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Legault devrait offrir ses excuses

Photo portrait de Antoine Robitaille
2022-02-04T10:00:00Z

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François Legault a commis une erreur hier, en persiflant, hors micro, au Salon bleu, au sujet de qui est québécois.

Selon ce qui a été rapporté, il aurait laissé entendre que seuls les caquistes étaient des « vrais ». Il tirait la pipe aux libéraux, sensibles sur cette question en raison de leur appui lilliputien de 12 % chez les francophones, selon le dernier coup de sonde de Léger.

La pique a fait mouche : les rouges ont carrément pris le mors aux dents, comme si on était devant une déclaration aussi grave que « l’argent et des votes ethniques » de Jacques Parizeau.

Chez les caquistes, on dira que les libéraux manquent d’humour. 

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On ne badine pas

Il reste que lorsqu’on est un chef nationaliste au Québec, on ne badine pas avec ces questions. Car on est toujours suspect de vouloir distinguer entre les « vrais » et les « faux » Québécois.

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Hier, les libéraux ont eu beau jeu de s’indigner. Le leader parlementaire André Fortin a lancé : « On est loin de René Lévesque qui disait aux gens : est Québécois qui veut l’être. »

Rappelons que même René Lévesque, sur ces questions, a trébuché (ça arrive aux meilleurs !). Notamment lorsqu’il avait lancé en 1980 que chez Pierre Elliott Trudeau, il y avait plus d’Elliott que de Trudeau ! La phrase avait soulevé un tollé monstre. 

  • Écoutez en balado l'émission d'Antoine Robitaille en direct tous les jours 19 h à QUB radio via l'app QUB ou le site qub.ca :  

Bons arguments

Revenons au premier ministre. Il devrait offrir des excuses ; dire qu’il a fait une mauvaise blague. (Ça lui arrive. Pensons à la fois où il avait parlé de la pilosité de Manon Massé.) Et rappeler que les anglophones sont évidemment des Québécois à part entière ; qu’ils sont d’ailleurs traités ainsi.

Soyons francs : certains parmi eux refusent de se dire Québécois. Plusieurs aussi s’intéressent plus ou moins à la culture francophone et au sort de la nation. N’empêche, ils sont Québécois.

Hier, M. Legault était attaqué sur deux fronts liés à l’identité : d’abord, l’annulation, par le gouvernement, du projet d’agrandissement du cégep Dawson.

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Ensuite sur le bilinguisme systématique des juges. Résumons grossièrement : le ministre Simon Jolin-Barrette le rejette ; la juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Rondeau, semble le prôner. La Cour supérieure a conclu que le ministre avait commis un acte « illégal » en demandant à la juge de justifier ses avis de sélection de candidats à la magistrature exigeant le bilinguisme.

Sur tous ces sujets, le premier ministre aurait intérêt à répliquer à ses détracteurs libéraux en rappelant que les minorités anglophones du Québec sont infiniment mieux dotées en institutions et en financement que les francophones hors Québec.

Pensez-vous qu’en Ontario, on impose systématiquement le bilinguisme à tous les juges des cours de première instance parce que les justiciables francophones ont le droit d’être entendus en français ? Non.

Pensez-vous que les établissements d’enseignement supérieur francophones ailleurs au Canada ont droit à des égards comparables à leur équivalent au Québec ? Évidemment pas.

Ceux qui lancent des cris d’orfraie en entendant les plaisanteries de Legault devraient avoir le courage de dire que ce sont les francophones hors Québec (parlant une langue pourtant officielle de la fédération) qui semblent considérés, ailleurs dans le Dominion, comme des minorités de seconde zone ; des « faux Canadiens ».

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