dans l’hystérie la plus totale, devant une autre salle comble de 4287 partisans qui n’ont jamais cessé de hurler, même quand tous les espoirs semblaient perdus.
«Gagner trois championnats de suite, c’est remarquable. On va le célébrer pas mal, je pense. Et ne me parlez pas de quatre! On va fêter avant de parler de quatre!», a lancé le gérant Patrick Scalabrini avec le peu de voix qui lui restait, à travers les joueurs et partisans qui festoyaient sur le terrain.
De belles célébrations
Il fallait voir les joueurs sautiller comme des gamins en promenant le releveur Ryo Kohigashi en bedaine dans un panier d’épicerie avec son chapeau rose. Il fallait voir les yeux émerveillés du vice-président Charles Demers avec son bébé dans la coupe. Il fallait voir les cris se mélanger aux larmes, quand quelques minutes plus tôt, tout semblait anéanti.

Vous êtes libres d’y croire ou non. Il est normal de finir par se dire que c’est arrangé avec le gars des vues, mais le scénario de samedi soir rend tout ce qui s’écrit à Hollywood d’une platitude sans nom.
Les spécialistes des remontées improbables se sont surpassés. Les Capitales tiraient en effet de l’arrière par 6-1 en huitième manche. Ils ont ajouté un timide point avant de tout détruire en neuvième manche.
Avec les buts remplis, un mauvais lancer a d’abord permis de faire 6-3. Puis, un ballon sacrifice de Kyle Crowl a permis d’ajouter un point.
Quirion tranche

Le héros de la veille après un circuit victorieux, Quirion, s’est amené au bâton et a rapidement tiré de l’arrière dans le compte. À une petite prise de voir le match prendre fin, il a catapulté la balle de l’autre côté de la clôture et c’en était fait des Wild Things, tandis que les feux d’artifice illuminaient le ciel de Québec.
«Je n’ai même pas encore repris mon souffle. C’était un match incroyable. Tout le monde parle de la magie du stade, mais un moment donné en huitième, on se demandait elle était où la magie», a souri Quirion, décoré du titre de joueur le plus utile pendant que ses coéquipiers le noyaient dans le champagne.
«Je savais que j’allais avoir une balle rapide. Il (le releveur Kim Gyenongjiu) m’a eu avec la première. Il m’a battu avec la deuxième. Il en a essayé une autre et celle-là, je ne l’ai pas manquée. C’est de loin mon plus gros coup sûr en carrière. Ça passe en avant de tout», a-t-il continué, la voix éraillée.
Un grand moment

Scalabrini, qui signait un huitième championnat comme gérant, a décrété qu’il s’agissait «absolument» de son plus émotif.
«Après les dernières années, on ne croyait plus qu’on pouvait surpasser les moments de magie qui sont arrivés. Soyons honnêtes, on n’était complètement pas dans ce match-là pendant toute la rencontre. On avait un mini peu de vie encore et Anthony Quirion... Ça n’a juste pas de bon sens le sang-froid qu’il a démontré! Ça ne pourra pas être surpassé, je ne peux pas croire. On était à une prise d’être complètement morts», a-t-il réagi, incrédule.
«Ils ne nous ont pas vu venir pantoute. Quand la balle est sortie, ça m’a pris quelques secondes pour réaliser qu’on venait de gagner. C’est miraculeux», s’est-il extasié.
Le leadership de Quirion

Pendant sept longues manches, le partant des Wild Things Zach Kirby n’a donné que trois coups sûrs aux Capitales. Pendant ce temps, Harley Gollert se faisait malmener en concédant six points et deux coups de circuit. Mais le refrain est connu à Québec, les Capitales ne sont jamais morts.
«On n’abandonne jamais. C’est pourquoi au baseball on joue neuf manches. Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini. J’aime cette équipe, on croit toujours en nous et si quelqu’un dans cet abri a donné l’exemple en nous disant de ne pas lâcher, c’est Anthony Quirion», a louangé Tommy Seidl.
Les Capitales ont remporté leurs 12 derniers matchs de séries au Stade Canac, dans des conditions bien souvent rocambolesques.
Samedi soir, ils ont signé leur troisième championnat de manière tellement magique que ce sera impossible à recréer. Jusqu’à la prochaine fois...