Tous les résultats
Publicité

Repêchage LNH: un Québécois pourrait être le premier à marquer 50 buts à 17 ans dans la LHJMQ depuis Sidney Crosby

Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2024-02-29T05:00:00Z

Partager

Devenir le premier joueur de 17 ans dans la LHJMQ à marquer 50 buts depuis Sidney Crosby en 2004-2005. Terminer au premier rang des buteurs du junior majeur québécois l’année de son repêchage, ce qui n’a pas été réussi depuis Anthony Mantha en 2012-2013. Voilà le genre d’exploits dans la mire de Justin Poirier avec 41 buts au compteur et 14 matchs à jouer avec le Drakkar de Baie-Comeau.

 • À lire aussi: Le Drakkar est dur à battre à la maison

• À lire aussi: Repêchage LNH: Macklin Celebrini au sommet, deux Québécois classés en première ronde

Avec la saison qu’il connaît, imaginez sa surprise et celle de son entourage lorsqu’on ne lui a pas tendu une invitation pour participer au match des meilleurs espoirs de la Ligue canadienne de hockey.

«On trouvait ça un peu... je cherche le bon mot, hésite l’entraîneur-chef du Drakkar, Jean-François Grégoire, au bout du téléphone. Disons, surprenant. On était surpris.»

«C’est quand même une bonne claque dans la face, admet de son côté le principal intéressé, parce que je pensais que j’avais ma place.»

C’est un refrain connu: Poirier est trop petit à 5 pieds 8 pouces. Le frère de Jérémie Poirier, défenseur et espoir des Flames de Calgary, ne figure ainsi qu’au 73e rang du classement nord-américain de la Centrale de recrutement de la LNH. Il risque de glisser jusqu’au troisième, voire au quatrième tour.

Publicité

Si des recruteurs et des équipes décident de lever le nez sur un joueur de ce gabarit, il y a là, possiblement, un pari à prendre pour le Canadien sur un produit local.

«J’ai parlé aux recruteurs du Canadien à quelques reprises cette saison, dont récemment lors d’un passage à Drummondville», mentionne Poirier, qui dit s’inspirer d’Alex DeBrincat et, évidemment, de Cole Caufield, un «de mes joueurs préférés au sein de l’équipe de mon enfance».

Ce qui distingue Poirier des autres joueurs de son gabarit ayant empilé les points dans le junior, c’est sa carrure. Le franc-tireur fait osciller l’aiguille du pèse-personne à 190 lb. Il fréquente le gymnase depuis déjà belle lurette.

«Il n’est pas frêle, il est trapu, souligne Grégoire. Physiquement, il est fort, c’est peut-être pour ça qu’il a un aussi bon tir. Sur papier, on parle beaucoup de sa grandeur, mais sur la glace, il ne joue pas petit. Ça ne devrait pas être un facteur. Encore là, je suis conscient que ça pourrait l’être au repêchage... mais ça ne devrait pas.

«Je pense que les équipes qui ont donné la chance à des joueurs comme DeBrincat et Caufield... ç’a été payant pour elles.» 

Avec son bas centre de gravité et sa puissance, Poirier peut surprendre dans les coins de patinoire.

«Depuis que je suis pee-wee, je savais que je serais un petit joueur, explique le marqueur né. Avoir une bonne musculature, c’est important pour moi. Je savais que je devais être solide. Ça paraît beaucoup, 190 lb, pour un joueur de ma taille, mais il y a beaucoup de masse musculaire là-dedans. Parfois, les joueurs pensent pouvoir facilement me renverser, mais ils frappent un mur.»

Publicité

L’influence du grand frère 

Justin n’est pas sans savoir que son frère Jérémie avait glissé au troisième tour du repêchage malgré des statistiques offensives impressionnantes. C’est un sort qui pourrait également l’attendre, malheureusement.

«C’est un défenseur offensif et moi, un attaquant offensif. Il s’est toujours fait reprocher son jeu défensif, rappelle Justin Poirier. Moi, c’est mon jeu défensif et ma grandeur qui reviennent dans les critiques. Jérémie est passé par toutes ces choses-là, les commentaires un peu haineux de ce genre-là. On s’en sert comme source de motivation.»

Justin doit beaucoup à son grand frère. C’est Jérémie qui lui a transmis la passion du hockey et Jérémie, aussi, qui a été un important confident quand il a appris qu’il ne participerait pas au match des meilleurs espoirs.

«Il m’a donné des exemples de joueurs qui n’y sont jamais allés et des exemples de joueurs qui se sont présentés à ce match et qui n’ont même pas été repêchés, raconte le jeune attaquant. J’ai aussi discuté beaucoup avec mon agent, puisque je suis dans la même agence que Jordan Dumais. Dumais, 140 points l’an passé! Il n’est jamais allé à ce match et il se faisait reprocher les mêmes choses que moi. Il a été repêché au troisième tour et il a déjà signé son contrat d’entrée.»

«C’est rien qu’une game, fait valoir Jean-François Grégoire. On a pris le temps de discuter avec lui, de comprendre sa déception et d’amener des éléments positifs. C’est une belle reconnaissance, une belle tape dans le dos [le match des meilleurs espoirs], mais ce n’est pas plus que ça.»

Publicité

Si Poirier dit aujourd’hui être passé à autre chose, il avoue que cette drôle de décision le tenaillait encore au retour des Fêtes.

«J’essayais peut-être de trop en faire pour prouver que, t’sais, j’avais ma place là-bas, confie-t-il. J’ai réalisé que je n’ai aucun contrôle sur la décision, alors je suis revenu à la base et j’ai joué ma game normale.»

L’idée d’avoir le dernier mot dans cette histoire n’occupe peut-être plus autant d’espace dans l’esprit de Poirier. N’empêche, atteindre la marque des 50 buts et remporter le trophée Mario-Lemieux à la première année d'existence de ce trophée lancerait tout un message.

«Gagner ce trophée-là serait vraiment incroyable, reconnaît-il. Et le chiffre 50, c’est sûr que c’est un méchant beau chiffre. Quand tu entends partout que c’est Crosby le dernier à y être parvenu et que tu as la possibilité de le faire...»

En vrac 

Poirier est gardien de but au dek hockey l'été : «Jusqu’à quasiment pee-wee et bantam, je me suis demandé si je ne voulais pas aller dans les buts. Quand j’ai su que le dek hockey était une option pour s’amuser à cette position, je me suis lancé là-dedans. Souvent, je jouais dans les buts avec mon frère à l’époque. On faisait des un contre un.»

Publicité
Publicité