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Le triste passage de Marc Bergevin à Québec

Photo Agence QMI, Marcel Tremblay
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-10-06T19:30:00Z

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Marc Bergevin a le droit de refuser de parler aux médias. Mais les médias ont aussi le droit de dire que c’est n’importe quoi qu’il refuse encore de parler aux médias.

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C’était la fête à Québec cette semaine. Tout le monde était de bonne humeur au Centre Vidéotron. J’ai su que plusieurs gars des Kings avaient capoté sur le Vieux-Québec. Ils ont donné le sourire à des centaines d’enfants lors d’un marathon d’activités où les joueurs avaient aussi de larges sourires. Les partisans ont quasiment rempli l’aréna lors des deux matchs. Il y avait environ 2000 personnes à la pratique samedi matin.

Luc Robitaille est allé «au bat» en multipliant les entrevues, en répondant à toutes les questions. Il est revenu sur la subvention, le fric, le retour des Nordiques...

Tout le monde des Kings était heureux d’être là, accessible et sympathique. Tout le monde, sauf le conseiller au directeur général des Kings, Marc Bergevin. Lui, oubliez ça, aucune disponibilité.

Notre équipe l’a demandé en entrevue. C’était non. TVA Sports aussi. Peut-être qu’il aura changé d’idée entre le moment où vous lisez cette chronique et quand je l’ai écrite, dimanche. Et j’en serai heureux. Sinon, je trouve ça bien ordinaire.

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Tourner la page

Ça fera bientôt trois ans qu’il a été relevé de ses fonctions de directeur général du Canadien. Tournez la page, M. Bergevin! Vous êtes heureux en Californie. On est heureux chez nous. Tout est beau.

Martin Chevalier / JdeM
Martin Chevalier / JdeM

Et surtout, le point, c’est que c’est juste du sport. Il n’était pas John F. Kennedy durant la crise des missiles.

Bergevin a été fortement critiqué durant la fin de son mandat et par la suite. Mais ça ne veut pas dire qu’on le déteste. Critiquer le travail d’un directeur général du Canadien, c’est aussi un sport national au Québec. Il le savait avant d’être embauché.

Et tous ceux qui le critiquent savent très bien ce que ça doit représenter d’occuper ce poste. Vous devriez voir les niaiseries que je fais dans mon pool de hockey année après année.

Il a fait plein de bonnes choses

Je l’aimais bien, Marc Bergevin. Même si certaines de ses décisions ont mal viré, je trouve qu’on sentait qu’il avait le Canadien à cœur. Son euphorie quand son club a atteint la finale de la Coupe donnait des frissons.

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Capture d'écran TVA Sports
Capture d'écran TVA Sports

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La plupart des piliers du noyau du Canadien, c’est grâce à lui: Suzuki, Caufield, Guhle...

Il a amené son club en finale de la Coupe Stanley. Les «haters» diront que c’était par la porte d’en arrière. J’aurais aimé voir ces gens-là mettre des patins, essayer de détruire les Jets en quatre matchs et éliminer Vegas en six matchs. Ah oui, et combler un déficit de 3-1 contre les Leafs.

Deux fois, Bergevin a été candidat au titre de meilleur directeur général de la LNH.

L’impression qu’il donnait, à la fin de son mandat, c’est qu’il était impulsif et orgueilleux. De ne pas laisser Markov jouer son 1000e match à Montréal, en plus de laisser partir Alexei Emelin, en a été un bon exemple. Surtout quand il est allé dire l’année suivante que son équipe était meilleure défensivement en remplaçant ces départs. C’est Karl Alzner, David Schlemko et Jakub Jerabek qui arrivaient...

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Une tache au dossier a aussi été sa relation avec les anciens du CH, selon Serge Savard, qui a souvent été cinglant envers Bergevin. « Il ne voulait pas avoir personne autour de la chambre », avait dit M. Savard.

Pour les fans

C’est triste. On parle de Marc Bergevin. Celui qui a toujours été présenté comme le fanfaron de service durant sa carrière comme joueur. C’était un coéquipier parfait, un leader, un gars hilarant et sympathique. Et il semblait être devenu une autre personne lors de son départ de Montréal. Puis, il vient à Québec trois ans plus tard et ne veut encore parler à personne.

Il peut en vouloir à ceux qui l’ont critiqué. Mais il pourrait aussi penser aux 208 286 spectateurs qui ont payé le gros prix pour assister à un match de son équipe durant ses années comme directeur général.

Martin Chevalier / JdeM
Martin Chevalier / JdeM

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Il peut être rancunier, mais il peut aussi en revenir et faire un coucou à la province qui a encouragé le club qu’il dirigeait durant 10 ans. Son salaire de quelques millions par année, ce sont ces mêmes fans qui le payaient.

C’est un peu triste tout ça. Ça sent la maudite amertume démesurée. Y’a des gens pour qui c’est plus fort qu’eux. C’est dommage.

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