Les baisers des journalistes chinois et l’espionnage canadien
Que des journalistes chinois soufflent des baisers à leurs athlètes, je trouve ça fascinant.


Jean-Nicolas Blanchet
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Peut-être que je le suis seul à ne pas en revenir. Mais que des journalistes chinois soufflent des baisers à leurs athlètes, je trouve ça fascinant.
Pas que c’était si imprévisible. Mais de le voir de mes yeux, c’était spécial.
J’étais assis tout près de ces journalistes lors de la cérémonie d’ouverture. On ne parlait malheureusement pas une langue commune pour que je leur pose des questions là-dessus. Ils avaient l’air très gentils.
Mais quand les athlètes de la délégation chinoise sont passés devant eux, ces journalistes ont viré complètement hystériques.
Ils se sont mis à crier, à saluer et à envoyer des baisers aux athlètes. Ils prenaient des égoportraits (je l’ai fait aussi quand j’ai vu Nadal sur la scène). Ils ont même couru en bas de l’estrade pour essayer de leur taper dans la main en hurlant comme ma grande sœur en 1996 quand elle est allée voir les Backstreet boys au Colisée de Québec.
On peut comprendre
Il n’y a pas seulement les journalistes chinois qui ont agi de la sorte. Dans une moindre mesure, d’autres médias de pays, je dirais, différents, ont chaudement acclamé leurs athlètes.
Ce n’est pas un scandale et je ne veux surtout pas jouer au professeur de journalisme.
On le comprend bien que les journalistes encouragent leurs athlètes. Ce sera un peu plate à suivre sinon. Juste, peut-être pas aussi intensément qu’un fan club.
Par contre, ce qu’il y a génial avec les médias des pays qui peuvent encore faire du journalisme au lieu du cheerleading, c’est que si c’est le temps de critiquer et donner l’heure juste, ils vont le faire.
Du journalisme sportif
Tous les médias canadiens ont démoli le personnel d’entraîneurs de Canada Soccer après l’espionnage. Plusieurs médias ont fouillé. TSN a réussi, avec une enquête journaliste brillante, à sortir la vérité qui était cachée. Ç’a mené au départ de celle qui dirigeait l’équipe, Bev Priestman.
C’est pour ça que ça existe, que ça doit survivre le journalisme dans le sport et que des journalistes résistent à toujours flatter dans le sens du poil les organisations sportives adulées. Ce serait plus simple, mais vous ne sauriez pas tout.
Si la même histoire était arrivée avec des entraîneurs d’un pays où le journalisme n’existe presque plus, je ne crois pas que les médias auraient pu faire le même boulot que ce qui a été fait au Canada.