Le skieur William St-Germain retourne à son métier d’ingénieur
L’athlète de 33 ans a réalisé une partie de son rêve avec quelques départs en Coupe du monde


Jean-François Racine
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En paix avec sa décision d’accrocher ses skis une seconde fois, William St-Germain retournera à son métier d’ingénieur dans quelques jours, après avoir réalisé une partie de son rêve.
Avec une température parfaite, la vieille neige d’avril fondait en trame de fond sur la célèbre piste La Crête du Mont-Sainte-Anne. Assis sur la terrasse du paternel à Saint-Ferréol-les-Neiges, le grand frère de Laurence tenait son casque entre ses mains, heureux de ses efforts de la dernière année.
« Initialement, je pensais faire quatre ans. J’ai essayé de ne pas y penser pendant la saison mais à la fin, la tête avait envie de faire autre chose. J’étais satisfait de ce que j’ai fait mais ce n’est pas une décision facile », explique-t-il.
Les 11 et 12 avril, le skieur a fait ses dernières courses à la maison sur deux épreuves de slalom géant de la Super Série Sports Experts FIS. Devant les siens, Saint-Germain en a profité pour remporter une ultime victoire le premier jour en compagnie de plusieurs entraîneurs et amis québécois qu’il a côtoyés au fil des ans.

Un combat
Dans un avenir rapproché, le Mont-Sainte-Anne n’aurait que des félicitations en nommant une piste en l’honneur de la famille St-Germain.
Après un retour à la compétition en 2022, William rêvait des Olympiques en famille, mais il a dû se résigner à un rôle de spectateur pour encourager sa sœur à Cortina d’Ampezzo. Après y avoir cru, il a compris, en janvier dernier, que l’espoir d’obtenir un dossard aux Jeux s’était envolé.
« Mon objectif était de faire la Coupe du monde. Après, l’idée de faire les Jeux était réaliste dans les circonstances. Je me battais avec Alpine Canada pour faire toutes les coupes du monde. Ce n’est pas normal que l’équipe nationale n’ait pas de programme technique masculin », ajoute le skieur, qui a pris soin de choisir les mots utilisés.

Dans une équipe privée en Europe, St-Germain a financé sa saison lui-même et ses dépenses frôlent les 90 000 $. En évoquant les noms d’Érik Guay, de François Bourque et de Thomas Grandi, il espère évidemment que le ski canadien subira un électrochoc alors que plusieurs jeunes d’ici ont pris le chemin des États-Unis pour s’améliorer et aller à l’école.
Une aide nécessaire
Après de nombreuses critiques sur le sous-financement du sport au pays, le gouvernement du Canada a d’ailleurs annoncé mardi l’octroi de 755 millions $ pour soutenir les athlètes d’élite du pays. Dans un pays d’hiver, le ski alpin doit en bénéficier, puisque le talent, le plaisir et la passion n’ont pas disparu de nos montagnes, dit-il.
« Je suis content de voir ça. Les besoins existent. Le ski canadien traverse actuellement une période difficile. L’équipe canadienne est l’une des plus petites que j’aie vues, sans oublier que les frais assumés par les athlètes n’ont jamais été aussi élevés. J’espère que cette aide contribuera au développement de la relève, mais aussi au soutien de l’élite, qui doit rivaliser avec des nations bénéficiant de budgets largement supérieurs », termine l’athlète.
Le corps épargné par les blessures, William St-Germain continuera de skier au Mont-Sainte-Anne, où il espère que les nouvelles remontées redynamiseront la station qui accueillera les Jeux du Canada dans moins d’un an.
