L’échange de la Victoire, un désaveu pour Gabrielle David


Patric Laprade
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Comme dans bien des points de presse de la directrice générale de la Victoire Danièle Sauvageau, ce n’est pas dans ce qui a été dit qu’il faut regarder, mais bien dans ce qui n’a pas été dit.
En conférence de presse sur Zoom vendredi après-midi afin de discuter du seul échange dans la LPHF à la date limite des transactions, celui qui a envoyé la joueuse de défense Anna Kjellbin à Toronto en retour de l’attaquante Kaitlin Willoughby, Sauvageau a mentionné qu’il n’y avait pas de raisons particulières liées au départ de Kjellbin, que ce n’était qu’une question de nombre: elle avait un surplus de joueuses de défense et avait un certain manque à l’attaque.
Elle attribue ce surplus au retour au jeu de défenseuse Dominika Laskova et a même mentionné que les matchs qu’Anna Kjellbin a manqués, même si elle était en santé, étaient attribuables au retour de Laskova.
Toutefois, la vérité est toute autre.
Kjellbin a manqué un premier match le 30 janvier. On l’avait retranché de l’alignement afin de faire de la place à Laura Stacey, qui revenait d’une blessure. On ne voulait pas couper une attaquante afin de limiter le temps de glace à Stacey (elle a fini par jouer plus de 20 minutes) et c’est Kjellbin qui a écopé.
La Suédoise a ensuite manqué un deuxième match le 15 février au profit de Kelly-Ann Nadeau, qui avait signé un contrat la veille à la suite de la blessure de Catherine Dubois.
Ce n’est qu’en mars que Laskova a pleinement pris la place de Kjellbin, alors que cette dernière n’a pas joué lors de trois des quatre derniers matchs de son équipe.
La vérité est que Kjellbin n’a jamais répondu aux attentes. Capitaine de la Suède aux derniers championnats mondiaux, la joueuse qui célèbrera ses 31 ans dimanche n’a pas été en mesure de s’adapter au niveau de jeu de la LPHF. En 18 matchs, elle n’a obtenu qu’une aide et a maintenu un différentiel de -5, l’un des deux pires différentiels d’une équipe qui a le meilleur différentiel de buts pour buts contre de la ligue.
Est-ce que Willoughby répond aux critères?
Lorsque Sauvageau s’est fait demander ce que Willoughby apportait comme joueuse de hockey, la DG a mentionné que sa nouvelle attaquante amenait de l’expérience, de la vitesse, qu’elle était une joueuse intelligente et d’une très curieuse façon, elle a semblé dire que Willoughby permettrait à l’équipe de conserver un différentiel de buts pour buts contre positif.
Et il est vrai que Sauvageau aime aller chercher des joueuses qui ont une certaine quantité de matchs joués dans la LPHF. On l’a vu avec les signatures d’Alexandra Labelle, Clair DeGeorge et Abby Boreen.
Cela dit, le choix de Willoughby demeure surprenant. Si tu veux garder ton différentiel de buts pour et buts contre au-dessus de zéro, pourquoi aller chercher une joueuse qui n’a marqué aucun but dans la LPHF en 43 matchs (elle a une aide) et qui a un différentiel de -7 en deux saisons à Toronto?
Et Gabrielle David dans tout ça?
Sauvageau a aussi mentionné avoir envisagé tous les scénarios. Si tel est le cas et je n’ai pas de raisons d’en douter, il s’agit visiblement d’un vote de désaveu pour l’attaquante Gabrielle David.
Si on veut des joueuses qui ont de l’expérience dans la ligue, David, de quatre ans la cadette de Willoughny, a joué 26 matchs dans la LPHF en deux saisons. Si on veut s’assurer de marquer plus de buts que ses adversaires, David est capable de produire à l’attaque comme en font foi ses deux buts et quatre aides la saison dernière, ainsi que son différentiel de +4. Et c’est une Québécoise. Québécoise qu’on a d’ailleurs envoyé représenter l’équipe l’automne dernier à l’Assemblée nationale, et ce, même si elle n’avait pas un contrat de joueuse régulière avec l’équipe. Une situation quelque peu particulière quand on y pense.
Alors clairement, la seule conclusion qu’on peut en tirer, est que David ne fait pas partie des plans de l’équipe.
Un effet domino
La signature de David à un contrat régulier aurait aussi pu avoir un effet domino sur une autre Québécoise.
En offrant un contrat régulier à David, une attaquante comme Audrey-Ann Veillette, qu’on connaît pourtant bien chez la Victoire, aurait pu la remplacer parmi les réservistes. Après avoir été retranché au camp d’entraînement d’Ottawa, Veillette a joué en Suède et sa saison vient de se terminer.
Plusieurs équipes ont d’ailleurs montré de l’intérêt pour l’attaquante de 24 ans dans les derniers jours, sans toutefois qu’une d’entre elles lui offre un contrat. Il est à noter qu’il y a eu très peu de mouvements de personnel dans la LPHF en marge de gel des alignements.
Pascal Daoust, le Julien Brisebois de la LPHF
Le directeur-gérant des Sirens de New York a ajouté de la profondeur à sa ligne bleue en offrant un contrat de réserviste à la Québécoise Alexie Guay.
Bon an mal an, c’est une quatrième Québécoise que va chercher Daoust, qui n’a pas peur d’aller chercher du talent dans sa province natale, un peu à l’instar de Julien BriseBois avec le Lightning de Tampa Bay.
Alors qu’on débute le dernier droit de la saison, il y a un total de onze Québécoises dans la LPHF. Montréal en a 7 et New York 4. À noter que le père de l’attaquante des Sceptres, l’Ontarienne Emma Maltais, est Québécois, que Maltais parle français et qu’elle a même débuté une école de hockey à Alma dans la région du Lac-Saint-Jean.