Surtourisme: voyager au Québec pourrait bientôt coûter plus cher... voici pourquoi
Stéphanie Villeneuve et Équipe Salut Bonjour
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Alors qu’on commence déjà à rêver à nos prochaines vacances, j’ai eu envie de me pencher sur un phénomène dont on entend parler de plus en plus : le surtourisme. Et attention, quand je dis « tourisme », il n’est pas nécessaire de penser au Japon ou à Bali ! Ici même, chez nous, des endroits comme les Îles-de-la-Madeleine ou Tadoussac vivent aussi de gros moments d’achalandage. Tellement, en fait, que certains se questionnent sérieusement sur la manière de gérer tout ça. Tadoussac envisage même d’imposer une taxe aux visiteurs. Et ce n’est pas une idée sortie de nulle part : Venise le fait déjà depuis 2024.
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Je l’ai moi-même vécu il y a deux ans. Je suis arrivée dans un parc régional où, surprise, une loterie avait été instaurée pour accéder à une randonnée populaire. Je n’étais tout simplement pas au courant ! C’est là qu’on réalise que le monde change... et les façons de voyager aussi.
Visionnez la chronique complète dans la vidéo en tête de cet article.
Un phénomène très concentré
J’avais envie de mieux comprendre ce phénomène parce que le surtourisme, ce n’est pas seulement « trop de monde au même endroit en même temps ». C’est beaucoup plus complexe. J’ai donc contacté Luc Renaud, professeur associé au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM. On a eu une discussion vraiment passionnante. D’entrée de jeu, il m’expliquait que le surtourisme est un phénomène très concentré à certains endroits.
Prenez l’île de Majorque, en Espagne. Ces dernières années, on y a vu des manifestations retentissantes d’antitourisme. Pour tenter d’éviter les foules trop concentrées, la région lancera d’ici la fin de l’année un site web qui donnera en temps réel le taux de fréquentation des endroits populaires, tout en proposant des options moins connues. L’objectif : mieux répartir les visiteurs dans l’espace. Parce que nous, les touristes, on vient, on visite, on prend des photos, puis on retourne à la maison... sans toujours réaliser l’impact que notre présence peut avoir sur ceux qui vivent là.
Et en même temps, chaque mesure pose un dilemme. Si on réduit drastiquement l’accès à un site, on fragilise toute une économie : des restaurants, des conducteurs d’autobus, des guides, des opérateurs touristiques... Le tourisme, c’est un écosystème immense et délicat. Des solutions trop strictes peuvent avoir des conséquences majeures.
Le contre-exemple parfait, c’est le Japon, qui n’a aucune gêne à imposer des règles très strictes. Il a d’ailleurs annulé complètement le célèbre festival des cerisiers au pied du mont Fuji. Trop de déchets, trop d’intrusions sur des propriétés privées, trop de comportements jugés irrespectueux : ils ont simplement dit non.
Innovations et équilibre
Heureusement, il existe aussi de belles histoires de destinations qui réussissent à trouver un équilibre. Les Îles-de-la-Madeleine, par exemple, ont décidé de stabiliser leur nombre de visiteurs et d’étaler la fréquentation dans le temps. Un choix courageux, mais payant, qui permet de préserver ce fameux milieu de vie que les visiteurs viennent tant admirer.
D’autres endroits innovent. Tourisme Jamaïque, avec l’aide de JetBlue et WeatherPromise, teste une assurance pluie pour encourager les voyageurs à venir hors saison. Si un certain seuil de précipitations est dépassé, les visiteurs sont automatiquement remboursés et peuvent profiter d’activités intérieures.
Et à Copenhague, on voit venir une hausse de fréquentation de 24 % d’ici 2030. On teste donc dès maintenant le programme CopenPay, qui récompense les touristes adoptant des comportements responsables, comme ramasser des déchets en kayak ! En échange, on offre des rabais ou des entrées gratuites à des musées.
Est‐ce que ça donne envie de voyager... ou pas ? Chose certaine, ça rappelle que nos choix ont un impact et que voyager intelligemment, ça fait toute la différence.