Le retour de Darryl Sutter
Le vétéran entraîneur a pris la relève de Geoff Ward derrière le banc des Flames


Jean-François Chaumont
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Darryl Sutter dirigeait son premier match comme entraîneur en chef dans la LNH avec les Blackhawks de Chicago le 7 octobre 1992. C’était contre le Lightning à Tampa.
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Dirk Graham, un homme avec une moustache bien velue, portait le « C » de capitaine avec les Hawks. Jeremy Roenick était la jeune vedette offensive de l’équipe, Chris Chelios était le pilier à la ligne bleue et Ed Belfour occupait le poste de gardien numéro un. Même Michel Goulet jouait pour les Blackhawks. Bref, c’était une autre époque.
Près de 30 ans après son baptême comme entraîneur en chef, Sutter vivra un autre retour dans la LNH. Brad Treliving, le directeur général, lui a confié le mandat de redresser les Flames après le congédiement de Geoff Ward survenu après la victoire de 7 à 3 contre les Sénateurs d’Ottawa le 4 mars dernier.

Deuxième séjour
Pour Sutter, il s’agit d’un deuxième séjour avec les Flames. L’Albertain avait mené les Flames à la finale de la Coupe Stanley en 2003-2004. À son premier passage, il avait occupé les deux chapeaux, celui d’entraîneur et de DG. Mais après un peu plus de trois ans (2002-2003 à 2005-2006) derrière le banc de l’équipe, il s’était concentré à sa fonction de DG de 2006-2007 à 2010-2011.
Après Calgary, Sutter a dirigé les Kings de Los Angeles pendant six saisons, gagnant la coupe Stanley en 2012 et 2014. Congédié par les Kings le 10 avril 2017, il ne s’était pas retrouvé derrière un banc d’une équipe de la LNH depuis ce temps.
Mais le revoilà avec les Flames. Malgré une assez longue période d’inactivité, l’homme de 62 ans a toujours confiance en ses moyens.
« Oui, je peux être le même coach, même que je deviens meilleur avec les expériences, a répondu Sutter à quelques heures de son retour avec les Flames. Pour moi, le plus gros changement consistera à respecter les différentes règles. »
Par différentes règles, Sutter faisait probablement allusion à l’imposition d’une journée de repos par semaine. Quand on lui demande de décrire les principaux changements comparativement à ses premiers pas dans le métier, il a offert une réponse assez simple.
« Il y a plus de coachs qu’avant, a-t-il répliqué. Avant tu étais le coach et c’était tout. Maintenant, tu as un gros personnel. Il y a beaucoup plus de détails dans le jeu avec les films et les vidéos. Pour moi, ce sont les deux plus gros changements. Mais il y a aussi la grosseur de la LNH. Il y a maintenant plus d’équipes, plus de joueurs. Il y a près de 700 joueurs. Je dois me familiariser avec certains joueurs. Mais avec la division canadienne, je peux me concentrer sur seulement sept équipes. »
En 1992-1993, il y avait seulement 24 équipes dans la LNH. Les Sénateurs d’Ottawa et le Lightning étaient des équipes d’expansion lors de cette saison et les Nordiques de Québec, les Whalers d’Hartford et les North Stars du Minnesota n’étaient pas encore déménagés.
Un retour avec Giordano
De l’équipe actuelle des Flames, le capitaine Mark Giordano a déjà connu Sutter. Très brièvement à sa saison recrue dans la LNH en 2005-2006, jouant sept rencontres sous la gouverne de Sutter. Aujourd’hui, Giordano et Sutter se retrouvent, mais dans un contexte bien différent.
« Je vois beaucoup du même gars, a dit Giordano. Les principes sont les mêmes. Ce qu’il attend des joueurs, c’est de l’intensité et une attention pour les petits détails. Pour les jours d’un match, ça ressemble à la même préparation. J’ai joué quelques matchs avec lui comme coach, il y a plusieurs similarités. Mais au cours des années, il a sans doute changé et on verra avec le temps. »
« Gio est le capitaine pour les Flames depuis plusieurs saisons et il l’est pour les bonnes raisons, a renchéri Sutter. Je compterai sur lui. Je le connais depuis qu’il a 20 ans. Je miserai sur lui autant sur la glace qu’à l’extérieur.
Sutter n’a jamais eu la réputation d’un doux comme entraîneur et il n’a pas le sourire facile derrière un banc. Il devra toutefois s’adapter à une nouvelle réalité, celle d’une génération de joueurs plus jeune qui n’acceptera pas de se faire brasser comme à l’époque.