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Le soccer, la passion de cœur du pape François

Les vedettes de soccer Gianluigi Buffon et Lionel Messi avaient rencontré le pape François en 2023.
Les vedettes de soccer Gianluigi Buffon et Lionel Messi avaient rencontré le pape François en 2023. Photo AFP

Agence France Presse

2025-04-21T15:57:01Z

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Cité du Vatican | «Le plus beau sport au monde»: durant ses 12 ans de pontificat, le pape François n’a jamais caché sa passion pour le soccer, dans lequel il voyait un vecteur de paix et d’éducation.

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De ses compatriotes argentins Messi et Maradona, en passant par Ibrahimovic et Buffon, Jorge Bergoglio, de son vrai nom, a reçu les plus grandes vedettes du ballon rond sous les ors du Vatican et a dédicacé des dizaines de maillots et de ballons provenant des quatre coins du monde.

Messi a d'ailleurs rendu hommage à son compatriote.

«Un pape différent, proche, argentin... Repose en paix, pape François», a écrit le champion du monde et octuple Ballon d'or sur son compte Instagram, dans un message accompagné d'une photo le montrant au côté du pontife.

La photo date d'une visite de la sélection argentine au Vatican en août 2013, peu après la nomination de Jorge Bergoglio à la tête du Saint-Siège.

«Merci d'avoir rendu le monde meilleur. Tu vas nous manquer», a ajouté Lionel Messi.

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Pas un grand joueur

S’il a eu le cuir aux pieds dès ses plus jeunes années dans les rues de Buenos Aires, il n’a jamais brillé sur le terrain.

«À Buenos Aires, on appelait un type de mon genre une “pata dura”, ce qui veut dire que j’avais deux pieds gauches. Mais je jouais», confessait-il ainsi dans son autobiographie, Espère, parue début 2025.

La passion du 266e pape pour le soccer est indissociable de son attachement au club historique de San Lorenzo, à Buenos Aires, et au stade Viejo Gasometro, détruit depuis, où il allait voir les matchs avec son père et ses frères.

«C’était un football romantique, familial», se souvenait-il.

San Lorenzo a aussi salué sur son site internet «l'un des nôtres» depuis l'enfance, resté «proche du club».

Après son élection, en 2013, François avait d’ailleurs conservé sa carte de «socio» (membre) aux couleurs rouge et bleu. Ses nombreux voyages à l’étranger l’ont mené à célébrer plusieurs messes géantes dans des stades de soccer.

En septembre 2023, les supporters de l’Olympique de Marseille lui ont même réservé une surprise format géant en déployant deux gigantesques «tifos» à son effigie dans le virage sud du stade Vélodrome.

La légende argentine Diego Maradona avait remis un chandail personnalisé au pape François en 2014.
La légende argentine Diego Maradona avait remis un chandail personnalisé au pape François en 2014. Photo AFP

«Dépasser l’intérêt individuel»

«Qu’on soit joueur amateur ou professionnel, qu’on aime le regarder à la télévision, cela ne fait pas de différence: ce sport fait partie de la vie des gens. Voilà son approche», confiait à l’AFP fin 2023 Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque de Digne et délégué du Vatican pour les Jeux olympiques de 2024 à Paris, qui a accompagné à plusieurs reprises des groupes de sportifs à Rome.

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«Je ne peux pas oublier non plus son enthousiasme pour le football, une passion nourrie depuis sa jeunesse, témoignant d’un esprit joyeux et de sa capacité à se connecter avec les gens par la chaleur et un sens de l’humanité partagé», a réagi lundi le président de l’Association de football européen (UEFA), Aleksander Ceferin.

Loin de considérer le sport comme une fin en soi, le jésuite argentin préférait voir le soccer comme un potentiel vecteur de paix et d’éducation malgré le poids de la corruption et de l’argent dans sa gestion.

En 2014, le stade olympique de Rome avait ainsi accueilli un «match interreligieux» pour la paix à son initiative.

«Beaucoup disent du football que c’est le plus beau sport au monde, je le pense aussi», déclarait-il en 2019.

Dès 2013, il avait rappelé à des joueurs leurs «responsabilités sociales» devant les délégations des équipes d’Italie et d’Argentine, en mettant en garde contre les dérives du football «business».

Un point commun avec la religion est d’ailleurs de «mettre le collectif au premier plan pour dépasser l’intérêt individuel. On est au service de plus grand que nous, ce qui nous transcende collectivement et personnellement», ajoutait Mgr Gobilliard, se souvenant de son regard «pétillant» à la simple évocation d’un joueur.

Diego Maradona et le pape François en 2016.
Diego Maradona et le pape François en 2016. Photo AFP

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Pelé au «grand cœur»

Ce goût qu’il n’a jamais caché avait même inspiré Hollywood: dans le film à succès Les deux papes, sorti sur Netflix en 2019, l’ancien pape Benoît XVI et le cardinal Bergoglio regardent la finale de la Coupe du monde entre leurs deux pays, l’Allemagne et l’Argentine.

Une scène purement fictive, car «Papa Francesco» avait lui-même confié avoir renoncé à regarder la télévision dès 1990 par choix personnel tandis que le théologien allemand préférait la musique classique et la lecture.

François n’a jamais évoqué la Coupe du monde de 1978 en Argentine en pleine dictature, une période durant laquelle il était provincial des jésuites.

«Maradona, en tant que joueur, était grand, mais en tant qu’homme, il a échoué», avait-il répondu à un journaliste italien fin 2023 en référence à la trajectoire mouvementée du «Pibe de oro» marquée par la dépendance à la drogue.

Dans une autobiographie parue en 2024, un chapitre entier est même consacré à la «main de Dieu» de Maradona lors du Mondial de 1986.

«Quand, voici quelques années, je l’ai reçu au Vatican, je lui ai fait cette plaisanterie: “Alors, quelle est la main incriminée?” Il qualifiait Messi de “gentleman”. Mais pour moi, de ces trois, le grand gentleman est Pelé. Un homme de grand cœur», avait-il confié à la Rai.

Si l’on devinait facilement son attachement aux couleurs de l’Albiceleste, le chef de l’Église catholique a toujours évité de prendre parti. En 2022, avant la finale du Mondial entre la France et l’Argentine au Qatar, il avait ainsi appelé le vainqueur à célébrer la victoire avec «humilité».

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