Les marchés mondiaux avancent prudemment jeudi, dans un contexte d’incertitude marquée au Moyen-Orient après de nouveaux bombardements américains, et de resserrement monétaire attendu en Europe.
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Sur les marchés d’actions, « le conflit non résolu au Moyen-Orient et une baisse générale de l’appétit pour le risque des investiss
eurs, sur fond de hausse des rendements, ont fait disparaître l’élan encore perceptible il y a deux semaines », note Jochen Stanzl, chez CMC Markets.
En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,17 %, Londres 0,34 % et Milan 0,45 %, quand Francfort reculait de 0,02 %.
Sur les marchés d’actions asiatiques, l’humeur est également prudente dans la foulée d’un nouveau repli des valeurs de la tech mercredi à Wall Street.
L’indice vedette Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé quasi à l’équilibre (+0,06 %). À la Bourse de Séoul, l’indice Kospi a pris 0,43 %. L’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong cédait 0,63 % dans les derniers échanges.
Le regain de tensions au Moyen-Orient plafonne les gains des places européennes et asiatiques, particulièrement sensibles au coût de l’énergie.
Les États-Unis ont mené jeudi à l’aube de nouveaux bombardements contre l’Iran, qui a annoncé des ripostes contre des bases militaires au Koweït et à Bahreïn et promis de prendre pour cible tous les navires s’aventurant dans le détroit d’Ormuz.
Les États-Unis et l’Iran s’étaient déjà mutuellement attaqués dans la nuit de mardi à mercredi, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril après plus de cinq semaines de bombardements.
« Les investisseurs sont donc de plus en plus pessimistes quant à la possibilité qu’un accord soit conclu prochainement ou que le détroit d’Ormuz soit rouvert », résume Jim Reid, économiste pour la Deustche Bank.
Dans ce contexte, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, se stabilisait à 93,19 dollars le baril (+0,10 %) après avoir progressé la veille. Le WTI, son équivalent américain, prenait 0,30 % à 90,30 dollars.
Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, ces niveaux de prix indiquent cependant « que les investisseurs sont préoccupés, mais pas terrifiés ».
La BCE attendue
En parallèle, l’attention du marché devrait se porter jeudi sur la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait être la première parmi ses grandes homologues dans le monde à relever ses taux pour répondre à l’inflation liée au conflit au Moyen-Orient, au risque de pénaliser une économie déjà essoufflée.
L’inflation est repartie à la hausse pour atteindre 3,2 % en mai dans la zone euro, nettement au-dessus de la cible de 2 % fixée par l’institution.
Si la BCE relève ses taux jeudi, « cela ne devrait surprendre personne ni provoquer de fortes réactions sur les marchés », estime Jochen Stanzl.
L’attention se portera surtout sur l’évaluation que fera la présidente de la BCE, Christine Lagarde, de la trajectoire monétaire pour le reste de l’année. Pour l’instant, il est plus probable que l’institution continue d’adapter sa politique en fonction des données.
« Tout écart par rapport à cette approche pourrait entraîner une nouvelle volatilité sur les marchés financiers européens », conclut M. Stanzl.
Vers 7 h 30 GMT, l’euro prenait 0,13 % face au billet vert, à 1,1550 dollar pour un euro.
Du côté du marché obligataire, le Bund allemand affichait jeudi matin un rendement de 3,07 %, comme la veille en clôture.
Compte à rebours pour SpaceX
« L’attention du monde entier va désormais se tourner vers ce qui pourrait devenir la plus grande introduction en Bourse de l’histoire », souligne Ipek Ozkardeskaya.
Comme c’est la coutume, pour parer à un imprévu, la date de vendredi ne sera officialisée que jeudi en fin de journée, mais Wall Street retient déjà son souffle depuis plusieurs jours.
Tout indique qu’Elon Musk a réussi son pari de lever 75 milliards de dollars pour son groupe aérospatial, soit le triple de la plus importante entrée en Bourse de l’histoire, celle du pétrolier Saudi Aramco en 2019.
« Compte tenu de la taille de l’IPO et de l’appétit des investisseurs, la demande sera bien présente », estime Mme Ozkardeskaya.
