Le repos, un bien maigre prix de consolation

Jean-Charles Lajoie
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Il y a un truc qui est galvaudé un peu partout en lien avec les sélections en vue des Jeux olympiques et ça me chatouille pas mal...
Une majorité de partisans et observateurs du Canadien croient que l’absence de Lane Hutson et Cole Caufield avec la sélection américaine est une excellente nouvelle.
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On véhicule que ces deux joueurs pourront se reposer adéquatement et êtres plus frais et dispos en vue du dernier droit de la saison régulière et des séries éliminatoires.
Ce n’est pas farfelu. Pas complètement, du moins. Sauf que c’est quand même petit, comme raisonnement.
À partager le vestiaire et être sur la ligne de feu avec les meilleurs de sa propre nation, instantanément, n’importe quel jeune devient un meilleur joueur de hockey et j’ose avancer, aussi, un meilleur homme.
Samuel Montembeault n’a pas touché la glace durant un match de la Confrontation des 4 nation, l’an dernier. Pourtant, il admet d’emblée être sorti grandi de son expérience.
Pourquoi? Parce qu’il a vu de près des superstars comme Sidney Crosby, Nathan MacKinnon et Cale Makar, pour ne nommer que ceux-là.
Quand tu es dans le même vestiaire que les meilleurs de ta discipline, c’est difficile de ne pas toujours tourner le regard vers eux. Tu veux voir comment ils se comportent, quelle est leur routine, ce qu’ils disent ou pas dans leur préparation de match, quel sérieux ils affichent avant un entraînement.
Tout devient école lorsque tu passes du temps de qualité avec les mohicans de ton sport.
L’histoire le dira bien, mais je suis convaincu qu’Hutson et Caufield auraient bénéficié du périple olympique et que cette valeur ajoutée aurait très bien servi le Canadien dans le dernier droit et lors des prochaines saisons.
Au même titre que Juraj Slafkovsky va revenir grandi du tournoi de hockey de Milan.
Sauf que tout n’est pas tout noir, ou tout blanc. Il y a des nuances à apporter.
Alexandre Texier va vivre deux semaines extraordinaires à s’amuser dans le village olympique, à aller voir des compétitions et à sauter sur la glace à son tour.
Mais la pression de résultats totalement absente pour la nation française en hockey sur glace masculin ramène Texier au statut de touriste accrédité davantage qu’au guerrier engagé. Et puis le cousin va en montrer à ses camarades beaucoup plus qu’il ne va en apprendre de leur part pendant les Jeux.
Le cas Oliver Kapanen est lui aussi différent. Kapanen est en panne depuis six matchs avec seulement un but marqué. Difficile de ne pas croire en une fatigue qui se fait sentir dans son cas. Le Finlandais a disputé 64 matchs au mieux dans une saison complète et c’était sur sept mois et demi en Europe.
Il subit ici le rythme effréné de la Ligue nationale pour une toute première fois. C’est un très jeune joueur et dans son cas, je pense que la pause olympique aurait été salutaire.
Je pense que l’expérience que s’en va acquérir Kapanen à Milan va rapporter au CH pour les saisons à venir, mais pourrait nuire au projet 25-26 du Tricolore.
Ce que je refuse de croire dans les cas de Caufield et Hutson, des joueurs plus expérimentés que Kapanen et qui auraient bénéficié autant que le CH de vivre la fièvre des Jeux et cette guerre fratricide entre les États-Unis et le Canada.