Le Sud-Ouest pourrait devenir le futur point chaud


Antoine Lacroix
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Le secteur Sud-Ouest, pas normalement réputé comme un point chaud de la métropole, a connu dans le dernier mois autant d’événements impliquant des armes à feu qu’à Montréal-Nord.
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« Ça vient rappeler que la criminalité n’a pas de frontière. Oui, il y a des secteurs où ça brasse plus, mais le crime va essayer de se passer là où il y a le moins de chaleur, le moins de chances de se faire interpeller », affirme André Durocher, inspecteur à la retraite de la police de Montréal.
Le Journal rapportait lundi que le mois de juillet a débuté de manière inquiétante à Montréal, avec 11 événements impliquant des armes à feu en 11 jours dans divers arrondissements.
Or, la vague de violence semble se poursuivre puisqu’un 12e événement s’est ajouté à la liste, dans la nuit de mardi à mercredi. Au moins quatre projectiles sont allés se loger dans la vitre d’un appartement, dans un secteur résidentiel de Ville-Émard.
Égal à Montréal-Nord
Selon une compilation effectuée par Le Journal, il s’agit du quatrième incident du genre dans le Sud-Ouest depuis le 17 juin. De manière surprenante, on rapporte le même nombre dans l’arrondissement chaud de Montréal-Nord, théâtre de nombreux événements impliquant des coups de feu.
« Il y a déjà eu une époque où ç’a brassé [dans le Sud-Ouest] avec la mafia. Il y a déjà eu des homicides. [...] C’était à venir, c’est un des secteurs qui peut être chaud encore », souligne Jean-Claude Gauthier, policier retraité de l’escouade antigang à Montréal.
Cette tendance vient grandement inquiéter l’ancien sergent-détective et expert en gangs de rue, rappelant qu’aucun quartier de la ville n’est à l’abri.
« Faut donner à la police les moyens de combattre la violence par arme à feu, ça prend une volonté politique de donner du financement. [...] On va bientôt dire : “Voyons donc, on aurait dû faire quelque chose”. Est-ce qu’on attend qu’un autre innocent perde la vie pour agir ? » s’emporte M. Gauthier.
Des mois d’enquête
La police de Montréal a mis sur pied une équipe consacrée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA), qui a commencé ses travaux à la fin février.
Toutefois, « une enquête bien menée peut être bien longue », remet en perspective l’ancien inspecteur Durocher.
« Les gens voudraient des résultats hier, alors que ça peut prendre des mois. C’est pas parce que les gens ont l’impression qu’il se passe rien qu’il n’y a pas de travail qui se fait », rappelle celui qui cumule près de 40 ans d’expérience policière.