Le skieur William St-Germain rêve toujours des Olympiques... en famille
À quelques mois des Jeux, l’athlète de 32 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges ne déroge pas de son objectif principal.


Jean-François Racine
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Le long chemin du skieur William St-Germain vers les Jeux olympiques de Milan et Cortina d’Ampezzo commence dimanche à Sölden, sur le glacier autrichien du Rettenbach.
Un an plus tard, l’athlète de 32 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges ne déroge pas de son objectif principal. Si une malchance avait gâché le plan initial l’an dernier, St-Germain sera au départ du premier slalom géant de la 60e saison de la Coupe du monde, composée de 38 courses chez les hommes et 27 chez les dames.
Samedi, du côté féminin, l’Autrichienne Julia Scheib a remporté la première médaille d’or de sa carrière en Coupe du monde devant l’Américaine Paula Moltzan. La Québécoise Valérie Grenier s’est classée 11e.

Une qualification
Après un été d’entraînement, un séjour en Nouvelle-Zélande et plus d’une quarantaine de jours sur ses planches, William St-Germain se sent d’attaque pour améliorer son rang mondial et obtenir sa qualification olympique dans d’ici février prochain.
« Je suis très content de mon ski. J’ai bien fait dans une course en Nouvelle-Zélande et ça me permet d’être à Sölden en ce moment. Je pouvais améliorer mon classement et nous sommes plusieurs à faire ça. Ça m’a permis de montrer à l’équipe canadienne que j’avais assez de vitesse pour avoir une opportunité en Coupe du monde », explique-t-il.
Au Canada, les candidats ne sont pas si nombreux en slalom géant et Erik Read est le mieux placé. Pour St-Germain, un ingénieur mécanique, trois top 20 sur le grand circuit devraient faire la différence mais la commande est de taille.
L’équipe nationale n’a pas de programme technique masculin et les deux skieurs sont sur des équipes privées en Europe. St-Germain doit financer sa saison lui-même et ses dépenses pourraient atteindre 90 000 $. En préparant lui-même ses skis, il comprend la réalité de la championne du monde de cyclisme, Magdeleine Vallières-Mill, qui a payé son voyage aux Mondiaux.
Pas le seul
« C’est plate de voir ça, surtout quand tu es championne du monde comme elle. Je la comprends. En ski, il faut vraiment être parmi les meilleurs pour faire de l’argent. Mon rêve est toujours là et je dois performer. Ce n’est pas donné et je suis bien aligné vers ça. C’est une bonne marche à monter mais c’est réaliste », ajoute St-Germain, confiant de réussir.
Espoir québécois dans les rangs juniors, le frère aîné de Laurence St-Germain a effectué un retour en 2022 et il est convaincu d’avoir pris la bonne décision. Sa résilience pourrait lui permettre de vivre les Jeux en famille avec sa sœur. Les parents feront peut-être un voyage inespéré.
Un rêve
« Ça serait complètement fou. De faire des Jeux avec elle, ça serait vraiment spécial. Ma sœur m’a toujours inspiré. Tout est encore possible. Il y a de beaux retours actuellement : Lindsey Vonn, Marcel Hirscher et le Suisse Thomas Tumler, qui a gagné la première course de sa carrière en géant à l’âge 34 ans. J’y crois ! »
Si tout va bien, St-Germain sera ensuite à Copper Mountain, au Colorado, à la fin novembre. Même avec une éventuelle qualification olympique, sa carrière pourrait se poursuivre, surtout si la progression est au rendez-vous.
Parti avec le dossard 70, William St-Germain a pris le 60e rang de l'épreuve dimanche. Dans des conditions difficiles, le Suisse Marco Odermatt a remporté le slalom géant alors que la 2e manche a été retardée en raison de la météo.