Peiné par la série d’incidents impliquant des armes à feu qui secouent la métropole québécoise, le ministre fédéral de la Sécurité publique Marco Mendicino assure travailler en «étroite» collaboration avec Montréal et Québec pour mettre fin au «statu quo».
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«Les Montréalais ont le droit de se sentir en sécurité dans leur communauté», a-t-il lancé en préambule de sa conférence de presse jeudi à Miramichi, au Nouveau-Brunswick.
Après le double meurtre commis à l’intérieur d’une demi-heure mardi, la mairesse Valérie Plante a déclaré qu’elle ne laisserait pas Montréal devenir le «terrain de jeu des criminels».
«Nous sommes de tout cœur avec les Montréalais et les Montréalaises. Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui se sentent inquiets en ce moment», a reconnu M. Mendicino.
Il faudra attendre à la reprise des travaux cet automne pour que le projet de loi C-21, la «pièce maitresse» de la stratégie anti-armes du gouvernement, poursuive son chemin vers l’adoption. Ce projet de loi vise à bannir la possession et le trafic des armes de poing.
Pressés par la vague de fusillades qui a déferlé sur Montréal cet été, la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly et le ministre Mendicino ont devancé l’adoption d’une des composantes majeures de C-21, soit l’interdiction des permis d’importation des armes de poing.
L’interdiction est entrée en vigueur le 19 août dernier.
M. Mendicino a rappelé que le gouvernement a aussi promis d’investir 250 millions $ dans des organisations communautaires à travers le pays dans le but de prévenir la violence armée d’un bout à l’autre du pays. La portion attribuable au gouvernement du Québec est de 41,8 millions $.
Selon les partis d'opposition, le gouvernement Trudeau devra toutefois aller plus loin.
«Le gouvernement Trudeau créer un faux sentiment de sécurité en ce qui concerne les armes à feu», a soutenu le député conservateur Pierre Paul-Hus.
M. Paul-Hus en a contre le projet de loi C-5, qui propose l'abolition des peines de prison minimales aux personnes coupables de crimes avec une arme à feu. Le gouvernement Trudeau souhaite laisser aux juges la discrétion d'imposer la peine qu'ils estiment à propos selon chaque individu.
«Les policiers ont besoin de sentir que les politiciens sont derrière eux. Lorsqu'on change le Code criminel, on doit s'assurer d'avoir des lois qui sont assez fortes pour s'attaquer aux criminels et non pas le contraire comme les libéraux ont fait au printemps avec (le projet de loi) C-5», a ajouté le député conservateur.
Le Bloc Québécois soutient aussi que le fédéral doit poser des gestes additionnels.
«Moi ce que je propose c'est de créer une liste d'organisations criminelles», a indiqué Rhéal Fortin, porte-parole en matière de Justice.
«D'appartenir à ces organisations criminelles deviendrait un crime et on pourrait avoir des sanctions particulières pour les gens qui commettent des crimes et qui sont membres des organisations criminelles.»
Selon Statistique Canada, la proportion d’homicides mettant en cause une arme à feu est passée de 26 % de tous les homicides au pays en 2013 à 37 % en 2020.
- avec la collaboration de Raymond Filion, TVA Nouvelles