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Les 12 travaux de l’AMF

Le gendarme québécois des marchés financiers a de nombreux projets en banque

Louis Morisset dirige l’AMF depuis 8 ans et veut mieux faire connaître le rôle que peut jouer l’organisme pour les Québécois.
Louis Morisset dirige l’AMF depuis 8 ans et veut mieux faire connaître le rôle que peut jouer l’organisme pour les Québécois. Photo courtoisie, Laetitia photographe
Photo portrait de Julien McEvoy

Julien McEvoy

2021-07-10T04:00:00Z

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Afin de mieux encadrer l’industrie des services financiers et de bien protéger les Québécois, l’Autorité des marchés financiers (AMF) doit être capable « de se revirer sur un 10 cennes », plaide son PDG. Et c’est exactement ce qu’elle a fait au cours des 12 derniers mois, selon Louis Morisset. Entrevue.

« En février 2020, on voguait sur des marchés fantastiques et on atteignait des sommets. Un mois plus tard, la pandémie commence, les marchés sont en chute libre. Les risques ont changé du jour au lendemain », illustre l’avocat de formation qui est à la tête de l’AMF depuis 8 ans.

Afin de bien répondre aux inquiétudes des consommateurs, il fallait donc être prêt. « On n’a pas le choix. On doit être capable de se mobiliser rapidement. C’est ça, l’agilité, et on a mis beaucoup d’efforts là-dessus depuis quelques années », assure-t-il.

L’AMF bientôt sur TikTok

En plus du plan stratégique pour la période 2021-2025 lancé en mai dernier, l’AMF a annoncé récemment ses priorités pour la prochaine année. Au menu : améliorer le traitement des plaintes, augmenter la protection des aînés et... faire son entrée sur TikTok. 

« On veut rehausser la crypto littéracie des Québécois et des jeunes en particulier », lance Louis Morisset, père de quatre enfants dont le plus vieux a 15 ans. C’est quand son aîné lui a montré les résultats de recherche pour le terme « crypto » sur TikTok que le PDG a eu l’idée de « faire une incursion [sur les réseaux sociaux] pour rejoindre les jeunes ». 

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« On veut qu’à travers deux-trois vidéos qui font la promotion des crypto actifs, on retrouve la nôtre qui dit “faites hyper attention” », explique-t-il, que ce soit sur YouTube, TikTok ou ailleurs.

Le Journal a fait état de quelques fraudes où Snapchat et YouTube, entre autres, ont été utilisés dans les derniers mois, notamment dans l’affaire de la cryptomonnaie MRS ou des fraudeurs d’Impero Solutions. 

« Pour chaque jeune qui va faire de l’argent avec les cryptos, il y en a un autre qui va perdre sa chemise », pense Louis Morisset.

L’âge d’or et les plaintes

L’AMF veut aussi donner plus d’outils aux personnes âgées afin qu’elles soient mieux protégées contre la fraude et la maltraitance. L’organisme souhaite publier un projet de règlement à l’automne qui, en fin de compte, donnerait « carte blanche aux intervenants de l’industrie des services financiers pour s’interposer quand ils flairent de la maltraitance ». 

« Ils pourraient ainsi être autorisés à bloquer temporairement des transactions s’ils ont l’impression qu’elles sont non profitables ou carrément mauvaises », explique le patron de l’AMF. 

Et on part de loin, dit-il en évoquant les textos frauduleux en provenance de Revenu Canada sur lesquels « plein de personnes âgées ont cliqué » au cours des derniers mois. 

L’AMF planche aussi sur un règlement afin d’uniformiser le traitement des plaintes d’une institution financière à l’autre. « Il y a de meilleurs joueurs que d’autres dans l’industrie. Les plaintes viennent souvent des mêmes institutions ou des mêmes secteurs d’activités », avance Louis Morisset, sans donner plus de détails. 

L’an dernier, l’AMF a reçu plus de 100 000 appels et demandes d’assistance, dont 20 000 à 25 000 de la part de consommateurs. De ce nombre, 1500 ont donné lieu à une plainte formelle, un nombre record. 

« On parle d’une année record dans une année difficile », dit le PDG, qui veut publiciser davantage le « rôle méconnu » de l’AMF dans le traitement des différends entre consommateurs et assureurs, banques ou autres.

L’AMF EN BREF

100 000 appels et demandes en 2020

1500 plaintes (un record)

83 personnes et sociétés ont été sanctionnées en 2019-2020

17,6 M$ d'amendes et de pénalités imposés en 2019-2020

1,3 M$ restitués aux victimes en 2019-2020

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