Les adieux de Rafael Nadal: préparez-vous au plus émouvant des Roland-Garros
Déjà, à l'entraînement cette semaine, 6000 spectateurs sont venus assister à ce qui devrait être le dernier tour de piste à Paris du roi de la terre battue.


Jessica Lapinski
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On l'a vu 14 fois allongé sur cette terre dont il est le roi, le sourire du grand vainqueur aux lèvres, un dimanche de juin, pour célébrer un sacre à Roland-Garros. Cette année, on ignore ce que cette possible dernière quinzaine à Paris réserve à Rafael Nadal. Une seule chose est certaine: elle s'annonce émouvante.
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Les «adieux» que lui ont fait ses admirateurs dans son Espagne natale, à Madrid, le mois dernier, était une mise en bouche de ce qui nous attend à la porte d'Auteuil, à compter de lundi.
Le fait que des milliers de spectateurs ont assisté à son entraînement, lundi dernier, laisse présager des «au revoir» touchants envers celui qui, au fil des 19 dernières années, n'a perdu que trois de ses 115 matchs sur l'ocre parisien.
Vidéo de Rafa lors de son premier entraînement sur le Central de Roland/Garros !
— Nadal_France 2️⃣2️⃣ 🏆 (@Nadal_Fr) May 20, 2024
(Via @rolandgarros) #VamosRafa 💪🏼🎾🇪🇸pic.twitter.com/mxf2J9nJ9t
On utilise les guillemets ici, car Nadal n'a jamais confirmé, du haut de ses presque 38 ans et de son corps meurtri, que cette saison serait bel et bien son ultime sur le circuit. Même si, à la lumière de ses pépins physiques, on s'en doute bien.
Pas plus qu'il n'avait confirmé, en journée vendredi, que sa forme lui permettrait de fouler le terrain lundi, pour y affronter la quatrième tête de série, Alexander Zverev.
Beaucoup de questions
Zverev, oui. Car le tirage au sort a réservé la pire des surprises aux fans (et aux organisateurs), jeudi: un rendez-vous entre Nadal – chuté au 276e rang en raison de sa longue absence l'an dernier – et l'une des grandes têtes dès la ronde initiale.
Et non seulement l'Allemand est-il en grande forme présentement, mais il avait aussi donné du fil à retordre à l'Espagnol, il y a deux ans, avant de subir une horrible entorse à une cheville.
Mais ne misez pas sur Zverev pour miser contre Nadal dans son royaume. Ni sur aucun de ses autres potentiels adversaires, qui ont été bombardés de questions sur le roi, vendredi.

«Pas de problème. C'est normal», a d'ailleurs répondu le Russe Daniil Medvedev, qui a trouvé l'Espagnol «très bon» à l'entraînement cette semaine. «ll semblait bien mieux que ce que j'avais vu de lui à Rome ou à Madrid.»
Il a cru à une blague
Zverev, lui, croyait à la blague quand il a su que ce serait lui qui affronterait l'homme aux 22 titres du Grand Chelem dès son premier match.
«Je pense qu'il sera à son meilleur. Je l'espère, même, a-t-il dit aux journalistes présents à Paris. Il arrive à Roland-Garros sans avoir gagné Monte-Carlo, Rome ou Madrid, mais c'est déjà arrivé par le passé.»
«On se disait alors qu'il n'avait pas assez joué et pourtant, il dominait tout le monde [une fois à la porte d'Auteuil].»
Comme un taureau blessé
Comme les taureaux qui ont inspiré son surnom, Nadal a su vaincre même blessé au fil de sa longue carrière. Son dernier titre à Paris, il y a deux ans, en est l'ultime preuve: c'est sur un pied complètement gelé qu'il a remporté son 14e Roland-Garros.

«Rafa» pourra-t-il déjouer tous les pronostics et rééditer pareil exploit dans les deux prochaines semaines, pour le plus beau des au revoir?
Ou les potentiels adieux à celui qui a dominé de façon hors-norme sur cette terre battue prendront-ils les allures d'un pansement qu'on arrache très vite, pour éviter de souffrir trop longtemps?
La réponse dès lundi... si Nadal le veut bien.