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L’élection de Trump n’est pas un fait accompli

AFP
Photo portrait de Pierre Martin

Pierre Martin

2024-07-18T04:00:00Z
2024-07-18T04:15:00Z

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Après la déconfiture de Joe Biden au débat, la victoire de Donald Trump a pris un air d’inévitabilité qui a été renforcé par l’attentat auquel il a survécu.

Si l’on se fie aux commentaires qui fusent de partout depuis samedi, les carottes sont cuites et l’élection de Donald Trump est un fait accompli.

Pourtant, pendant que les républicains mettent le champagne au froid, le modèle de prévision respecté du site FiveThirtyEight penche par quelques cheveux en faveur de... Biden!

Ce n’est pas pour rien. Même si la campagne de Trump a le vent dans les voiles, le vent pourrait tourner.

Où est la vague?

Plus de deux semaines après le débat, on observe un mouvement réel vers Trump dans quelques États-clés. Même si les sondages au niveau des États sont notoirement instables, les démocrates doivent réaliser qu’ils ont une pente à remonter.

Cette pente n’est toutefois pas infranchissable. Au niveau national, les moyennes de sondages ont bougé de quelques points en faveur de Trump, mais pas plus qu’elles n’avaient bougé en faveur de Biden peu avant. Même les sondages effectués immédiatement après l’attentat contre Trump n’indiquent pas de mouvement significatif.

Il n’y a pas eu de vague rouge et il n’y en aura probablement pas, car les opinions de la vaste majorité des Américains sont déjà fortement implantées dans les esprits.

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Quel recentrage?

L’attentat de samedi et la convention de Milwaukee auront probablement un impact sur l’opinion, mais celui-ci sera marginal et réversible.

L’attentat a apaisé la campagne, mais ça ne durera pas. Les promesses de Trump d’adopter un ton rassembleur se sont vite évaporées. La nomination d’un colistier entièrement converti au culte de sa personnalité en est un indice probant.

Dans le même message où il promet d’adopter une attitude unificatrice, Trump réclame l’abandon de toutes les poursuites criminelles et civiles contre lui et il persiste à colporter le Grand Mensonge de sa soi-disant victoire volée en 2020.

Il est clair qu’à ses yeux, l’unité signifie la capitulation totale de ses critiques devant son tout-puissant leadership. Demandez à Nikki Haley...

Ce qui s’en vient

En politique, comme les derniers jours nous l’ont démontré, une semaine c’est une éternité. Il reste encore 15 semaines avant l’élection.

Du côté démocrate, quand le replacement de Biden ne sera plus sur la table, l’unité reviendra. Après le show de cette semaine qui donnera une petite poussée aux républicains, ce sera le tour des démocrates en août de faire leur show et d’en obtenir une poussée équivalente.

Plus fondamentalement, c’est l’amélioration en cours des conditions économiques réelles qui devrait favoriser Biden. L’emploi carbure, les indices boursiers grimpent, l’inflation est contrôlée, les prix de certains biens essentiels sont en baisse et un assouplissement des taux d’intérêt est envisageable.

Quand les électeurs qui ne sont pas encore branchés sur la politique (oui, il y en a!) se réveilleront en septembre, c’est cette réalité qui pourrait en inciter plusieurs à opter pour Biden plutôt que de voter pour un criminel condamné.

Cette élection sera serrée et, même si Donald Trump semble avoir le don de tourner des situations difficiles à son avantage, tout n’est pas encore joué.

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