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«Lemieux était un agitateur comme je n’en ai jamais vu dans le hockey»

Jean Perron revient sur les ravages que son ancien joueur avait causés pendant les séries de 1986

Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2026-05-29T00:00:00Z

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Pas besoin de poser mille et une questions à Jean Perron pour qu’il vous parle de Claude Lemieux, qu’il a dirigé pendant trois saisons avec le Canadien.

« Quand on se retrouvait en avantage numérique, on envoyait Claude ou Ryan Walter devant le filet adverse. Ils effectuaient bien leur travail », commence par dire l’ancien entraîneur.

Dans le cas de Lemieux, ça virait souvent à l’affrontement. Les adversaires voulaient tous sa tête.

« C’était un fatigant, c’était un agitateur comme je n’en ai jamais vu au hockey. Il était pire que Dale Hunter ! » de s’exclamer Perron.

Pas de filtre dans le feu de l’action

Le coach n’en revenait pas d’entendre ce que Lemieux, avec sa langue fourchue, pouvait dire à ses adversaires.

« Je ne sais pas s’il était abonné à des journaux ou des revues à potins, mais il savait tout de la vie privée des joueurs adverses.

« Contre les Bruins en 1986, il n’avait pas manqué d’achaler Charlie Simmer parce qu’il était marié à une Playmate. Lors du tour suivant, il n’avait pas arrêté de picosser les bons joueurs des Whalers de Hartford.

« Avant la finale d’association contre les Rangers, James Patrick avait déclaré qu’il lui ferait son affaire. Or, Patrick, que je connaissais bien pour avoir dirigé avec l’équipe olympique canadienne en 1984, n’avait rien d’un bagarreur.

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« Claude lui avait servi toute une correction. »

La cerise sur le gâteau, si on peut dire, est survenue lors de la finale contre les Flames de Calgary.

« Lors d’une bagarre avec Jim Peplinski, Claude lui avait mordu deux doigts ! Peplinski n’avait pas été en mesure de disputer les deux matchs suivants », de dire Perron.

Un joueur imprévisible

Lemieux a-t-il causé des ennuis à Perron ?

« Je l’ai enduré, mais je privilégiais aussi mes joueurs québécois. Il fallait que je fasse attention dans ma façon de traiter Stéphane Richer et Claude. Ils étaient des joueurs puissants, de répondre Perron.

« Claude élevait son jeu dans les moments importants, mais c’était un gars imprévisible. Un jour que je l’avais convoqué à mon bureau pour calmer ses ardeurs, il m’avait dit comprendre. Mais en retournant au vestiaire, il avait cassé deux panneaux de lumière avec un bâton. Il avait payé les dégâts.

« Quand on l’avait assigné à Sherbrooke pendant le camp d’entraînement de 1985, il avait fait voler en éclats une vitre de sa voiture sur la rue Lambert-Closse. »

Être sensible

Lemieux avait le hockey dans le sang avec tout ce que ça pouvait comporter de bon ou de mauvais.

L’homme était quant à lui sensible et pouvait être drôle.

« Une fois, à Los Angeles, il était arrivé vêtu d’un complet bermuda de couleur fluo », se rappelle Perron en riant de bon cœur.

Adieu, Pepe.

Repose en paix.

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