Le soulagement et la bénédiction déguisée de Bianca Andreescu: elle raconte son «périple» de plusieurs mois, après les moments très durs à Montréal

Jessica Lapinski
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Le cri résonne sûrement encore dans les oreilles de ceux qui y étaient, quand ils repensent à cette soirée du 27 juillet, à l’Omnium Banque Nationale de Montréal. Assise au sol, en larmes, Bianca Andreescu avait hurlé un déchirant : « Est-ce une blague ? Ça m’arrive toujours ! »
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Une blessure, une autre, dans la carrière de l’Ontarienne désormais âgée de 25 ans (à voir en vidéo principale). À deux points de la victoire contre Barbora Krejcikova, deux fois championne en Grand Chelem, Andreescu a chuté et s’est tordu la cheville.
La Canadienne est parvenue à remporter le match de premier tour, grâce à deux fautes directes de la Tchèque. Mais des ligaments de sa cheville avaient été touchés. Ç’en était fait de son tournoi, comme elle l’a annoncé deux jours plus tard.
La suite ne s’annonçait guère plus rose. On vous la racontera. Huit mois ont passé depuis et Andreescu convient maintenant que cette blessure était « un mal pour un bien ».
C’est la traduction officielle, mais l’expression qu’elle utilise en anglais est encore plus jolie. « A blessing in disguise », une « bénédiction déguisée ».
« Comme toutes mes autres blessures, pointe sereinement la championne de l’US Open 2019, couronnée à seulement 19 ans, en entrevue au Journal. Ça m’a permis de rencontrer tellement de gens exceptionnels. »
« Montréal, c’était vraiment, mais vraiment dur. [...] Mais ça m’a appris à me laisser aller, à tenter de ne pas tout contrôler, analyse-t-elle aussi, depuis Charleston. Maintenant, je vois ces blessures, ces pas en arrière de façon plus positive. »

Le grand pas en arrière
Un pas en arrière, Andreescu en a fait un grand depuis. Sur la touche pendant deux mois, elle a ensuite accumulé les défaites. Déjà qu’elle n’était plus que 187e au monde à Montréal, elle a dégringolé jusqu’au 228e rang, en janvier.
Pour espérer remonter, l’ancienne quatrième mondiale n’avait plus le choix. Elle devait repasser par la case départ, par l’antichambre de la WTA, l’ITF.
Là où une championne gagne parfois quelque 6700 $, loin des 5,3 M$ que lui avait rapportés son couronnement à New York, il y a six ans.
Là où il y a rarement des thérapeutes du sport à la disposition des athlètes, qui jouent souvent dans l’anonymat total.
C’était une première depuis 2018. « Ce fut un périple, je ne m’y attendais pas, souligne-t-elle. Mais ça m’a permis de mettre en place des choses que j’expérimentais à l’entraînement. Et j’ai eu des victoires, qui m’ont certainement apporté de la confiance. »
Avec un mentor de Djokovic
Quand Andreescu parlait de ces rencontres que lui ont permis de passer par-dessus sa dernière blessure, la plus importante est sans doute celle de Dusan Vemic, l’entraîneur avec qui elle travaille désormais.
Vemic a été le mentor des légendaires frères Bob et Mike Bryan. Il a aussi agi comme assistant entraîneur auprès d’un certain Novak Djokovic, Serbe comme lui.
Au fil de son parcours de quelques semaines sur l’ITF, Andreescu a remporté le titre à Bradenton, en Floride, un tournoi W35 où elle a empoché, comme on le disait plus haut, environ 6700 $.

Puis, elle a été titrée au W75 de Vero Beach, également en Floride. Elle a aussi atteint la finale au WTA 125 d’Austin, au Texas, en mars. C’est une sorte de catégorie tampon entre les épreuves de l’ITF et celles de la WTA.
« Un soulagement »
Ce « périple » lui a permis de renouer avec le 140e rang, lundi.
Mais sa première victoire sur la WTA depuis Montréal, elle est survenue mardi, sur la terre battue verte de Charleston, en Caroline du Sud, contre la Hongroise Dalma Gaffi, 87e mondiale.
« Les derniers mois m’ont aidée à rester dans un mode compétitif. Mais cette victoire, c’est un soulagement, c’est sûr », se réjouit Andreescu.