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Les folles 24 dernières heures d'un golfeur qu'on n'attendait pas au Tournoi des Maîtres à Augusta

Le golfeur de 22 ans a remporté l'Omnium du Texas au terme d'une palpitante ronde finale

Photo AFP
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2024-04-08T23:30:00Z
2024-04-09T00:00:00Z

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AUGUSTA | S’il y a un golfeur qui peut bien comprendre le tourbillon dans lequel virevolte Akshay Bhatia, c’est bien le Canadien Corey Conners. Vainqueur de l’Omnium du Texas en 2019, le Canadien s’eétait présenté à toute vitesse et à la dernière seconde à Augusta. Champion au même endroit dimanche soir, Bhathia a fait pareil, mais dans des circonstances différentes.

À l’aube de la ronde finale, il menait par une avance quasi insurmontable. Mais voilà que Denny McCarthy l’a rattrapé grâce à une magistrale ronde finale magistrale de 63 (-9) en orchestrant une remontée avec huit oiselets sur le retour. McCarthy accusait six coups de retard en se présentant sur le tertre du 10e.

Mais Bhatia a survécu même s’il s’est déboîté l’épaule en célébrant un roulé d’une dizaine de pieds au 72e trou qui a forcé la prolongation contre l’Américain. Il l’a remporté au terme d’un véritable rallye.

Le golfeur de 22 ans arrivé chez les pros en 2019 a signé sa deuxième victoire sur le circuit de la PGA et du même coup, il a mérité son billet vers Augusta. Un branle-bas de combat logistique a suivi afin qu’il puisse se rendre en Géorgie dans la nuit et qu’il ait un hébergement. Ce qui n’est pas une mince tâche quand la ville est prise d’assaut par des centaines de milliers de visiteurs qui ont préparé depuis longtemps leur pèlerinage.

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La tradition à l'Omnium du Texas veut que le champion enfile des bottes de cowboys.
La tradition à l'Omnium du Texas veut que le champion enfile des bottes de cowboys. Photo AFP

Et hop dans l’avion

Il n’a évidemment pas pu complètement savourer son moment au Texas. Un commanditaire a affrété en vitesse un avion à San Antonio pour l’amener en Géorgie.

«Tout était prêt et je n’ai pas eu à m’en soucier. C’était vraiment plaisant. Nous sommes arrivés à Augusta en fin de soirée. Ce matin (hier), j’ai tenté d’aligner les heures de sommeil, mais avec l’adrénaline, ce n’était pas facile. J’ai fini par me présenter aux portes du Augusta National autour de 14h, a-t-il raconté, les traits tirés par 18 folles heures.

«Je ne suis pas venu à Augusta depuis plusieurs années et je n’ai jamais participé à ce tournoi. À première vue, c’est vraiment incroyable. Je vais devoir faire mes leçons et apprendre beaucoup jusqu’à jeudi.»

En fait, Bhatia, d’origine indienne, est venu jouer avec un membre en 2019 ou 2020, a-t-il raconté.

Premier de classe

Mais surtout, il a participé l’édition 2014 du concours d’habiletés des juniors au Drive, Chip and Putt en terminant au 6e rang chez les garçons de 12-13 ans. 

En 2014, Akshay Bhatia avait participé à la finale du concours d'habiletés junior du Augusta National nommé Drive, Chip and Putt.
En 2014, Akshay Bhatia avait participé à la finale du concours d'habiletés junior du Augusta National nommé Drive, Chip and Putt. Photo AFP

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«Tout le monde souhaite venir au Augusta National, mais d’y aller pour la première fois comme gamin et jouer le concours, c’est surréaliste. On ne réalise pas la chance qu’on a, a-t-il expliqué.

«On frappe des balles dans le champ de pratique, on faire des roulés sur le vert du 18e, c’est incroyable, a-t-il ajouté. Je me souviens très bien d’avoir réussi ce roulé au 18e avec mes pantalons « baggy». Heureusement, mon style vestimentaire a changé!»

Il est le premier finaliste du concours à participer au Masters. Du même coup, il s’agit de sa première présence dans un tournoi du Grand Chelem. Il a évidemment grandi depuis 10 ans, mais visiblement, il n'a pas pris de poids! Il mesure maintenant 6 pi 1 po et pèse... 130 livres. Avec le mauvais temps annoncé jeudi, la pluie, le vent et les fortes rafales, il devra faire gaffe pour ne pas s'envoler!

Un autre rêve

Cette semaine, Bhatia vit un peu de nostalgie en descendant Magnolia Lane. Même allée menant au magnifique pavillon blanc, toutefois sans ses jeunes «potes» émerveillés de 2014 à ses côtés. Il joue maintenant dans la cour des grands. À son arrivée lundi, il avait les yeux aussi ronds que des pièces de deux dollars. 

Il compte maintenant écrire un nouveau chapitre de son histoire. En espérant que son épaule, déjà amochée par la célébration du Texas et dans un furieux match de pickelball il y a quelques années, tienne le coup jusqu’au bout.

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