Le top 10, les titres, Chanel, Rolex, Jon Bon Jovi: la nouvelle vie inespérée de Victoria Mboko
La Canadienne ne se serait jamais imaginée aussi haut, aussi vite. Et elle en profite.


Jessica Lapinski
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Avant cette semaine, Victoria Mboko n’avait jamais mis les pieds à Indian Wells, ce paradis du tennis qui, parole de la reine de Montréal, porte très bien son nom. Pourtant, c’est dans la peau de la 10e joueuse au monde que la Canadienne s’est présentée sous les palmiers du prestigieux tournoi WTA 1000, qualifié de « cinquième Grand Chelem ».
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Et cela, à 19 ans seulement, alors qu’au début 2025 elle était classée 333e mondiale et qu’elle jouait dans l’antichambre de la WTA, sur le circuit ITF.
Parce qu’il y a un an, pendant que se tenait Indian Wells, Mboko raflait encore tout sur son passage, au sein de ce circuit qui aide les jeunes à peaufiner leur jeu chez les professionnelles.
En fait, ses débuts à la WTA, « Vicky » allait les faire deux semaines plus tard, à la mi-mars, au WTA 1000 de Miami. Douze mois sont passés, mais elle se souvient encore très bien de l’émotion qui l’habitait à ce moment-là.

« J’étais juste tellement heureuse d’être là », a-t-elle raconté au Journal, cette semaine, depuis le désert californien.
Elle était alors loin de se douter de la suite, même si elle rêvait d’en arriver là, un jour.
Le syndrome de l’imposteur ?
Sa vie a depuis changé du tout au tout. De joueuse prometteuse, l’Ontarienne de Burlington est maintenant l’une des têtes d’affiche du circuit féminin.
Il y a eu ce fameux titre à Montréal, devant une foule locale éblouie par les frappes et la ténacité de cette jeune athlète. Des semaines plus difficiles ont suivi, notamment à cause d’une blessure au poignet qu’elle traînait déjà dans la métropole.

Puis, Mboko a gagné un titre WTA 250 à Hong Kong, en toute fin de saison. Cette année, elle a atteint la finale d’une autre épreuve WTA 1000, à Doha, et d’un tournoi WTA 500, à Adélaïde.
Elle a joué en double avec l’Américaine Coco Gauff, la quatrième joueuse au monde qu’elle avait battue à Montréal dans un match qui a marqué les esprits.
Ce statut de top 10, acquis il y a trois semaines, Mboko s’y acclimate tranquillement. Depuis longtemps, la 10e joueuse au monde, son sommet à ce jour, reconnaît que tout « va très vite », dans ce qui demeure un début de carrière.

Jamais n’avait-elle imaginé atteindre un classement si élevé, aussi rapidement. « C’était bizarre, au début. C’est assez inhabituel », soulève Mboko, laissant poindre un certain symptôme de l’imposteur.
Mais être 10e au monde vient avec ses avantages, reconnaît-elle. Autant en profiter, alors. « Ça me permet d’avoir de meilleurs tableaux, comme ici, à Indian Wells. »

Rolex, Chanel, Bon Jovi...
Et la gloire sur les courts entraîne parfois ces avantages à l’extérieur du terrain. Ce qui ne l’intéressait pas trop, plus jeune. Mboko ne se serait alors pas décrite comme une adepte de mode, de luxe, des grands événements.
Maintenant que ces occasions lui sont offertes, elle avoue prendre plaisir à « expérimenter ».
Comme Carlos Alcaraz, Jannik Sinner ou Iga Swiatek, Mboko est devenue l’une des ambassadrices de la marque de montre Rolex, quintessence du luxe. Elle porte désormais le logo des produits nettoyants pour la peau et les cheveux Dove sur ses habits Wilson. Elle a fait la couverture de Rolling Stone Africa.
Et à la fin de la dernière année, elle a été invitée à un événement organisé par Chanel à New York, qui réunissait plusieurs stars, dont le chanteur Jon Bon Jovi.
Mboko a pu discuter avec la star pendant un moment. Elle se souvient de sa gentillesse. « C’est un grand fan de tennis », souligne-t-elle.

Les sacrifices d’une famille
Mais Mboko se souvient aussi de tous les sacrifices qui ont pu la mener là, dans sa propre vie de vedette.
Les siens, bien sûr. Ceux qu’elle a faits depuis un jeune âge pour accéder à ce niveau de jeu, qui ne vient pas sans travail acharné. Car c’est ce qu’elle visait d’abord, bien avant le luxe : gagner.
Et ceux de sa famille, également. Son père Cyprien, immigrant congolais, travaillait de soir pour pouvoir emmener « Vicky » et les trois autres enfants du clan à leurs entraînements de tennis.
Les Mboko ne roulaient pas sur l’or. Aujourd’hui, la cadette a déjà empoché 3,4M$ grâce à ses performances sur le terrain. Cela ne tient pas compte de ses revenus en commandite.
«[Mes parents] ont fait beaucoup de sacrifices », évoque Mboko. « Donc ce qui arrive en ce moment, c’est très spécial pour nous tous. »
Victoria leur fait goûter à cette nouvelle vie. « Je les invite à des événements », explique-t-elle. « Et ils sont souvent présents à ses tournois. À Indian Wells, papa est sur place. »
« C’est comme une récompense », mentionne-t-elle, songeant à tous ces changements aussi inespérés qu’inattendus qui se sont produits depuis un an.