Le tireur du gala de la presse visait l'administration Trump selon les informations «préliminaires» des autorités
Zoé Arcand
Partager
Le tireur qui a blessé un agent des Services secrets en tentant de faire irruption au gala des correspondants ciblait l’administration Trump selon les premières informations divulguées hier.
« Ce n’est pas la première fois ces dernières années que notre république est attaquée par un assassin en puissance qui cherchait à tuer », a réagi Donald Trump, lors d’un point de presse.

Deux heures plus tôt, en plein gala des correspondants de la presse où il participait, Cole Tomas Allen, un Californien de 31 ans, se serait présenté armé au Hilton de Washington, où se tenait l’événement réunissant la presse américaine et de hauts politiciens, entre autres.

Des images partagées par Trump montrent une personne se ruant au travers du portique de détection de métaux, à l’entrée de la salle de gala. Des agents dégainent alors leurs armes, tout comme le suspect qui aurait tiré en pleine poitrine sur un agent des Services secrets. Celui-ci a été sauvé par sa veste pare-balles.
Aucune réaction, et puis...
Le président Trump était alors assis à la table d’honneur, avec entre autres sa femme, Melania, et son vice-président, JD Vance.
Les coups sourds n’ont d’abord suscité aucune réaction, mais des agents lourdement armés sont intervenus très rapidement en évacuant le président. La musique d’ambiance s’est arrêtée alors que d’autres agents ont enjambé la table et semblaient tenir en joue le public.
Peu avant l’attaque, le suspect aurait envoyé des messages à ses proches dans lesquels il dénonçait les politiques de l’administration Trump et laissait entendre qu’il avait l’intention de commettre des actes violents, selon une source proche de l’enquête citée par le New York Times.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Ironiquement, c’était la toute première fois que Donald Trump assistait à ce gala annuel.
« Il s’agit d’un fait divers presque normal dans un contexte politique tel qu’on le voit autour de Trump depuis une quinzaine d’années », a réagi Julien Tourreille, chercheur en résidence à l’Observatoire des États-Unis de la Chaire de recherche Raoul-Dandurand.
La communauté internationale, dont le premier ministre du Canada, Marc Carney, a eu vite fait de dénoncer cet acte qualifié de « violence politique [qui] n’a pas sa place dans une démocratie ».
Qui est le tireur ?
Selon les informations de CNN, le suspect aurait suivi des études d’ingénierie et est diplômé du California Institute of Technology. Avant les événements, il aurait d’ailleurs partagé des écrits anti-Trump.
Il comparaîtra à la cour lundi, dont pour usage d’arme à feu lors d’un crime violent.
Selon les autorités américaines, il aurait réservé une chambre à l’hôtel afin d’avoir accès au bâtiment, « pas particulièrement sûr », selon le président.

Sa maison a été perquisitionnée, hier.
« Récupération politique »
Pour Trump, le suspect est un « cinglé » qui s’en serait pris à lui parce qu’il accomplit de « grandes choses ». Il aurait également rédigé un manifeste « anti-chrétien ».
« Il y aurait peut-être un élément de récupération politique pour essayer aussi de mobiliser et de faire plaisir à l’électorat très religieux qui est traditionnellement plus proche du parti républicain », a souligné Julien Tourreille.
Le président s’est aussi servi de l’attaque pour justifier sa décision controversée de faire construire une salle de bal à la Maison-Blanche.