Le splendide message d’une triple olympienne canadienne
Après la sixième place du Canada à la natation artistique


Jean-Nicolas Blanchet
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PARIS | «Ce n’est pas une médaille qui va déterminer qui l’on est comme personne.»
C’est le message qu’a lancé la nageuse artistique Jacqueline Simoneau, mercredi, quelques minutes après avoir mené le Canada au sixième rang en équipe.
La Montréalaise n’a pas besoin de présentation dans le monde olympique. Elle a déjà marqué l’histoire de la natation artistique au Canada alors que les JO de Paris, ce sont ses troisièmes Jeux. Elle a accumulé les médailles dans sa carrière, mais n’en a toujours pas au niveau olympique.
Celle qui étudie en médecine podiatrique, à Trois-Rivières, est sortie de sa retraite il y a deux ans pour faire les Jeux de Paris. Entretemps, elle a été championne du monde en solo aux Mondiaux. Mais cette catégorie n’est pas présentée aux JO.

Le Canada n’a pas remporté une médaille en équipe depuis l’an 2000. Donc, mercredi soir, il aurait été utopique de s’y attendre. Surtout que Jacqueline était accompagnée de sept coéquipières qui en étaient à leurs premiers jeux.
Leur réussite
«Comme équipe, on est juste content d’être ici. Ça se ressent. Ce n’est pas tout le monde qui peut compétitionner aux Olympiques. C’est vraiment une réussite pour nous. Ce n’est pas une médaille qui va déterminer qui l’on est comme personne. On n’a pas besoin d’une médaille pour gratifier notre travail et tout ce qu’on fait chaque jour», a lancé l’athlète de 27 ans en entrevue.
Plusieurs athlètes disent souvent qu’une médaille n’est pas une finalité. Laissez-moi vous dire que je ne les crois pas tous. Mais dans le cas des nageuses canadiennes, c’était manifestement sincère. Vous auriez dû voir à quel point elles étaient heureuses de leur performance et que la note des juges ne semblait pas si importante.
Le Canada a terminé au sixième rang sur les dix pays qui s’étaient qualifiés pour les JO. La Chine a remporté la médaille d’or très loin devant le reste de la planète.
- Écoutez l'entrevue avec Jean-Nicolas Blanchet, adjoint au Directeur des Sports au Journal de Montréal / Journal de Québec au micro d’Alexandre Moranville via QUB :
L’euphorie
En plus de Simoneau, trois Québécoises faisaient partie de l’équipe: Audrey Lamothe, Raphaëlle Plante et Florence Tremblay.
Cette dernière témoignait très bien de ce que Jacqueline Simoneau racontait par rapport à reconnaître le processus avant les résultats, comme dirait l’autre.
«On est juste en mode euphorie», a-t-elle lancé, avec le gros sourire.
«C’est indescriptible. C’est tellement un beau moment. On s’est donné un gros câlin dans l’eau. On est tous très fiers de ce qu’on a accompli. Juste d’être ici et représenter le Canada, c’est surréel pour nous».
Si ses premiers Jeux sont terminés, ce n’est pas le cas pour Jacqueline Simoneau, qui participera à l’épreuve par duo présentée vendredi et samedi.
Ce sera avec Audrey Lamothe, 19 ans, de Laval.
Les jumelles, maintenant
Comme championne du monde en solo, il est évident que Simoneau arrivera gonflée à bloc en duo. À quoi aspire-t-elle?

«Il y a 18 duos et ils sont tous vraiment forts. Tout le monde peut gagner [...] Il y a plein de jumelles. Ça c’est un immense avantage dans notre sport. Elles n’ont jamais d’erreur de synchronisation. Déjà ça, ça nous donne un gros désavantage. Mais notre degré de difficulté est quand même à un niveau atteignable pour un podium. Donc c’est difficile de savoir, mais il y a de bonnes concurrentes».
En passant, je suis allé voir. Il y a vraiment quatre duos où ce sont des sœurs jumelles: Chine, Ukraine, Pays-Bas et Autriche. Ça doit être intimidant pour les autres.