La renaissance de Notre-Dame de Paris


Mathieu Bock-Côté
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François Legault a décidé de se rendre en France pour la réouverture de Notre-Dame de Paris. Il a absolument raison de le faire. Il rappelle ainsi le lien vital entre la France et le Québec.
D’autant que l’événement est historique à sa manière. La cathédrale la plus célèbre de France et, pourrait-on dire, la plus célèbre du monde est passée bien près d’être rayée de la carte du monde il y a cinq ans.
Nous fûmes des millions, à ce moment, à craindre qu’elle ne soit réduite en cendres.
Histoire
Les esprits étaient sidérés: comment cette cathédrale ayant traversé les siècles, et condensant en elle 1000 ans d’histoire de France, et 2000 ans d’histoire chrétienne, pouvait-elle ainsi brûler sous nos yeux? N’était-elle pas par définition appelée à nous survivre, d’autant plus qu’elle nous avait précédés?
Nous fûmes aussi des millions à pousser un soupir de soulagement lorsque nous avons constaté qu’elle avait résisté aux flammes.
Mais était-il possible de la reconstruire? Ce fut le pari d’Emmanuel Macron. Il est aujourd’hui en bien mauvaise posture politiquement, mais on lui sera assurément reconnaissant d’avoir su mener à terme cet immense chantier.
Comment y est-il parvenu?
D’abord, en fixant un objectif clair. La reconstruction ne devait pas s’éterniser.
Ensuite, en se délivrant des carcans administratifs qui paralysent normalement l’action publique.
Tradition
Enfin, en faisant appel aux artisans gardiens de la tradition et en réanimant l’identité historique de la France – d’autant qu’il fallait, avec raison, reconstruire Notre-Dame à l’identique.
Car le temps des cathédrales a su produire de la beauté, alors que notre époque ne fabrique que de la laideur.
Entre les valeurs riches de la civilisation occidentale et les valeurs froides de la modernité agonisante, il semble y avoir un gouffre.
Mais l’essentiel est là: Notre-Dame est de retour et nous rappelle que ce qui semble perdu peut renaître, pour peu qu’on le veuille vraiment.