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Le retour du vrai Cole Caufield

Le numéro 22 du CH s’inspire de la passion contagieuse de son idole et entraîneur Martin St-Louis

Photo portrait de Jean-François Chaumont

Jean-François Chaumont

2022-03-18T20:38:20Z

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Cole Caufield porte un chandail des Badgers du Wisconsin, son alma mater. Il se place devant son casier dans le vestiaire du Canadien et il reçoit les moqueries de Joel Edmundson puisqu’il replace ses cheveux avant de se faire bombarder pour une séance de photos.

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« Tu n’as pas besoin d’être le plus beau, tu es une étoile », lance Edmundson.

Il n’y a pas si longtemps, l’étoile de Caufield ne scintillait pas trop fort. Mais avec l’entrée en scène de Martin St-Louis, elle a recommencé à devenir bien brillante.

Photo Chantal Poirier
Photo Chantal Poirier

Depuis le 9 février, jour du congédiement de Dominique Ducharme, Caufield trône au sommet des pointeurs du Canadien avec 21 points (11 buts, 10 passes) en 16 matchs. Au cours de cette même période, il domine toutes les recrues de la LNH pour les buts et les points.

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Installé à une table dans une pièce adjacente au vestiaire de l’équipe à Brossard après sa séance de photos, le numéro 22 offre une réponse des plus simples à la question suivante : est-ce le retour du véritable Cole Caufield ?

« Oui, lance-t-il en riant. Oui. »

Après le deuxième oui, il approfondit sa pensée.

« Nous avons recommencé à gagner des matchs. Il y a des sourires à l’aréna, nous avons retrouvé le plaisir de jouer et de nous entraîner. Pour moi, je veux juste poursuivre ma croissance. Depuis quelques semaines, je joue comme je m’y attendais cette saison. Je veux simplement continuer sur ce chemin. Je crois qu’il y a encore plus de bonnes choses à venir. »

Plus de liberté

Caufield insiste sur la notion du plaisir. Sur la glace, on revoit son sourire de chérubin. Mais au-delà d’un sentiment de joie renouvelé avec le changement d’entraîneur, il y a aussi les influences de St-Louis et de son joueur de centre, Nick Suzuki.

Photo Chantal Poirier
Photo Chantal Poirier

« L’équipe en général joue avec plus de liberté. De mon côté, j’ai de plus grandes occasions. Je joue avec Nick aussi, ça m’aide beaucoup. J’ai plus de chances, j’obtiens aussi plus de présences et j’ai un plus grand temps de jeu. J’ai recommencé à récolter des points, c’est bon pour ma confiance. Je ressens toute la confiance de Marty envers moi. Je fais mon travail et il me récompense avec plus de responsabilités. »

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Le bon enseignant

St-Louis n’a pas transformé son petit ailier d’un coup de baguette magique. Dès sa première conférence de presse dans son rôle d’entraîneur en chef, il avait dit qu’il avait hâte de travailler avec lui.

« Marty ne m’a pas transformé en une seule conversation dans son bureau, a-t-il répliqué. Mais quand il parle à l’équipe, il donne confiance à tout le monde. Tu peux voir sa passion, elle transporte toute l’équipe. C’est contagieux. J’ai fait des séances de vidéos juste avec lui et il m’a indiqué des jeux précis que je devais corriger. Il n’agit pas juste comme un professeur. Il ne fait pas juste donner sa matière, c’est plus un dialogue avec lui. J’aime voir comment il pense, comment il lit le jeu, je trouve toujours ça fascinant. »

Photo Chantal Poirier
Photo Chantal Poirier

Là-bas...

Dans une conversation de près de 30 minutes en entrevue au Journal, Caufield n’a jamais mentionné deux mots : Rocket et Laval. À l’image du Tricolore, le gagnant du trophée Hobey-Baker a connu un début de saison pénible. Après 10 matchs cette année, il a pris la direction de la Ligue américaine. À sa fiche, on pouvait lire : zéro but, une passe.

« Je ne pensais pas retourner là-bas [Rocket de Laval], a-t-il dit. C’était un choc. Je trouvais ça difficile à comprendre. Mais j’ai pris un pas de recul et j’ai réalisé que ce n’était pas la fin du monde. J’ai tranquillement regagné ma confiance. »

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« Avant mon renvoi, je ne jouais pas comme je le voulais. Il y a eu un effet domino. Quand tu ne marques pas, ton temps de jeu finit par fondre. À ce moment-là, tu peux perdre confiance. Dans la LNH, la constance est une clé. Je n’en avais pas en début de saison. Maintenant, je trouve que c’est différent. »

À ses 30 premiers matchs cette saison, Caufield n’avait rien d’un jeune prodige avec seulement un but, sept passes et un dossier de -15.

