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Le spectre du reconfinement refait surface face à la 3e vague

2021-03-15T12:58:22Z

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Confiner» tant qu'il en est encore temps: les médecins allemands jugent inéluctable la réintroduction de sévères restrictions, malgré l'usure de la population et la volonté du gouvernement de desserrer l'étau, pour empêcher la troisième vague de déferler.

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Le signal d'alarme a été tiré lundi matin par l'association des médecins urgentistes et de soins intensifs.

«D'après les données dont nous disposons et à cause de la diffusion du variant britannique, nous préconisons très fortement de revenir à un confinement dès maintenant pour simplement empêcher une forte troisième vague», a déclaré Christian Karagiannidis, directeur scientifique de l'association.

Sans nouvelles mesures dans les deux semaines à venir, «nous allons atteindre très rapidement un niveau élevé et il sera deux fois plus difficile à ce niveau élevé de faire redescendre les chiffres», a prévenu ce spécialiste des pathologies pulmonaires sur la radio publique.

Les autorités sanitaires allemandes mettent en garde depuis plusieurs jours contre une troisième vague infectieuse liée à la diffusion du variant britannique.

«L'extrapolation des tendances montre qu'il faut s'attendre à des nombres de cas supérieurs la première semaine d'avril à ceux de Noël», a ainsi prévenu samedi l'institut Robert Koch, chargé de la veille épidémiologique.

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Le taux d'incidence sur sept jours, qui ne cesse d'augmenter lui aussi depuis une semaine, pourrait alors atteindre 350 selon certaines projections, contre 82,9 lundi, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis le 3 février.

Le taux d'infection s'élève lui à 1,19, plus très loin du niveau d'1,2 à partir duquel, selon les médecins urgentistes, la situation devient «critique».

Dans trois Länder - Thuringe, Saxe et Saxe-Anhalt - le taux d'incidence dépassait même lundi la barre des 100.

Ce cap symbolique est particulièrement important, car il est censé déclencher automatiquement, si la barre des 100 est franchie durant sept jours, le retour de restrictions telles que les limitations drastiques de réunion privée ou des fermetures de salons de coiffure et de certains commerces jugés non essentiels.

Angela Merkel et les régions allemandes viennent tout juste, le 3 mars, d'autoriser certains assouplissements et de définir un dispositif complexe d'ouvertures et de fermetures «d'urgence» en fonction des taux d'incidence.

«Nous avons donc maintenant une forte croissance du nombre de cas, et nous devons agir en conséquence, c'est-à-dire mettre en oeuvre l'accord du 3 mars, non seulement dans ses mesures agréables, mais aussi dans ses passages difficiles», a averti lundi le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert.

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Redémarrer l'économie 

Des Länder plaident pourtant pour des assouplissements pour faire redémarrer l'économie.

Des restrictions importantes subsistent pourtant dans le pays, avec la fermeture depuis des mois des bars, restaurants, lieux culturels et sportifs ou encore des magasins jugés non essentiels.

Les écoles et garderies ont en revanche rouvert depuis fin février mais avec des classes en demi-groupes. Et les autorités ont relâché un peu la pression concernant les contacts entre personne ou les coiffeurs.

Angela Merkel et les dirigeants des 16 États régions doivent faire un point d'étape et négocier d'éventuelles nouvelles mesures le 22 mars.

Cette négociation devrait se dérouler dans un climat tendu pour le gouvernement, dont la stratégie vaccinale est critiquée de toutes parts pour sa lenteur.

Le parti conservateur d'Angela Merkel risque d'avoir les plus grandes difficultés à imposer de nouvelles restrictions, après un an de verrouillage. Il est éclaboussé par plusieurs scandales impliquant des députés soupçonnés de s'être enrichis grâce à la fourniture de masques et a subi de ce fait une cinglante défaite dimanche lors d'élections régionales.

Gagnés par l'usure, des Allemands multiplient ainsi les réservations sur l'île espagnole de Majorque, destination très prisée, au point d'être surnommé le 17e Land allemand, que les autorités sanitaires ne classent plus comme zone à risque.

La compagnie Eurowings a mis en place 300 vols supplémentaires pour cette destination, malgré les mises en garde du gouvernement à ne pas effectuer de déplacement «non essentiel».

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