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Procès de l'ex-maire de Terrebonne: un jugement qui soulève des questions pour l’UPAC

Des enquêteurs auraient commis des manquements sous la nouvelle direction

Photo portrait de Jean-François Cloutier

Jean-François Cloutier

2021-10-20T01:49:21Z
2021-10-20T04:00:00Z

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Les fautes reprochées à l’UPAC dans un jugement dévastateur ayant mis fin au procès de l’ex-maire de Terrebonne, lundi, ont été commises récemment, sous la nouvelle direction du corps policier.

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Dans sa décision, la juge Nancy McKenna fait la liste des manquements des enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et de procureurs de la Couronne justifiant sa décision d’arrêter les procédures contre l’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille et trois coaccusés.

L’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille en compagnie de l’ancien directeur général de la Ville et coaccusé, Luc Papillon, lors d’une pause du procès au palais de justice de Saint-Jérôme.
L’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille en compagnie de l’ancien directeur général de la Ville et coaccusé, Luc Papillon, lors d’une pause du procès au palais de justice de Saint-Jérôme. Photo d’archives

L’enquête, puis les arrestations dans ce dossier de corruption et d’abus de confiance ont eu lieu sous l’ancienne direction de l’UPAC. Mais, selon le jugement, la plupart des fautes reprochées à l’unité et à la Couronne ont été commises en 2020, soit sous la nouvelle garde de l’UPAC. 

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Les manquements soulignés visaient à cacher des informations au sujet d’un témoin clé de la poursuite. 

Or, le nouveau commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, est entré en poste en octobre 2019, s’engageant à rétablir la confiance de la population en l’organisation. 

Que ces manquements dans le dossier de Terrebonne aient été commis sous la gouverne de cette nouvelle direction de l’UPAC soulève des questions importantes, a réagi mardi la juge à la retraite Nicole Gibeau.

Nouveau haut gradé

« La juge McKenna a varlopé un policier qui a été nommé dans un poste très important à l’UPAC en 2020. [...] Qu’est-ce qui se passe à l’UPAC en ce moment ? » se demande-t-elle.

Parmi les enquêteurs pointés du doigt dans le jugement se trouve en effet Sylvain Baillargeon. Celui-ci a été nommé commissaire associé aux enquêtes de l’UPAC en mars 2020. 

C’est ce dernier qui a pris la décision de ne pas donner suite à un signalement concernant un témoin clé de la poursuite. Ce choix de Baillargeon a motivé en partie la décision de la juge d’ordonner un arrêt des procédures.

« Le contenu de son témoignage révèle des réponses évasives et contradictoires », estime la juge McKenna dans sa décision. « La crédibilité de ce témoin est ternie de façon irrémédiable », dit-elle.

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Pas de commentaires

L’UPAC a refusé de commenter, mardi. 

En plus des enquêteurs, trois procureurs de la Couronne sont ciblés pour des fautes par la juge McKenna. Ils sont toujours à l’emploi du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Le DPCP examine la possibilité d’en appeler de la décision. 

L’UPAC et le DPCP, « c’est le noyau du système [de lutte à la corruption. Si tout ce qui leur est reproché tient la route en cas d’appel], c’est incroyable, c’est presque inimaginable », a commenté la juge à la retraite Gibeau.


Rappelons que Frédérick Gaudreau est un des candidats pressentis pour prendre la direction de la Sûreté du Québec.

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