Photo Chantal Poirier
Photo Chantal Poirier

« Je sais qu’il y avait des attentes. J’avais aussi de grandes attentes pour moi-même. Dans un marché comme Montréal, tu te retrouves rapidement sous la loupe. On s’attendait à ce que je transporte l’équipe. Je ne l’ai pas fait. J’ai trouvé ça difficile pour les premiers mois de la saison, mais je crois que ça fera de moi une personne plus forte mentalement. »

Une prédiction reportée

Avant le début de la saison 2021-2022, Caufield figurait parmi les plus sérieux candidats pour l’obtention du trophée Calder. Trevor Zegras, un de ses bons amis, avait même fait la prédiction audacieuse qu’il marquerait 40 buts.

« Je n’étais pas fâché contre Z [Zegras]. Je peux maintenant en rire. Je n’atteindrai pas le plateau des 40 buts cette année. Mais quand il a écrit ça, j’y croyais un peu. J’ai besoin d’y croire. La LNH est toutefois la meilleure ligue au monde. Il n’y a pas beaucoup de marqueurs de 40 buts. »

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« Il pourrait l’écrire à nouveau avant le début de la prochaine saison. Je tenterai d’y arriver. » 

Sa vie à Montréal  

Cole Caufield n’a pas encore eu trop de temps pour se perdre dans les rues de Montréal. On sort tranquillement d’une pandémie. Mais il nous offre déjà ses coups de cœur. 

Photo Ben Pelosse
Photo Ben Pelosse

Dans quel quartier habites-tu ?

Westmount

Où aimes-tu te promener à Montréal ?

Sur le mont Royal. J’aime aussi le belvédère pour y voir toute la ville. Le centre-ville et le Vieux-Montréal sont aussi deux endroits magnifiques.

Tes restaurants préférés ?

Makro Pêcheries, Grinder et le restaurant de l’hôtel Four Seasons. Mais je dirais que j’ai besoin de conseils pour trouver d’autres bonnes places.

Ton café de prédilection ?

September café

Es-tu tombé sous le charme de la poutine ?

Les gens n’aimeront pas ça, mais j’en ai mangé une seule fois et c’était à l’aéroport de Montréal. À la fin de la saison, je trouverai un meilleur endroit.

As-tu eu le temps de visiter d’autres villes que Montréal ?

Non pas encore. Mais je voudrais découvrir les villes de Québec et de Mont-Tremblant. 


Le 26 pour St-Louis et Stastny

Cole Caufield l’avait déjà dit. Plus jeune, il a porté le numéro 26 en l’honneur de l’un de ses joueurs préférés, Martin St-Louis. Il y avait aussi une influence de son père, Paul, dans ce choix de numéro.

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« C’était le 26 pour Marty. Je l’aimais énormément comme joueur. Je pouvais me voir en lui puisqu’il était petit. Mais il y avait aussi du Stastny dans ce choix de numéro. Comme Peter avec les Nordiques, Paul portait le 26 avec l’Avalanche. J’ai eu ce chiffre jusqu’à l’âge de 15 ou 16 ans. Mon père était un grand partisan des Nordiques de Québec et il adorait Peter. J’ai suivi les traces de mon paternel en encourageant l’Avalanche dans ma jeunesse. Je regardais Joe Sakic et je rêvais d’avoir son tir des poignets même s’il était un gaucher. »

Un cadeau pour le fils de Joe Pavelski

Caufield a profité de la visite des Stars de Dallas jeudi soir au Centre Bell pour souper la veille du match avec Joe Pavelski, un autre joueur originaire du Wisconsin. Il a fait le bonheur de Nathan Pavelski, un garçon de 11 ans, en lui donnant un chandail numéro 22 du CH et l’un de ses bâtons. Il a signé son autographe sur les deux objets.

« J’ai le sentiment que c’est une roue qui tourne. Quand j’étais plus jeune, j’ai étudié à la même école secondaire que Joe. Il représentait un modèle pour moi. Il est la raison pour laquelle je portais le numéro 8 au secondaire et avec les Badgers du Wisconsin. Je n’ai jamais entendu une mauvaise chose au sujet de Joe. Il n’est pas juste un bon joueur de hockey, mais aussi une bonne personne. Je trouve ça encore plus spécial de savoir que je représente un modèle à mon tour pour son fils.

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J’ai fait un Facetime avec Nathan durant le souper et je lui ai encore parlé après la rencontre de jeudi soir. Il était vraiment heureux. »

L’impact de Granato

Caufield a identifié Tony Granato, son ancien entraîneur avec les Badgers, comme la personne avec qui il a eu une conversation déterminante cette saison. 

« Quand je suis retourné au Wisconsin, j’ai parlé longuement avec Tony. Je sortais de mon isolement après mon test positif à la COVID. Je ne pouvais pas retourner immédiatement au Canada et j’ai profité de ce temps pour renouer avec les Badgers.

J’ai encore une très bonne relation avec Tony. Il m’a rappelé que j’étais pour connaître une longue carrière dans la LNH et qu’il y aurait des moments plus sombres. Je devais juste continuer à croire en moi. Il m’a dit que je n’avais pas perdu mon talent et que je ne pouvais pas me morfondre avec le passé. »

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