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Les aventures ennuyantes du rouquin-coquin

AFP
Photo portrait de Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté

2023-01-11T16:30:24Z

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Apparemment, la planète entière se passionne pour la vie graveleuse de Harry, le rouquin-coquin de la couronne britannique.

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Toujours à la recherche de visibilité et désireux d’empiler million sur million, il vient donc de publier un bouquin où il dit tout de son existence, et cela, après avoir réalisé une série Netflix où il lave son linge sale en public.

Dans le registre des confessions lubriques, on peut y apprendre les circonstances de son dépucelage. 

Chanceux que nous sommes, nous voici invités à savoir de quelle manière, et dans quelle position, monsieur le petit duc aurait pu attraper des morpions. 

Harry

Nous apprenons aussi que ce dur de dur s’est déjà poudré le nez pour fuir mentalement sa détresse existentielle, ce dont on se doutait, et qu’il fut un vaillant guerrier en Afghanistan, en abattant plus de deux douzaines de talibans.

Le petit prince malheureux, qui nous raconte jusqu’à l’engelure de la partie la plus intime de son anatomie.

PAS-SION-NANT. 

Harry n’aime rien tant que se plaindre du harcèlement de la presse people à son endroit, alors qu’il a fait le choix de transformer sa vie en tabloïd géant.

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Étrange personnage, qui ne cesse de se plaindre de l’institution qui lui a pourtant permis de devenir autre chose qu’un individu interchangeable parmi d’autres de sa génération. C’est l’ingratitude typique des enfants trop choyés.

Et que dire de sa douce moitié, qui semble l’avoir converti à la wokerie dominante ?

Sa vie, telle qu’il nous la présente, est d’abord le spectacle navrant d’un enfant gâté qui se roule dans la fange et demande ensuite qu’on le plaigne.  

Mais, bonne nouvelle, on apprenait dans Le Journal que les Québécois, pour le dire poliment, se contrefichent des aventures du rouquin-coquin. La publication de son livre suscite chez nous une souveraine indifférence – on me pardonnera le jeu de mots. 

Les Québécois regardent cette histoire, lèvent un sourcil, puis passent à autre chose. Ils ne vivent pas à son rythme, et n’en comprennent d’ailleurs pas tous les codes. 

Il y a là quelque chose de rassurant sur notre capacité passive, mais bien réelle à résister à cette propagande planétaire qui entend capter notre imagination avec une histoire qui n’est pas la nôtre. 

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Car ce système est d’une puissance exceptionnelle. Il colonise mentalement le monde occidental, en recyclant les derniers restes symboliques de la couronne britannique, pour nous les resservir sur le mode du showbiz planétaire. 

Médiocrité

On touche là quelque chose d’important.

L’être humain a besoin d’admirer. Il a besoin de figures plus grandes que nature pour les admirer, en reconnaissant chez elles des vertus incarnées.

Le star-system dévoie ce désir, cette aspiration, et nous pousse plutôt à cultiver l’envie, la jalousie, le désir d’une célébrité gratuite, de l’argent facile, d’une vie faite de frasques médiocres qu’il faudrait à tout prix publiciser sur Instagram.

On voudrait admirer des héros, on ne nous propose que des zéros.

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