Le retour de ce bracelet iconique nous plonge dans les années 2000
Élise Fiola
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Il y a des souvenirs que l’on range précieusement quelque part dans un coin de notre mémoire, sans même s’en rendre compte. On oublie presque qu’ils existent, jusqu’au jour où ils ressurgissent, souvent à travers un détail banal. Une odeur, une chanson, un objet aperçu au détour d’une conversation et soudain, tout revient.
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C’est exactement ce qui m’est arrivé la semaine dernière, au bureau. Mon amie déballait un cadeau de la bijouterie Ken & Jame. Une jolie boîte, un papier soigné, l’excitation habituelle d’un présent qu’on ouvre devant témoins. J’étais excitée de découvrir son colis, mais je ne pensais pas que son contenu allait autant m’emballer... Il s’agissait d’un Zoppini ! Un mot que je n’avais pas prononcé, auquel je n’avais pas même pensé, depuis des années. Et pourtant, en une fraction de seconde, il m’a replongée en pleine enfance, au cœur des années 2000.

À cette époque, les poignets se paraient de bijoux tous plus tendance les uns que les autres. On les empilait, on les échangeait, on les collectionnait. Je me souviens des bracelets Shamballa, avec leurs perles rondes et brillantes reliées par des nœuds de macramé ; les bracelets en caoutchouc aux slogans inspirants — « Live Strong », « Be Happy », « Believe » ; les bracelets « slap », ces bandes rigides qu’on frappait contre son poignet pour les voir s’enrouler d’un coup sec dans un claquement satisfaisant ; et les bracelets en résine colorée, translucides ou pailletés, qui tintaient doucement lorsqu’ils s’entrechoquaient, pour ne nommer que ceux-là.

Mais le Zoppini a quelque chose de différent. Formé de petits maillons modulables qui s’imbriquent les uns dans les autres, il permet d’y insérer des symboles choisis avec soin : un cœur, une lettre, un trèfle, un signe du zodiaque, un chat. Chaque maille raconte un trait de personnalité, une amitié, une passion, un souvenir. On y affiche une version condensée de ce qu’on aime, de ce qui nous représente, accrochée au poignet. Un peu comme lorsque nous avons succombé aux Jibbitz pour personnaliser nos Crocs — ces petites breloques « en forme de » qui agrémentaient cette banale chaussure.
En y repensant, l’idée de personnaliser ses accessoires ne vient pas d’hier, mais elle était probablement à son apogée dans les années 2000-2010. On cousait des écussons sur nos sacs d’école, on accrochait des macarons à nos trousses, on décorait nos flips phones de breloques pendantes. Chaque objet devenait un terrain d’expression. C’était bruyant, assumé, souvent un peu kitsch, mais profondément attachant.

En voyant ce bracelet italien réapparaître sous mes yeux, j’ai ressenti une vague de nostalgie. Comme si une petite partie de mon enfance venait de me faire signe. Et à en juger par le retour en force des breloques et des bijoux à charms dans nos garde-robes d’aujourd’hui, je ne suis sans doute pas la seule à reconnaître ces tendances qui, au final, ne disparaissent jamais vraiment, mais qui nous confirment que le temps passe parfois plus vite que ce que l’on aime s’avouer.
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