L’élève et le maître s’affrontent en finale: Patrick Scalabrini retrouve son ancien instructeur des frappeurs Tom Vaeth


Stéphane Cadorette
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WASHINGTON, Pennsylvanie | En 2003 et 2004, Patrick Scalabrini était toujours au cœur de sa carrière de joueur, avec les Goldeyes de Winnipeg. Son instructeur des frappeurs pendant ces deux saisons était un dénommé Tom Vaeth. Vingt ans plus tard, place aux retrouvailles en finale de la Ligue Frontière entre celui qui jouait le rôle du maître, maintenant à la barre des Wild Things de Washington, face à l’élève, devenu le maestro des Capitales.
C’est sous un soleil de plomb, un peu plus de deux heures avant le premier match de la série trois de cinq, que nous avons rencontré Vaeth sur le terrain du coquet Wild Things Park.
Le stade, bordé d’une façade en briques et d’arbres matures derrière la clôture du champ, a été construit en 2002 pour une somme qui semble aujourd’hui dérisoire de 5,8 millions.

Au départ, l’idée était d’y installer une filiale des Pirates de Pittsburgh, puisque la ville se situe à une heure de Washington, une banlieue de 15 000 habitants en Pennsylvanie. Les Wild Things sont plutôt arrivés il y a 22 ans et à leur cinquième finale, ils tentent de décrocher leur premier titre.
«Les deux équipes ont travaillé fort pour en arriver là. J’imagine que si on écrivait le script, on voudrait que les deux meilleures équipes se retrouvent en finale. Je connais bien Pat et il me connaît bien. Je suis convaincu que ça va donner un bon spectacle», a souri le gérant Tom Vaeth.
Souvenirs et musique agressive

Après une petite balade de 14 heures en autocar, les Capitales disputent les deux premiers matchs au Wild Things Park, qui a présenté huit matchs à guichets fermés cette saison, avec plus de 3200 spectateurs.
Vaeth a maintes fois recroisé Scalabrini depuis leurs années à Winnipeg, mais dans un moment contemplatif avant que les hostilités soient lancées, il s’est remémoré à quel point Scalabrini lui faisait très bonne impression, jadis, chez les Goldeyes.
«J’ai toujours apprécié Pat quand il jouait pour nous. Il avait la même attitude comme joueur que ce qu’on voit de lui aujourd’hui comme gérant. Il amenait beaucoup de passion sur le terrain, sans parler du fait qu’il était un très, très bon joueur. On peut voir que rien n’a changé depuis et c’est la raison pour laquelle ses joueurs se défoncent pour lui», a-t-il raconté.
À cette époque, Scalabrini connaissait ses meilleurs moments dans le baseball indépendant, tandis que Vaeth était son instructeur des frappeurs. En 2004, il avait claqué 20 coups de circuit et produit 66 points, deux sommets. C’est par la suite qu’il s’était mérité un essai dans le baseball affilié, avant de revenir à Québec pour de bon.
Vaeth n’ira pas jusqu’à dire qu’il s’attendait à ce que Scalabrini, qui avait 27 ans à l’époque, devienne un jour gérant. Mais quelque part, il se démarquait.
«Il a toujours été un joueur très intelligent. On ne sait jamais ce qu’un joueur va devenir après sa carrière, mais je suis fier qu’il soit resté dans le baseball. Le sport est meilleur avec Patrick Scalabrini.
«Je me souviens encore qu’il aimait sa musique bien agressive!» a-t-il dit en riant. On arrivait dans la salle de poids adjacente au vestiaire à Winnipeg et il mettait sa musique. Il aimait que tout le monde s’amuse et il était un bon leader. Quand les lumières s’allumaient dans le stade, il devenait une bête», a-t-il continué.
Une belle expérience
Vaeth a finalement passé 17 années à Winnipeg. Les mauvaises langues diraient qu’il lui a fallu beaucoup de courage!
Depuis qu’il est à Washington, les Wild Things ont gagné trois fois la division Ouest en quatre saisons et il se réjouit d’avoir son opportunité, mais n’oubliera jamais sa vaste expérience au Canada.

«Les amateurs canadiens sont passionnés et très loyaux. Ce n’est pas un secret pour vous. À Québec, les fans sont parmi les meilleurs du baseball. J’ai adoré mon temps au Canada et j’aime encore à chaque fois aller à Québec.»
Voilà qui promet pour les matchs de vendredi et samedi-dimanche (si nécessaires), quand la série se transportera au Stade Canac.