Le triomphe que je retiens du Canadien
Notre chroniqueur croit que le CH a accompli quelque chose cette année qu’il n’avait pas encore vu de son vivant.


Jean-Nicolas Blanchet
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Le Canadien a réussi quelque chose cette année qu’il n’avait jamais fait depuis 33 ans.
Ce n’est visiblement pas de gagner le gros trophée.
Ça me met en beau fusil de voir les plates Hurricanes contre les maudits Golden Knights en finale. Je sais que c’est tôt pour voir le côté givré des choses. Mais, entre vous et moi, ça fait déjà quelques jours qu’on se doute que Montréal n’allait pas traverser cette ronde.
Le Canadien était brûlé raide et manquait de profondeur talentueuse. Plusieurs réclamaient plus de robustesse, mais avec 10 tirs par matchs, je pense que ça prenait d’abord des patineurs capables de contrôler la rondelle.
Malgré tout, je trouve que le Canadien a accompli quelque chose que je n’avais jamais vu de ma vie avec cette équipe.
Le bonheur
Ça peut avoir l’air simplet. Mais pour moi, il n’y a rien de plus important.
En 2010, l’ancien ministre Raymond Bachand avait lancé cette phrase qui résume exactement mon point : « l’important, c’est d’être heureux ». Plein de monde avait ri de lui. Pas moi. Il avait tellement raison.
C’est la même chose avec le Canadien. L’important, c’est qu’ils rendent les partisans heureux.
Si le but était seulement de gagner les grands honneurs, 31 équipes sur 32 feraient faillite chaque année.
Oui, il y a eu le printemps Halak. Mais c’était une équipe ordinaire avec Scott Gomez comme vedette offensive. À part quelques jours en séries, je n’ai pas éprouvé beaucoup de plaisir.
Il y a eu 2014 lorsque Carey Price s’est blessé contre les Rangers. Le meilleur pointeur avait fait 60 points. C’était une équipe défensive assez plate.
Il y a eu 2021. Mais c’était la pandémie. Et c’est plate une pandémie.
Depuis 33 ans, le CH ne rend pas souvent heureux. C’est souvent triste. On ferme la télé et on va se coucher en se disant que les jours meilleurs viendront.
Il faut être diverti
Mais là, tu as un gars de 26 ans qui a fait 101 points.
Un de 25 ans qui a marqué 51 buts.
Un Russe de 20 ans qui risque d’être meilleur que les deux autres.
Un défenseur de 22 ans, qui, après deux ans, compte déjà 146 points.
Deux gardiens extrêmement prometteurs, dont un qui a déjà rempli des promesses.
Tout ça a donné un club de 106 points.
Et surtout, un club divertissant. C’est ça le but du sport. On veut être diverti. Évidemment, on joue pour s’amuser, mais on s’amuse quand on gagne. Alors, ça prend un bon club.
Mais c’est un bon club qui donne un spectacle. Un club que tu as hâte de regarder, car ça rend heureux ce spectacle. Ce club a reconquis tellement de monde qui n’en avait plus rien à cirer de cette équipe.
C’était peut-être horrible comme spectacle contre les Hurricanes, mais il faut être un peu indulgent et pas exiger du filet mignon dans un Big Mac. Sans Dobes, Montréal ne passait pas la première ronde.
Ceux qui soulignent qu’il n’y a rien garanti pour l’avenir. Que l’occasion ne se présentera peut-être pas à nouveau. Je ne suis pas d’accord. Kent Hughes pourra nager dans sa piscine d’argent comme Picsou durant les deux prochaines années afin d’ajouter de gros morceaux à ce club, car il en manque quand même pas mal.
Et ce club rendra tout le monde encore plus heureux.